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La mauvaise galère d'Heuliez

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La mauvaise galère d'Heuliez

Empêtré dans sa décrépitude, lâché par un repreneur inexistant, le dernier carrossier français Heuliez pourrait avoir trouvé un investisseur. C'est du moins ce qu'affirme le ministre de l'industrie dans un communiqué. Le point sur cette affaire.

Le nouvel investisseur trouvé par le ministre Christian Estrosi saura t-il enfin arrêter la galère d'Heuliez ? " Christian Estrosi, ministre chargé de l'industrie, est en mesure d'annoncer ce matin que les discussions engagées ces dernières semaines pour l'avenir d'Heuliez ont permis à un investisseur de faire connaître sa volonté d'apporter un investissement de 20 millions d'euros" annonce fièrement une missive ministérielle. Un peu plus loin, on y apprend aussi que s'ouvre "une période d'échanges approfondis d'une dizaine de jours entre Heuliez et cet entrepreneur turc, propriétaire d'un fonds d'investissement européen".Effectivement, quelques heures plus tard, on apprenait que le repreneur en question s'appelle BrightWell Holdings BV, un fonds spécialiste de l'investissement dans les nouvelles technologies. Car le ministre ex-champion de moto n'épargne désormais plus Bernard Krief Consulting, actuel propriétaire d'Heuliez, qui n'a jamais apporté les fonds promis...
 
Quand la politique s'en mêle
Balloté entre le tribunal de commerce et les repreneurs frileux, Heuliez a vécu ces derniers mois une période trouble, particulièrement exacerbée en raison des élections régionales. Car les deux candidats à l'élection régionale en Poitou-Charente, siège d'Heuliez, en ont fait un enjeu. La socialiste Ségolène Royal tout d'abord, actuelle présidente de la région, qui a d'ores et déja injecté cinq millions d'euros dans Heuliez. Son challenger UMP Dominique Bussereau ensuite, secrétaire d'Etat aux transports et visiblement bon connaisseur de Bernard Krief Consulting (BKC) et de son patron : "Avec Jean-Pierre Raffarin, à Sciences-Po, je l'ai eu comme élève. Ce qu'il fait, c'est du Tapie à petit pied" a confié le candidat Bussereau à nos collègues de La Nouvelle République en parlant de Louis Petiet.
Ce qu'omet de préciser le secrétaire d'Etat, c'est que Jean-Pierre Raffarin est l'un de ses meilleurs amis, et qu'il a été lui-même directeur général de BKC à une époque où BKC travaillait déja avec un certain Louis Petiet. Poitevin d'origine, Jean-Pierre Raffarin a toujours refusé de préciser à L'argus le rôle qu'il a joué entre Heuliez et son ex-entreprise BKC. Surtout à l'heure où tout le monde tire à boulets rouges sur Louis Petiet (qui ne veut plus parler aux journalistes non plus...)
 
Le ministre de l'industrie a enfin fait savoir qu'il tient à ce que "tout autre projet d'investissement sérieux puisse être examiné jusqu'à la conclusion d'un nouveau pacte d'actionnaires".
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