Les agents Renault de Tours mettent le losange en berne
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Les agents Renault de Tours mettent le losange en berne

Quarante et un agents Renault dépendant de la succursale de Tours ont manifesté leur soutien à sept de leurs confrères dont le contrat a été résilié le 11 juin. En décrochant leurs panonceaux, ils entendent répondre au caractère expéditif des résiliations.

Par Thomas Morales
Publié le

Spontanément, les agents Renault se sont réunis le 3 juillet pour réprouver le « manque d'humanité » dont a fait preuve la direction de la filiale Renault Tours dans la réorganisation de son réseau. Le 11 juin, six agents et un vendeur agréé ont reçu une lettre de résiliation de leur contrat sans motifs invoqués. Les agents déplorent la méthode employée, sans égards pour des représentants de longue date de la marque. Pour manifester leur mécontentement, ils agents ont stoppé depuis deux semaines l'achat de pièces concurrencées et la vente de véhicules neufs. La direction n'ayant pas répondu à leurs griefs, une quarantaine d'agents solidaires ont démonté leurs panonceaux et défilé dans la périphérie de Tours.

Un cortège de quarante véhicules s'est rendu au siège de la direction régionale, puis au dépôt régional des pièces de rechange pour enfin s'immobiliser devant la succursale de Tours. A travers cette action symbolique, les agents ne veulent pas nuire à leur constructeur, mais ils dénoncent des résiliations qu'ils jugent abusives. Sur les sept résiliations, deux leur paraissent particulièrement injustifiées. Leur action met l'accent sur un « problème d'hommes » qui se manifeste par une mauvaise communication entre le directeur de la filiale et son réseau d'agents.

Dans la matinée de vendredi, les sept agents résiliés ont été reçus par Nicolas Gehin, directeur de la succursale, pour une entrevue collective. Au terme de cet entretien, les agents sont sortis dépités. Certains avaient de la peine à contenir leur émotion. Le directeur de la filiale Renault Tours leur a annoncé qu'il ne reviendrait pas sur sa décision. Sa seule « concession » : un rendez-vous qu'il leur a accordé individuellement mardi 7 juillet pour justifier au cas par cas les résiliations de contrats. Chez les agents, l'espoir de voir ces derniers renégociés est donc mince.

Josiane et Richard Thorin, qui font partie des résiliés, ont accusé le coup. Pour eux, à la tête d'une entreprise employant six personnes à temps plein et deux à temps partiel, réalisant un chiffre d'affaires de 3,8 millions de francs, l'annonce de la résiliation a été un choc : « Nous avons le panneau Renault depuis seize ans, et nous vendons environ quarante véhicules par an. La résiliation de contrat intervient alors que nous étions sur le point d'embaucher quelqu'un de hautement qualifié. » La perte du panonceau représentera pour cette entreprise située à Château-Renault un manque à gagner évalué à 25 %.

La situation de Corinne Guillot, vendeur agréé, est encore plus délicate. La résiliation du contrat équivaut à une quasi-disparition de son outil de travail. Avec un parc de véhicules composé à 98 % de Renault, l'avenir de son entreprise est plus qu'incertain. « On va rentrer et mettre la clé sous la porte », affirme-t-elle. Tous les investissements engagés dans son entreprise sont anéantis. L'échéance de la résiliation interviendra dans six mois pour les agents, et dans vingt-quatre mois pour le vendeur agréé.

Jean-Marie Chastellier, président de la branche des agents et artisans au Conseil national des professions de l'automobile, accompagné de Marcel Girard, son secrétaire départemental, sont venus soutenir la démarche de ces agents en colère. Sensible à la détresse de ces chefs d'entreprise, Marcel Girard ne peut leur offrir qu'une aide juridique : « Nous pouvons les aiguiller s'il souhaitent entreprendre une action en Justice. Nous leur avons envoyé un questionnaire sur les résultats de leurs entreprises afin de savoir s'il y a eu résiliation abusive de contrat ou non. »

Dans le souci de réorganiser un réseau parfois vieillissant ou peu rentable, les responsables du réseau sont contraints de faire des coupes au détriment de petits entrepreneurs. A Tours, la direction de Renault n'a pas souhaité s'expliquer sur cette série de résiliations. Au siège du constructeur, on estime que les dénonciations de contrats s'inscrivent dans la vie normale d'un groupe, et on insiste sur l'aspect local de ces résiliations.

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