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L'argus aux 24H de Magny-Cours en Peugeot 208 Racing Cup !

Départ 24H de Magny-Cours 2018
Notre pilote-essayeur Mathieu Sentis était engagé sur la 208 noire à bandes oranges n°213 de New Team Competition, aux côtés de Thierry Blaise, Bruno Charrat et Olivier Fernandez.

Piloter aux 24H du Mans reste un rêve inaccessible ? Voici les 24H de Magny-Cours, la course d'endurance la moins chère d'Europe : les 21 et 22 juillet 2018, quarante-neuf 208 et autant d'équipages s'y sont affrontés dans le cadre des Rencontres Peugeot Sport. L'argus faisait partie du peloton !

Page 1L'argus aux 24H de Magny-Cours en Peugeot 208 Racing Cup ! 

Pour moult amateurs de course automobile, participer aux 24H du Mans reste le graal absolu… hélas inaccessible à moins de posséder quelques millions d’euros en rabe, ou de se contenter d’une course sur simulateur.

Alors pour tous les autres (non-millionnaires, allergiques aux jeux vidéo…), les Rencontres Peugeot Sport ont organisé les deux tours d’horloge automobiles les moins chers d’Europe : contre environ 20 000 € HT (location de voiture, assistance, consommables), il était ainsi possible d’engager une Peugeot 208 Racing Cup aux 24H de Magny-Cours, à partager entre trois et six pilotes en fonction du budget de chacun. Sortez vite les tables de division !
 

La Peugeot 208 Racing Cup

A ce prix évidemment, les 1 000 chevaux de la Toyota LMP1 d’Alonso ou les 500 ch de la Porsche 911 RSR de Romain Dumas ne seront disponibles qu’en modèle réduit. Notre Peugeot 208 Racing Cup demeure au moins à l’échelle 1, mais n’extirpe que… 140 ch de son 1.6 atmosphérique.

208 Racing Cup New Team Competition action avant
208 Racing Cup habitacle

Même pas la puissance d’une 208 GTI de série (208 ch), ni même celle du Scénic du beau-père (jusqu'à 160 ch en diesel...) mais un poids-plume (960 kg), une boîte « courte » à cinq rapports et des sensations inconnues des bombinettes contemporaines. Son secret ? Un freinage aussi puissant qu’endurant et surtout, un équilibre ultra-joueur, permis par des réglages châssis facétieux et de simples pneumatiques au profil routier, des Michelin en 205/45 R16. Même le Scénic du beau-père taille plus grand !

 

Le championnat RPS

En catégorie Relais, une saison en Rencontres Peugeot Sport compte six courses d’endurance, dont cinq s’étendent sur six heures. Cela permet déjà d’accumuler du temps de roulage (sur ce format, seuls deux pilotes peuvent s’engager sur une voiture) sur des circuits français pour le moins sympathiques :

  • Val de Vienne : 21-22 avril 2018
  • Nogaro : 4-5 mai 2018
  • Magny-Cours : 21-22 juillet 2018
  • Dijon : 22-23 septembre 2018
  • Lédenon : 20-21 octobre 2018
  • Pau-Arnos : 3-4 novembre 2018
24H Magny-Cours 2018 grille de dépatr
24H Magny-Cours 2018 208 Racing Cup alignés

Ces dernières années, seule la manche de Magny-Cours s’étendait sur 10 heures. Devant son succès en 2017 (71 voitures engagées, soit la capacité maximale du circuit !), Peugeot Sport a donc décidé d’étendre l’épreuve sur 24H… et permettre aux pilotes-amateurs de vivre l’aventure humaine que représente le format. L’argus a eu ce privilège, et s’en va vous le conter !
 

Au volant de la 208 Racing Cup

Cela semble difficile à croire avant de l’avoir expérimenté mais, non : cravacher 140 ch sur un circuit ayant accueilli la Formule 1 ne génère aucun ennui. D’abord car le poids-plume et l’étagement très rapproché des cinq rapports rappellent des sensations de GTI d’antan, ensuite car le pilote prend vite conscience de la complexité de l’engin.

Certes facile à prendre en main à bon rythme, la 208 Racing Cup exige ensuite du doigté pour espérer suivre les habitués du championnat, qui vous collent 4 secondes au tour alors que, pour vous, ce tour était parfait. Ici, pas de bon chrono sans faire crisser les pneus ou générer du survirage, à l’inverse de toute théorie du pilotage académique sur circuit : la 208 Racing Cup ne devient rapide que si elle n’est pas trop freinée, et si son train arrière tourne à la place de l’avant.

208 Racing Cup en glisse à Magny-Cours
Même chicane...
...deux styles différents !

Il ne faut donc pas hésiter à jouer avec la légèreté de la poupe pour placer la voiture, pour limiter les mouvements au volant et, toujours, conserver les roues droites au bénéfice de la motricité. Plus facile à dire qu’à faire au milieu du trafic, dans des virages souvent ardus. Entre autres : le fameux 180°, avec son point de corde tardif et sa largeur qui autorise différentes trajectoires, ou les chicanes rapides, "croqueuses" de secondes si on ne coupe pas leurs vibreurs… mais qui font rapidement lever deux roues (voire un peu plus) si on les coupe trop !

Pour ne rien faciliter, le niveau des concurrents en piste apparaît inégal, mêlant des « semi-pros » engagés à toutes les courses Sprint en 208 Racing Cup (des manches de 25 min précédant la course d’endurance) à des complets « bleus » venant compléter un équipage d’amis. Sans oublier les relais de nuit, à la lueur des phares d’origine (feux longue-portée interdits !), qui font subitement relever le pied de l’accélérateur dans le gauche rapide en bout de ligne droite, lequel passait pourtant à «fond absolu» quand le soleil brillait…

208 Racing Cup dans un bac ÃÆ’  Magny-Cours
208 Racing Cup New Team Competition de nuit vue arriÃÆ’Ãĉہ ÃƒÆ’‚¡re

Dès lors, on ne vous fait pas de dessin : cette course n’avait rien d’un manège pour enfants, et génèrait autant de stress au volant que de satisfaction une fois l’auto ramenée intacte à ses coéquipiers au terme de son relais. Il n’y avait qu’à voir les mines des confrères journalistes engagés sur la voiture "média" (Maxime Fontanier pour Auto Hebdo, Patrick Garcia et Cédric Pinatel du magazine Evo, David Bouillaux d’Auto Plus), pourtant habitués à tester des supercars sur circuit mais ici tantôt perdus, enthousiasmés, énervés, émus, bref, bien loin de l’étiquette de «blasé» souvent collée sur le front d’un journaliste-automobile.

Du côté de l’Argus, et de votre serviteur qui courait avec trois pilotes expérimentés, l’épreuve fut une course d’endurance, une vraie, avec sa salve d’ascenseurs émotionnels : après une belle séance qualificative (4e sur 49), notre 208 noire à bandes oranges passait rapidement 2e aux mains de notre talentueux coéquipier Olivier Fernandez… avant de dégringoler suite à une perte progressive de puissance.

208 Racing Cup New Team COmpetition filé gauche

Rappel aux stands anticipé, menue réparation, quatre tours perdus, redémarrage avant-derniers (!), puis un sacré challenge pour refaire notre retard, transformant notre sage course d’endurance en véritable sprint longue-durée. Un rythme payant : 23H plus tard, à quelques minutes du drapeau à damiers, nous avions repris 41 places pour nous installer en 7e position ! Mais le 8e fondait sur nous…

Alors aux commandes, notre coéquipier Thierry Blaise le contint tant bien que mal, et c’est dans un grand «houra» de satisfaction que toute l’équipe, agrippée derrière les grillages de la ligne d’arrivée, découvrait sa position admirablement défendue à deux virages de la fin. Las : dans l’ultime chicane, notre coéquipier rattrapa un retardataire qui, pour ne gêner personne, décida de se déporter sur la droite… du côté où Thierry comptait précisément le doubler (voir vidéo plus bas).

Choc latéral, huitième qui passe septième, nous qui passons huit, cri d’horreur dans l’assistance. Mais deux voitures qui franchissent tout de même la ligne d’arrivée, ce qui n’était pas évident lorsque les deux 208 s’accrochèrent en se déportant inexorablement vers le mur de pneus. Petite déception, mais grand ouf de soulagement, dans une course de 24H où tout peut se gagner… et tout se perdre jusqu’à la dernière seconde. Nous nous en souviendrons !

 

Bilan des 24H de Magny-Cours

Terminer 8e sur 49 n’est pas si mal… mais un rien frustrant quand notre position de départ laissait espérer un podium. Mais sur une course de 24H, le plus grisant des résultats est déjà d’arriver au bout : engagement, performance, dépassement (de soi et des autres !), entraide, les mêmes qualités composent la réussite d’une course de 24H, qu’elle se déroule au Mans, à Magny-Cours ou au Nürburgring. Une fois la ligne d’arrivée franchie, chaque membre de l’équipe se sent transformé, autant exténué qu’ému, mais avec la réelle sensation d’avoir accompli un exploit.

Le second, d’exploit, est à mettre au compte de la 208 Racing Cup elle-même qui, hormis quelques bricoles mécaniques, n’a pas failli à tourner 24H sans le moindre répit, passant de mains en mains avec la fiabilité d’une vraie voiture d’endurance. Voilà une formule à considérer vu le budget, élevé en soi mais imbattable pour prendre part à une telle aventure humaine. En trois mots : merci Peugeot Sport !

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