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La Renault 4 a 50 ans

Lancée en 1961 pour remplacer la 4CV et concurrencer la 2CV, celle qu'on appelle la 4L (du nom de sa version Luxe à six glaces) est devenue un monument national. Sa simplicité, ses aspects pratiques et son sens de l'économie font oublier un style sans recherche et des performances modestes.

Par Michel Meilleray
Publié le Mis à jour le
En 1985, la Renault 4 Clan hérite de freins avant à disques et d'une présentation flatteuse. D'abord série spéciale, l'appellation Clan passe en série. Les protections latérales appréciées en ville. Voir les photos

En 1985, la Renault 4 Clan hérite de freins avant à disques et d'une présentation flatteuse. D'abord série spéciale, l'appellation Clan passe en série. Les protections latérales appréciées en ville.

D.R



Pour contrer la 2 CV Citroën qui fait de l’ombre à sa 4 CV, Renault met en chantier dès 1956 un projet de berline populaire, économique et polyvalente qui aboutit en octobre 1961 au lancement de la Renault 4. A côté de la R3 morte-née et de la R4, c’est la version Luxe, R4L qui marque les esprits, vite abrégée en « 4L » pour devenir le surnom usuel de la nouvelle petite Renault.
 
Entre la 4 CV toujours appréciée en ville pour sa maniabilité et la 2 CV qui règne sur les campagnes, la nouvelle venue va vite faire oublier la première et sérieusement concurrencer la seconde avant de rafler le marché des « banlieusards », cette nouvelle génération d’habitants qui habite autour, parfois fort loin, des grandes villes et retourne bien souvent à la campagne pour le week-end et les vacances.
 

Volte-face


Le désir de pallier les carences de la 4CV en matière de volume de chargement en privilégiant les places arrière et le coffre et la mode des carrosseries « ponton » (les ailes abandonnent leur air de garde-boue pour s’aligner avec le capot) amènent la Régie à une volte-face, passant du tout à l’arrière au tout à l’avant.
 
Au milieu des années 1950,  les arbres de transmission sont au point pour envisager économiquement de proposer une traction avant fiable et agréable à conduire. La 2CV ne fait plus de sauts de cabri en tournant et, si on excepte les italiens, tous les constructeurs s’y intéressent, à commencer par Austin et Renault.
 

Sens pratique


Outre la traction avant, le projet Renault 4 traque le moindre espace au bénéfice des occupants en optant pour le hayon qui n’existe à l’époque que sur les breaks américains et les véhicules commerciaux européens. Renault choisit aussi un châssis plateforme (courant à l’époque) et y loge des suspensions à barres de torsion particulièrement compactes.
 
Cela vaudra à la Renault 4 sa particularité de présenter un empattement différent à gauche (2,40 m) et à droite (2,44m) de manière à ancrer de longues barres transversales à l’arrière.
 
Si elle est visiblement plus familiale, la Renault 4 reste une compacte longue de 3,66 m (seulement 6 cm de plus que la 4 CV et … 17 cm de moins qu’une 2CV) ce qui reste un gabarit très raisonnable pour la ville.
 


Economique


Dès le départ du projet, surnommé 350 pour un objectif de prix de vente à 350 000 francs, il s’agit de faire simple et économique. Elle sort avec un moteur de 603 cm3 (23 ch pour la R3 3 CV fiscaux) et de 747 cm3 (27,6 ch pour la R4 4 CV fiscaux). Le premier, hérité de la 4 CV est trop juste et la R3, par ailleurs dépouillée au point de se passer de ventilateur de chauffage, est abandonnée dès 1962. Il faudra attendre le moteur 782 cm3 (30 ch) en 1972  pour parler de performances routières.
 
La consommation minimale reste cependant l’objectif permanent de la Renault 4 qui confirme à partir de 1978 avec la GTL. Pour ne pas consommer, la Renault 4 tire « long » et sa vitesse maxi, limitée en fait par sa forme, est obtenue à un régime moteur bas, gage de longévité.
 
 

Ame bien née !


Comme à son habitude, la Régie maîtrise l’outil industriel et profite des vacances 1961 pour démonter les lignes de production de la 4 CV et les remplacer par les outillages de la Renault 4.
 
A la rentrée, les chaînes sont en route et les commerciaux profitent du Salon de Paris pour engranger des commandes, nouveau pour l’époque, livrables rapidement.
 
Au lancement, la gamme se compose de trois versions –R3, R4 et R4L- flanquées d’une fourgonnette, facile à développer à partir du châssis-plateforme. Comme on l’a vu plus haut, la R3 au moteur anémique est abandonnée au bout d’un an et une éphémère version Super est lancée avec un hayon abattant qui intègre une lunette descendante.
 
La Renault 4 est tellement bien ciblée qu’elle évoluera peu au cours de ses 31 ans de carrière. Quelques séries spéciales suffisent à animer une gamme qui ne sera jamais restylée, se contentant de retouches périodiques de la calandre et de la planche de bord. Il faut dire que la berline est  accompagnée d’utilitaires remarquables et pratiques avec leur « girafon », cette trappe au dessus de hayon pour enfourner des objets longs ou leurs versions à empattement long F6.
 
Elle s’arrête en 1992, écartée plus par les législations que par la désaffection de la clientèle et se retire sur un beau record de ventes : 8 135 424 unités.


 
EVOLUTION DE L’ESPECE

A coup de séries spéciales


Preuve de sa parfaite adéquation à la demande, la Renault 4 se contentera de changer de calandre, de planche de bord et de modifications structurelles limitée comme la boîte de vitesses à 4 rapports (1967), les moteurs à cinq paliers à partir de 1984 et les freins avant à disques en 1985. 
 
Les modèles dérivés comme la Rodeo, les 4x4 et cabriolets  Plein Air réalisés par Sinpar sont restés confidentiels. La 4L a maintenu sa notoriété et son capital sympathie à coup de séries spéciale. De la très chic Parisienne (1063) avec ses cannages dorés sur fond noir à la « Bye-bye tirée à 1000 exemplaires numérotés en 1992 en passant par les Clan (1985) ou Savane (1991) qui passent en série, ces spéciales « d’opérette » n’ont qu’un faible impact comparée aux 4L Gendarmerie, La Poste, Darty et les autres gravées dans nos mémoires.
 
Succès garanti
Bien préparée, la mise en fabrication a permis de démarrer les ventes dès le Salon 1961 et d’appliquer des délais de livraison convenables. 20 000 voitures sont écoulées en 1961, 200 000 en 1962 puis les ventes dépassent les 320 000 en 1967. La 4L est la voiture la plus vendue en France de 1962 à 1965 puis en 1967 et 1968.

La barre des 5 millions est franchie en 1977, celle des sept millions en 1985 et l’aventure s’arrête le 3 décembre 1992 avec 8 135 424 exemplaires produits.
 
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wazig490 Le 07/09/2016 - 20:26
MA PREMIÈRE VOITURE EST une 205 GTI MA SECONDE EST UNE R4 TL je l'ai acheté en 94 elle na jamais connu le garage d'un mécanicien elle roule comme un bolide je ne change que les pneus bien sur les bougies les vis les filtres et l'entretien je roule toujours avec c' est une merveille
LILOULA Le 20/09/2014 - 09:21
ma premiere voiture que j ai eu a mes 18 ans une TL verte j avais honte mais pas d argent pour avoir mieux et niveau meca une vrai m,,,e avec sont demarreur mal place comment vous faite pour collectionner une bagnole pareille mecanicien de metier j ai restaure par la suite 2 ds 21 ca c est une voiture de collection avec une histoire bon niveau meca j avoue c etait une m,,,de aussi mais tellement a l avance pour l epoque mais la 4l j accroche pas je l ai pris en grippe je crois mdr
un pseudo libre Le 08/02/2013 - 19:01
Je possède une 4L de 1963 c'est une 5cv TYPE R1124 mais avec six glaces plus la glace arriere qui se glisse dans le hayon (R1122). que pourrai je en tirer sachant que cela fait 21 ans quelle couche dans un hangar. Et quel type de 4L es-ce?
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