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La lumière de la ville

Avec son énorme capacité de charge, le Scarabeo GT pourrait bien révolutionner la pratique du deux-roues urbain. Mais s'agit-il encore d'un scooter ?

A lui seul, le Scarabeo Light (L'argus du 15 avril 1999) a fini par briser en France la malédiction qui collait aux basques des scooters à grandes roues. Il en a ouvert le marché, grâce à ses proportions généreuses et à une esthétique amusante et valorisante. Pour fêter ça, il vient même de se voter une augmentation de tarif de 1 000 F (152,45 e).

Pourtant, en dépit de son charme et de son confort, la version Light n'offre pas tous les aspects pratiques d'un scooter, ne serait-ce que par le manque d'espaces de rangement. Ce rôle « utilitaire » sera désormais dévolu à sa version GT, avec grand pare-brise, son volumineux top case aisément démontable et ses valises latérales fixes, qui coûte 2 000 F (304,90 e), de plus.

L'engin devient, on s'en doute, plus volumineux que jamais. Les valises, entre autres, interdisent dorénavant de se faufiler entre les voitures comme avec un... scooter. La manoeuvre est d'autant plus dissuasive que lesdites valises ne sont pas faciles à déposer, et en aucune manière protégées des chocs et frottements.

La présentation du Scarabeo n'en reste pas moins flatteuse, formes rigolotes et chromes luisants. Mais l'équipement ne manque pas de lacunes. Comme sur le Light, il faut se passer de compteur journalier, ainsi que d'une béquille latérale et de protège-main, l'une et les autres disponibles en accessoires.

De plus, l'accessibilité mécanique ne s'arrange pas. Non seulement il n'est toujours pas question de vérifier le niveau d'huile ni, a fortiori, de le compléter, sans démonter la moitié de la carrosserie, mais, à cause des valises, on n'accède plus très facilement au réglage de suspension arrière, et l'ingénieux support d'antivol prévu sur le porte-bagages ne peut plus être utilisé.

Bref, un véhicule encore un peu trop italien, qui a pensé à faire joli avant de faire pratique, comme en témoignent encore les trois clés nécessaires à l'ouverture de toutes les serrures : sans rêver d'un verrouillage centralisé, on pouvait au moins espérer un « passe » commun au contact, aux valises et au top case.

La séduction, pourtant, opère très vite, à condition de ne pas se laisser impressionner par le gabarit de l'engin. Cela commence avec la selle. Ce n'est pas un strapontin, mais une vraie selle d'équitation. Mine de rien, ce n'est pas si courant, même chez les scooters ; et c'est très efficace, en liaison avec les grandes roues et les gros pneus, pour masquer la médiocrité des suspensions, qui sont souples mais peu amorties. Quant aux rétroviseurs, une fois n'est pas coutume, ils sont aussi élégants et rationnels que faciles à régler.

Enfin, dernier bon point, la générosité évidente du moteur ne semble guère souffrir de la prise de poids et d'un aérodynamisme fort dégradé. En réalité, si ce moteur sauve bien les apparences, c'est grâce à deux artifices : un bruit d'admission élevé qui lui donne du caractère, franchement trop, même dans une optique purement utilitaire, et un compteur qui exagère toujours d'au moins 20 %, en affichant 125 km/h ou 130 km/h en palier.

Ces deux « tricheries » mises à part, la mécanique se montre quand même fort vaillante dans l'absolu quand on pense à l'embonpoint du véhicule : à peine 14 kg de moins que la nouvelle Suzuki GSX-R 750 ! Peut-on exploiter pleinement cette mécanique ? Pratiquement oui, ce qui, vu la surface du pare-brise d'origine, est un joli compliment.

Si la tenue de cap souffre parfois de la flexibilité générale de l'engin, c'est que, simplement, on est tenté de charger la bête et que, malgré tout, elle n'est pas faite pour ça. En revanche, ce n'est jamais le vaste pare-brise qui entachera la stabilité de l'ensemble. Bien à son abri, le pilote n'est en aucune manière ballotté par les remous. Il trouvera d'autant plus incongru que ses mains soient aussi exposées !

Le Scarabeo GT a bien du mérite. Sur un marché un peu fou où l'on offre des 125 cm3 en porte-clefs pour l'achat d'une voiture, il veut habituer le client à payer 25 000 F pour un simple scooter. Et il en a les moyens, tant il apporte un vrai sang neuf à la catégorie. Pour ne pas décevoir à l'usage, il lui faudra quand même soigner sa finition un rien superficielle.

Tel quel, il ne gardera pas facilement l'aspect du neuf, ce qui risque d'agacer les transfuges de l'automobile, tentés par un BMW C1, une Honda Deauville, voire une BMW RT ou une Gold-Wing. Cela dit, sa consommation saura les retenir : 4,5 l aux 100 km en moyenne.

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