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La Cour des comptes européenne critique les autoroutes

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La Cour des comptes européenne critique les autoroutes

La Cour des comptes européenne a décortiqué 24 projets autoroutiers à travers le continent qui ont été cofinancés par Bruxelles. Bilan, les prévisions de trafic sont trop souvent surévaluées. Même en France.

Après la Cour des comptes française, cela a été au tour de son homologue européen de s'occuper des affaires des bâtisseurs et autres gestionnaires d'autoroutes : 24 projets ont été passés au crible en Allemagne, Grèce, Pologne et en Espagne. Les conclusions de la Cour sont sans appel :

"Tous les projets routiers contrôlés ont entraîné une réduction des temps de parcours et un renforcement de la sécurité routière, mais les auditeurs de la Cour ont constaté que le rapport coût-efficacité des projets n'avait pas fait l'objet d'une attention suffisante. Les prévisions de trafic relatives à la plupart des projets contrôlés se sont avérées inexactes (...)  Sur 19 projets, 14 ont enregistré un trafic inférieur aux attentes" fait-elle savoir.

Hormis la surévaluation de fréquentation, les factures (réglées en partie par les collectivités) ont aussi tendance à déraper systématiquement, toujours selon la Cour des comptes européenne : "Par rapport au plan initial, l'augmentation des coûts a été de 23% en moyenne"

En outre, l'argument du développement économique systématiquement mis en avant pour la construction d'une nouvelle autoroute n'a pas non plus sauté aux yeux de la Cour : "Les objectifs de développement économique n'étaient pas mesurables et aucune information n'est disponible concernant l'incidence des projets sur l'économie locale ou nationale" raconte encore l'institution basée au Luxembourg.

La France dans le ton

Il est fort dommage que la Cour se soit abstenue de vérifier un projet français. Dans un pays où la réalisation de l'ouvrage et sa gestion au quotidien est quasi-systématiquement le fait de la même entreprise (Eiffage, Vinci...) les moeurs ne différent pas de celles des autres pays d'Europe.
Ainsi l'A19 par exemple. Connue pour être l'un des rubans les plus chers de France, l'A19 gérée par Cofiroute (donc Vinci) a été inaugurée en 2009. L'objectif de fréquentation était limpide : 9000 véhicules par jour en année pleine. Selon Cofiroute, 7250 véhicules ont emprunté cet itinéraire chaque jour en 2012. Soit une surévaluation de l'objectif égale à 20%... Pire, selon des données recueillies auprès du conseil général du Loiret, le trafic des poids-lourds serait orienté à la baisse !

Autre région, l'Aquitaine. L'A65 y a été ouverte en 2010. Gérée en partenariat entre Eiffage et Sanef (Abertis), cette chaussée était censée accueillir 7660 véhicules par jour dès 2011. Mais en 2012, avec 5700 engins qui circulent quotidiennement sur l'A65, le compte n'y est pas : le trafic a été surévalué de 25% !

La Cour des comptes Européenne a donc formulé quelques recommandations : "Le cofinancement de projets routiers par l'UE devrait être subordonné à l'existence d'objectifs clairs" indique t-elle, car en effet, "l'option des autoroutes, plus chères à la construction que les routes express a été privilégiée, et ce même pour des sections où des routes express auraient permis de résoudre les problèmes de trafic."

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Commentaires
un pseudo libre

Non seulement on paye le prix de l'autoroute et son entretien lorsque l'autoroute est fini mais lorsque l'autoroute est finie de payee, on continue a payer le prix initial incluant sa construction sans compter les augmentations regulieres. Le prix des autoroutes daja financees devrait donc baisse pour ne conserver que la partie entretien....ce qui est loin d'etre le cas. Les societes d'autoroutes disent que c'est aussi pour financer de nouvelles autoroutes ...ce qui n'est pas juste puisque initialement on paye bien pour chaque autoroute le prix de sa construction. Les grands patrons ont trouve ici une parade financiere ideale et qui va leur ramener des fonds infinis. Plus il y'aura d'autoroutes et mieux cela leur rapporte. D'ailleurs si cela ne rapportait pas, ils ne chercheraient pas a en construire autant! Donc autoroutes gratuites non mais autoroutes moins cheres c'est largement possible...

un pseudo libre

Les tarifs augmentent, la vitesse risque de passer à 120 km/h , a ce rythme la fréquentation va chuter.

un pseudo libre

Et si les péages étaients moins chers, peut-être que ces autoroutes seraient plus fréquentées !

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