Peugeot 208. L'argus sur le podium des Ultimate Cup Series à Estoril !
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Peugeot 208. L'argus sur le podium des Ultimate Cup Series à Estoril !

Le week-end dernier, notre journaliste-essayeur Mathieu Sentis participait à la dernière manche de l'Ultimate Cup Series au Portugal. Sur une Peugeot 208 Racing Cup engagée en Relais, lui et son coéquipier ont terminé troisièmes d'une course de trois heures. Voici son récit, vécu de l'intérieur...

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Intégrées au championnat Ultimate Cup Series depuis 2021, les Rencontres Peugeot Sport terminaient leur saison au Portugal, sur le circuit d'Estoril. Notre essayeur Mathieu Sentis y pilotait une Peugeot 208 Racing Cup...

D.DELIEN

Comme ses départs brutaux du Championnat du Monde d’Endurance en 2012, du WRC en 2019 ou du Tour Auto en 2020, le groupe ex-PSA semblait avoir sacrifié d’un trait de stylo son programme le plus ancien : les Rencontres Peugeot Sport. Depuis plus de 40 ans, cette coupe de marque regroupait des centaines de pilotes amateurs qui s’écharpaient sur les circuits de France et de Navarre au guidon de Peugeot abordables. Finalement ? Un autre promoteur est venu au secours des orphelins du félin : l’Ultimate Cup Series.

Né en 2019, ce championnat accueillait jusqu’alors des puissantes autos de type GT (GT4, GT3, 911 Cup…), protos (CN, P3, Renault R.S.01) voire monoplaces. De tout autres engins, donc, que les vaillantes Peugeot 208 Racing Cup basées sur la génération précédente : 140 ch, 960 kg, une boîte à cinq rapports courts, quatre pneus Michelin de route en 16’’. Mais un rapport prix/plaisir resté imbattable, comme nous l’avions expérimenté à plusieurs reprises depuis 2013, l’année de son lancement.


Des RPS à l’Ultimate Cup Series

Malgré la pluralité d’épreuves compactées sur un week-end d’Ultimate Cup Series, rien n’a changé pour les pilotes de Peugeot 208. Chacun peut toujours s’engager en Sprint (quatre courses de 25 minutes) ou en Relais (une manche de 4 heures courues à plusieurs pilotes), et profiter de classements spécifiques comme le Junior (moins de 21 ans) ou Gentleman (plus de 50 ans) récompensant leurs champions respectifs.

En échange d’un coût d'engagement légèrement plus élevé que lors des années Peugeot Sport (voir détails en bas de l’article), les pilotes jouissent d’une cantine sur chaque paddock, d’une jolie couverture média (avec courses filmées et commentées en direct sur les réseaux sociaux) et du plaisir, entre chaque course, de voir rouler de “grosses” autos de compétition. C’est à la finale orchestrée à Estoril, au Portugal, que nous avons pris part à cette nouvelle organisation au volant d’une ancienne connaissance.


Au volant de la 208 Racing Cup

Dans cet habitacle dépouillé, rien n’a changé. Le petit dashboard rectangulaire indique en gros chiffres le régime moteur, le volant dénué d’airbag vient près du corps et le corps, justement, est harnaché dans un grand baquet à oreilles qui vous maintient comme une camisole de force. Votre sourire est pourtant béat au volant de cette Peugeot, dont le sonore 1.6 atmo envahit l’habitacle au gré des cinq rapports courts, commandés par cette frêle tige surmontée d’un pommeau de 208 de base. Typique !

Malgré l’interminable ligne droite du circuit d’Estoril, nous n’avons toujours pas le sentiment de manquer de puissance car celle-ci suffit pour s’amuser du châssis, pièce maîtresse de cette citadine émancipée. Le moindre braquage fait engager le train arrière qui soulage le boulot de son homologue avant, déjà très incisif. Il faut alors du doigté pour trouver la bonne mesure : déclencher une dérive pour s’aider à tourner, mais ne pas trop se freiner sur le bord des pneus. Une recette à suivre à la lettre dans les courbes longues et techniques du tracé d’Estoril.

Le bitume, assez glissant, exige en effet de s’appliquer au placement puis de bien patienter à la remise des gaz comme le ferait un pilote de monoplace. Toujours une formidable école de pilotage, cette GTI des circuits ! Après deux séances d’essais libres et une qualif’ achevée au cinquième rang sur onze engagés, nous nous apprêtons, avec mon coéquipier Thierry Blaise, à débuter la séance nocturne non chronométrée. Un simple entraînement pour la manche du samedi, prévue de 16h30 à 20h30 et donc partiellement courue de nuit.

C’était sans compter sur le crash d’une Ferrari vendredi après-midi, qui a descellé 50 mètres de rails et annulé l'entraînement nocturne, plusieurs courses du jour, réduit notre épreuve de quatre à trois heures et repoussé le départ à 17h45, nous promettant une entame directement dans le noir sur une piste très peu éclairée. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, Michel, chef d’équipe de New Team Competition couvant notre 208 noire à bandes oranges, m’annonce que j’aurai l’honneur (ou la frayeur) de débuter au volant. Hum...


La course

Il est 17h45 et malgré le soleil “couche-tôt” portugais, la course débute finalement aux dernières lueurs du jour. Un avantage pour prendre ses derniers repères et faciliter la plongée progressive dans la nuit. Peu après le départ lancé, je profite de cette luminosité pour sauter un, puis deux concurrents et me retrouve troisième, déjà à distance des deux leaders contraints de “tout donner” : au terme de cette saison très serrée, celui qui terminera devant l’autre remportera le championnat !

Mais la nuit tombe rapidement et sans poursuivant derrière ni ouvreur devant, je me retrouve vite dans l’obscurité profonde, cherchant moult fois à enclencher des pleins phares déjà en route. La précision de conduite en souffre : les points de cordes sont pris parfois trop tôt, parfois trop tard, souvent au-delà du vibreur, me valant, le crois-je alors, un avertissement pour non-respect des limites de piste (difficile d’apercevoir les drapeaux dans la nuit noire !). Je tente alors d’affiner mon pilotage et remonte progressivement sur les hommes de tête. Dans leurs bagarre et tentatives de dépassements multiples, les bougres perdent en effet quelques secondes au fil des tours, suffisantes pour revenir dans leur pare-choc. La lueur de leurs phares s’ajoutent alors aux miens, facilitant la lecture de la piste... et le début des attaques.

Sous la pression grandissante, le premier loupe son freinage en bout de ligne droite et me voilà deuxième, scotché au bouclier arrière du nouveau premier. Celui-ci souffre alors de l’effet d’aspiration, qui décuple la santé de ma 208 en ligne droite et lui permet d’accrocher le rupteur de cinquième avant LE gros freinage… attaqué au même endroit mais plus vite, dans des crissements de pneus irréguliers et un popotin qui louvoie comme un teckel sortant du bain. Quelle éclate ! Un poil plus rapide que mon lièvre dans la première portion mais un peu moins dans la dernière, je grapille tout de même quelques centièmes et finis par trouver l’ouverture. Me voilà en tête ! Pas pour longtemps... Le troisième larron, ayant profité à son tour de notre bagarre, me déborde au fameux freinage.

S’ensuivent des dizaines de tours à échanger nos positions, couteau entre les dents et sans presque cligner des yeux, au point qu’après une heure et 35 minutes, nos trois voitures restent groupées dans la même seconde. « Le réservoir est bientôt vide, rentre vite aux stands pour te ravitailler », s’égosille Michel à la radio. Moi qui pensais rouler depuis 30 minutes maximum… Si les trois équipes ont laissé rouler leur premier pilote un long moment, elles doivent tout de même respecter les cinq arrêts obligatoires, transformant la suite de la course en drôle de chorégraphie.

Après le premier relais de Thierry raccourci à moins de 40 minutes (désolé, coéquipier !), je récupère le volant, passe une fois la ligne de chronométrage comme le stipule le règlement, puis rentre déjà au stand pour laisser ma place à nouveau. Et ainsi de suite. Un ballet rapide qui, dans la précipitation, nous a fait dépasser la vitesse limite dans les stands d’un petit km/h et fait écoper d’un drive through (l’auto doit alors repasser par la voie des stands à 60 km/h, sans s’arrêter). Vu les écarts infimes entre chaque auto, cette erreur nous fait hélas chuter à la quatrième place et monter la rage au ventre… avant qu’un ultime coup de théâtre n'élimine l’un de nos concurrents.

Dans cette même précipitation d’une fin de course saccadée, l’équipage n°154 s’arrête trop tard pour son dernier relais et ne peut reprendre la piste avant l’agitation du drapeau à damiers. Une disqualification pour eux, une marche sur le podium retrouvée pour nous... Un bel ascenseur émotionnel sur le toboggan portugais, qui décuple encore notre envie d’y revenir. Vivement la prochaine !


Bilan

Une 208 Racing Cup toujours aussi rigolote à piloter, une organisation au top malgré les faits de course, la joie du podium à l'arrivée, ou le résumé d’une épreuve magique qui a filé comme l’éclair. Puissent les Rencontres Peugeot Sport perdurer encore longtemps, entre les (bonnes) mains de l’Ultimate Cup Series. Reste à prendre soin de ces attachantes 208, dont le remplacement par la nouvelle génération a été abandonné… En attendant l’électrique ? Pour l'endurance, on conservera volontiers la “mamie”, merci !

Résultats Relais 208 à Estoril

  • 1er : N°274 Blancardi / Pasquier (Gemo Motorsport) 75 tours
  • 2e : N°409 Marion / Martinez (GM Sport) + 34.717
  • 3e : N°213 Blaise / Sentis (New Team Compétition) + 57.261
  • 4e : N°609 Hernandez-Felix / Hernandez (GM Sport) + 2:11.155
  • 5e : N°346 Bos / Max (PH Racing) + 1 tour
  • Etc


Le calendrier 2022 des Rencontres Peugeot Sport

  • 29 avril au 1er mai : Le Castellet
  • 27 au 29 mai : Navarra (Espagne)
  • 1er au 3 juillet : Val de Vienne
  • 2 et 3 septembre : Albi (à confirmer)
  • 7 au 9 octobre : Magny-Cours
  • 10 au 13 novembre : Le Castellet (super finale)


Le coût d’engagement en Peugeot 208 Racing Cup*

  • Sprint 208 : 490 € par voiture
  • Engagement Relais 208 : 990 € par voiture

(*) à ajouter au coût d’inscription, fixé à 290 € pour une épreuve ou 490 € pour la saison


Vous êtes tentés par l'aventure ? Pour plus d’informations sur la saison 2022, rendez-vous sur le site officiel de l'Ultimate Cup Series

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