Le Mans Classic 2010 en Ford T Montier 1923
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Le Mans Classic 2010 en Ford T Montier 1923

Le Mans Classic est une manifestation merveilleuse pendant laquelle toutes les voitures de course anciennes retrouvent le plaisir de rouler : 408 voitures engagées cette année, et parmi ces vénérables autos, l'un des modèles qui a participé aux premières 24 Heures du Mans : La Ford T Montier.

Publié le Mis à jour le

Tout le monde connait la Ford T, première voiture au monde à avoir été fabriquée en grande série, mais beaucoup ne connaissent pas le nom de Montier. Et pour comprendre le sens de cette appellation, il faut remonter à la fin du 19ème siècle.
 
Charles Montier, qui donnera donc son nom à cette Ford T si spéciale, est le fils d’un forgeron passionné de mécanique.  Ensemble, alors que l'automobile n'en est qu'à ses balbutiements, les deux hommes décident de fabriquer une voiture et tentent de la commercialiser.
 
Mais à l’époque, les chevaux se trouvent plus volontiers devant les voitures que sous le capot… Les Montier père et fils passent pour des fous et leur affaire périclite. Charles, qui n’a alors que seize ans mais qui a attrapé le virus de son père, décide de quitter sa Touraine natale pour monter à Paris et tenter sa chance.

Avec l'aide son père, il reprend alors les ateliers d’une entreprise en perdition et commence à fabriquer lui-même ses voitures dans le 11ème arrondissement de Paris, plus précisément dans la rue de Charonne. Les premières sont équipées de moteurs flat-twin et les suivantes d’un bloc monocylindre refroidi par eau. Nous sommes alors à la fin des années 1910, et  après celui de la mécanique, c'est alors le virus du sport automobile qui contamine le jeune Montier. Il s'inscrit alors à quelques courses et parvient même à réaliser quelques prouesses. Il décide de se consacrer entièrement à la course automobile.
 
De constructeur à préparateur
Et arriva la Ford T*. Une très bonne base pour tous les sorciers de l’époque, qui la transforment à toutes les sauces. Charles Montier en tirera d’abord les plans d’un…tracteur avant d’en faire une voiture de course que tous les pilotes chevronnés de l’époque rêveront de conduire.
Le châssis est surbaissé de 17 cm ( !), la complexité de la modification de la partie arrière faisant même l’objet d’un brevet. Côté mécanique, une culasse à soupapes en têtes de grand diamètre commandées par culbuteurs est dessinée par Charles Montier. Pourvue d’un carburateur Solex horizontal et d’un système d’échappement à admission spéciale, elle se monte en lieu et place de celle d’origine, sans modification du bloc-moteur. La voiture peut alors atteindre 100 Km/h.

Un arbre à cames à grande levée de soupapes et des pistons en aluminium complètent la modification du moteur. Côté transmission, c’est soit une boîte à deux rapports, importée des USA, soit une boîte  à trois rapports de marque Sympar qui viendra équiper la bête. Ainsi dotée, la voiture devient performante mais les freins ne suivent plus. Ils seront eux aussi modifiés au fil du temps.

Toutes ces transformations, intégrées entre 1921 et 1923, amèneront la T Montier sur la ligne du départ des premières 24 Heures du Mans, en 1923. Charles Montier y participera trois fois sans toutefois réussir à remporter l’épreuve.
 
Et 87 ans plus tard…

 
La Ford T Montier est toujours dans les paddocks de la course mancelle. Mais cette fois pour participer au Mans Classic, sympathique épreuve qui permet aux voitures de courses de plusieurs générations (les organisateurs ayant constitué des plateaux correspondant à des périodes) de se retrouver sur le tracé sarthois.
 
Cette année, bien qu’appartenant à un particulier, c’est Ford France qui a préparé et engagé la voiture. Au volant, trois confrères journalistes dont une dame (Le Mans Classic est aussi le rendez-vous de l’élégance) ont réussi à classer la voiture à la 37ème place sur 68 équipages engagés (plateau 1, voitures de 1923 à 1939). Pas mal pour une grand-mère de 87 ans ! Espérons que celle-ci soit encore en bon état pour la prochaine édition, qui se déroulera en juillet 2012.
 
 
 
 
 
 
Stars d’hier et d’aujourd’hui
Mais le Mans Classic est aussi l’occasion pour les partenaires-constructeurs d’y exposer et éventuellement de faire essayer leurs dernières productions. Ainsi, si BMW, Ferrari, Nissan et Porsche avaient amené quelques uns de leurs modèles-phares du catalogue contemporain, Ford avait sorti l’artillerie lourde avec la présence de la série très limitée LMC des cinq Focus RS décorées aux couleurs qui ont fait la gloire de la marque en course, mais aussi d’un bataillon de Focus RS 500 (350 ch au lieu de 305 et peinture de guerre furtive noire mat), dont les 52 exemplaires réservés au marché français ont tous été vendus par tirage au sort.

Et même si le sujet central de la manifestation était bien entendu l’automobile ancienne, les Ford sportives modernes ont trouvé l’écho d’un public connaisseur, qui a manifesté un fort intérêt pour les modèles ici présentés.
 
 
*Retrouvez tous les détails sur l’existence de la Ford T dans le livre de Fabien Sabates « Et vint la Ford T » chez Massin éditions, mais aussi sur le très documenté et agréable site internet  www.ford-t.fr

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christophe.bouchet294 Le 26/07/2010 - 11:33
Voilà de beaux articles, sur des événements incontournables qui font survivre l'engouement pour l'automobile. A poursuivre, avec plus d'illustrations. voir http://www.flickr.com/search/?q=nivalle+le+mans+classic
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