L'entretien des routes pointé du doigt par la Cour des comptes

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Certaines routes nationales et départementales sont en très mauvais état en France.

Un rapport de la Cour des comptes fustige la gestion du réseau routier en France. Le rapport pointe du doigt l'organisation complexe entre les acteurs, le mauvais entretien global des routes, et le budget inadéquat. La Cour des comptes propose des pistes pour améliorer la situation.

« La France compte environ 1,1 million de kilomètres de routes, ce qui fait de son réseau un des plus longs et des plus denses d’Europe ». Un constat implacable qui pourrait presque disculper l'État de sa négligence envers nos infrastructures routières. Mais la Cour des comptes veille au grain. Dans un rapport, elle alerte sur le piètre entretien du réseau et détaille les éléments possibles d’amélioration, selon les acteurs et avec différentes échéances.

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Un entretien des routes négligé

cour des comptes schéma route
Ce schéma montre le plan global d'entretien d'une route sur la durée.

Le rapport de 139 pages de la Cour des comptes contient beaucoup de données chiffrées. Ainsi, « la proportion de surfaces de chaussées exigeant des travaux d’entretien est passée en une dizaine d’années de 43 % à 53 % ». Rien d'étonnant puisque le dérèglement climatique ne facilite pas la tâche (gel-dégel, sécheresse, inondations…) et les véhicules toujours plus lourds abîment le goudron sur leur passage. Le schéma ci-dessous permet d’y voir plus clair en matière de rénovation.

graphique cour des comptes dépenses
Malgré des dépenses planifiées à la hausse sur les années à venir, l'état de nos routes ne devrait pas s'améliorer.

Conscient du danger pour les automobilistes, l’État va débloquer plus de budget pour les prochaines années. « Sur cette base, la loi d’orientation des mobilités a prévu une trajectoire financière jusqu’en 2027 et au-delà – dépassant à terme 1 milliard d’euros par an (contre 775 000 000 € en 2016). Cette augmentation est substantielle. Pour autant, selon les estimations des experts suisses, elle ne suffirait pas pour maintenir à son niveau actuel l’état moyen du réseau », affirme la Cour des comptes.


La décentralisation cause des soucis

schéma cour des comptes réseau routier

L'État, les départements et les communes s'occupent conjointement du million de kilomètres de routes en France.

L’ensemble du réseau routier est géré par 3 acteurs différents depuis sa grande réorganisation structurelle, opérée en 2006 (voir schéma ci-dessus). Les départements et les communes d’un côté, conservent leur pouvoir d’agir sur la majorité des routes en France. Le réseau national, dit « résiduel », est lui désormais sous la tutelle de 11 directions interdépartementales des routes (DIR). « Ce dernier ne représente aujourd’hui plus que 1,1 % du linéaire national (hors autoroutes concédées), mais près de 19 % du trafic », détaille le rapport. Les responsabilités sont ainsi de plus en plus dispersées partout dans l’Hexagone alors que la circulation augmente inlassablement au fil des années. La Cour des comptes en a donc profité pour rappeler les devoirs du gouvernement. « L’État reste le garant, de par la loi, de la cohérence et de l’efficacité de l’ensemble du réseau routier » : les routes font partie des biens communs, utilisables partout, par tous et tout le temps.

rocher de la baume paysage pont
Le recensement des ouvrages en danger a pris quatre années.

Deux exemples marquants démontrent ces problèmes de décentralisation. « Il aura fallu attendre le plan de relance de 2020 pour que l’État, constatant sa méconnaissance du nombre total de ponts à vérifier, décide de mettre en œuvre un programme national permettant le recensement et l’évaluation de l’état de ces ouvrages d’art dans les petites communes ». Aucune mesure concrète n’a donc encore été mise en place depuis 4 ans. Le second cas concerne le réseau scientifique et technique (RST) de l’État. Ce groupement d’organismes « a vu ses effectifs divisés par deux en une vingtaine d’années ». Difficile à partir de ce constat d’imaginer une évolution positive de la gestion des routes en France.

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Les solutions envisagées ?

Plutôt que de tirer à boulets rouges sans volonté de changer les choses, le rapport se permet quelques recommandations. Ce dernier parle d’une « politique routière nationale » à définir d'ici 2025. Celle-ci imposerait, par exemple, à l’État de faire face aux « impératifs de la sécurité routière et le défi de la transition écologique » à travers un bilan annuel. Celui-ci contribuerait à « organiser au niveau national une remontée obligatoire des données relatives à l’ensemble des réseaux et les intégrer dans un système d’information partagé ».

tableau trafic routier évolution

En presque trente ans, le trafic a augmenté de 45,5 % sur l'ensemble du réseau routier.

Les DIR sont également dans le viseur, la Cour des comptes souhaitant une réforme de « la gestion du réseau routier national non concédé, en mettant en place une contractualisation pluriannuelle d’objectifs et de moyens », d'ici 2024. Tout un programme que l'État, les départements et les communes pourraient mettre en place afin de sauvegarder notre patrimoine routier... et des vies.

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Commentaires
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pemmore

Ben déjà une chose choquante chez. Moi, mais sûrement ailleurs, une réfection en pleine canicule, c'est un goudronnage recouvert de gravier d'après les responsables, comme ça vient d'une sortie d'autoroute, çà provoque un bruit qui empêche de dormir, sauf qu'avec la canicule le gravier est passé dessous et la route se dégrade dans le même état qu'avant en un an.

Koala

Qu’est-ce que on s’en fiche de l’avis des experts suisses ? Nous n’avons pas suffisamment de brillants ingénieurs en France ? Arrêtons de nous dénigrer en permanence. (Les routes suisses ne sont pas mieux entre nous soit dit)

Koala

Photo mensongère : la photo accrocheuse de l’article ne correspond pas à la légende ni au sujet traité. Alors que la légende parle de routes départementales et nationales, la photo a été prise manifestement dans un chemin forestier, une voie privée ou au mieux une voie communale qui mène a rien. Un peu d’intégrité svp messieurs dames les journalistes

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