Le gros scooter des « scootéristes »
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Le gros scooter des « scootéristes »

Si le Yamaha T-Max entend séduire les motards, le Honda Silver-Wing compte surtout attirer les amateurs de scooters. Il y en aura ainsi pour tous les goûts.

Par Didier GANNEAU Photos de Christian LACOMBE
Publié le

Pour le Silver-Wing, pas question de chasser sur les terres des motos : son propos est de faire monter en gamme la clientèle des 125 Pantheon et 250 Foresight. En toute logique, donc, les motocyclistes trouveront que son comportement rappelle beaucoup celui d'un... scooter, puisque son architecture en demeure proche : le moteur est bien suspendu, mais l'axe de bras oscillant est concentrique au vilebrequin, et c'est ce bras qui renferme toute la transmission, variateur, poulies, courroie et train de démultiplication finale.

Si l'on y ajoute une fourche à épaules et une suspension arrière à deux combinés simples, il était inévitable que le Silver-Wing n'affichât point la netteté de comportement d'un T-Max. Le train avant de ce dernier porte 47 % du poids (contre 38 % sur le Honda), ses masses semi-suspendues sont moins importantes, et il dispose d'une vraie fourche à deux tés et d'une suspension arrière à leviers.

Mais Honda n'est pas italien et, si le Silver-Wing peut manquer de rigueur dans son guidage, il ne devient jamais instable. Il aurait pourtant de quoi : quand l'horizon se dégage, on accroche 180 km/h au compteur, soit au moins 10 km/h de plus qu'un T-Max. Jamais la moindre alerte cependant. Bon, il ne faut pas être pressé pour inscrire l'engin en courbe, encore moins pour le balancer d'un angle sur l'autre, mais l'ensemble est sain, sinon agile et précis. Quant au confort, s'il bénéficie de suspensions - et d'une selle - moins fermes que chez Yamaha, elles sont moins soignées en amortissement comme en progressivité, et les deux rivaux sont renvoyés dos à dos.

En ville, le Honda est, dans un sens, plus facile à vivre que le Yamaha. Plus long de 2 cm, il pèse 7 kg de plus, et ses suspensions très souples lui donnent un petit air pataud. Mais sa selle est plus basse de 5 cm, plus fine dans sa partie avant, et le plancher est échancré à la verticale du bassin, pour poser les pieds sans trop écarter les jambes. Il est surtout beaucoup plus pratique à l'usage, ne serait-ce qu'avec ses immenses espaces de rangement ou sa suspension arrière réglable à la main.

Dans l'ensemble, l'équipement est d'ailleurs assez généreux, avec une clé de contact à transpondeur, un compte-tours - à vrai dire superflu sur un véhicule automatique -, ou bien encore un freinage couplé. Même si ce dernier n'apporte pas sur un aussi gros engin le « plus » en sécurité qu'il offre à un scooter léger ou à une moto, plus sujets aux transferts de charge, on l'apprécie quand même.

Plus qu'un mutant, intermédiaire entre scooter et moto, le Silver-Wing est donc un gros scooter, le prolongement naturel d'un 400 Burgman, avec des performances très supérieures et, quand même, de meilleures liaisons au sol. Moins amusant qu'un T-Max, mais beaucoup plus orienté sur le côté pratique (et notamment encore plus confortable en duo), il s'en démarque suffisamment pour que la confrontation se révèle passionnante : la clientèle préférera-t-elle un scooter moto Yamaha ou un gros scooter Honda ?

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