Les breaks français, une tradition qui perdure depuis l'après-guerre

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Rien de tel qu'un break logeable pour transporter des enfants ou du matériel professionnel. Redécouvrez une sélection de breaks tricolores, une tradition depuis les années 1950 chez les constructeurs français.

Dans la gamme des constructeurs automobiles français, le nombre de breaks réduit comme peau de chagrin au profit des SUV. Pourtant, cette carrosserie pratique a séduit des millions de Français. Peugeot 308 SW, Renault Mégane Estate, Citroën XM break... Redécouvrez tous les breaks français en images.

Pour transporter toute une tribu, rien de tel qu’un break familial. Les constructeurs français l’ont bien compris en proposant, dès l’après-guerre, cette carrosserie sur certains de ses modèles. Des berlines étirées pour maximiser le volume à bord, que ce soit pour des passagers ou des objets encombrants, et souvent dotées d’un hayon pour encore plus de praticité. Aujourd’hui, le nombre de breaks chez les constructeurs français se compte sur les doigts d’une main, avec l’abandon de certains segments comme les breaks citadins au profit de petits SUV plus tendance.

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Renault : de la Juvaquatre aux Mégane et Talisman Estate

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Renault Juvaquatre break / Dauphinoise break 4 places (1949-1960).
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Renault Colorale (1950-1956).

Chez Renault, la lignée des breaks familiaux commence dès la fin de la seconde guerre mondiale avec la Juvaquatre transformée en break 4 places. Elle se fait aussi appeler Dauphinoise sur sa fin de carrière, et utilise une base de Juvaquatre utilitaire, à l’aspect plus “carré” que la berline classique. En 1950, la Colorale est lancée par la Régie. Carrossée par le spécialiste Chausson, elle est malheureusement un échec commercial et est vite remplacée par le break Frégate Domaine, ou Manoir jusqu’en 1960. Renault délaisse la carrosserie break pendant une décennie, et revient en 1970 avec une R12 transformée en break. Celle-ci sera vendue sur de nombreux marchés et sous plusieurs marques dont Dacia jusqu’en 2004 ! En 1979, la gamme est complétée par la grande berline R18 convertie en déménageuse.

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Renault 21 Nevada (1986-1996).

À la fin des années 1980, Renault se relance plus sérieusement sur le marché du break avec la R21 Nevada. Plus pratique que la berline avec son grand hayon vitré, elle séduit les famille mais aussi… les forces de l’ordre ! La 21 Nevada sera produite jusqu’en 1996, un an après l’arrivée de sa remplaçante : la Laguna Nevada. Celle-ci reprend le look du concept-car Renault Evado de 1995 avec une custode singulière posée sur la malle de la berline classique. La Laguna sera ensuite déclinée pour chaque génération avec un nouveau nom : Laguna Estate.

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Renault Mégane 1 break (1999-2003).

Dans les années 1990, Renault développe aussi sa gamme compacte. La Mégane est ainsi déclinée en coupé, cabriolet, monospace mais aussi en break dès 1999. Comme la Laguna, elle dérive de la version cinq-portes et change de patronyme pour “Estate” dès la deuxième génération.

À la fin des années 2000, Renault proposait aussi dans son catalogue un dérivé break de sa citadine Clio. La Clio 3, dès 2008, puis la Clio 4 en 2013, ont eu droit à leur version Estate légèrement étirée. Mais avec la déferlante SUV, cette variante n’a pas été reconduite comme sa concurrente directe, la Peugeot 207 SW. C’est le SUV urbain Captur qui est indirectement venu la remplacer.

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Renault Talisman Break (depuis 2015).

Aujourd’hui, il ne reste donc chez Renault que deux représentants de la carrosserie break : la Mégane 4 Estate et la Talisman Estate, venue remplacer la Laguna 3 Estate dès 2015. Mais ces deux modèles sont sur la sellette, et pourraient disparaître d’ici 2023.



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Citroën : plus aucun break depuis 2017

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Citroën DS break / ID break (1959-1975).

Chez Citroën, la saga des breaks commence plus tard, en 1959, avec la DS break. Vendue jusqu’en 1975, elle dérive de la célèbre berline et dispose également d’une version plus accessible et simplifiée, l’ID break. Le break DS pouvait embarquer jusqu’à 7 passagers dont deux dans le coffre grâce à des strapontins. Une astuce toujours utilisée aujourd’hui dans les monospaces et SUV à 7 places.

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Citroën Ami 6 break (1964-1969).
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Citroën GS/GSA break (1971-1986).

De 1964 à 1978, les Ami 6 et Ami 8 sont aussi transformées en break, perdant ainsi la singulière lunette arrière inversée des berlines, garantie d'une belle habitabilité aux places arrière et partagée avec la Ford Anglia d'Harry Potter. Elles sont complétées par les GS et GSA break dans les années 70, ainsi que la grande CX transformée en break “Evasion” par Heuliez. Le carrossier de Cerizay (79) travaillera d’ailleurs en étroite collaboration avec les Chevrons, que ce soit pour des demandes spécifiques (CX ambulance, concept-cars…) ou la production de breaks de série.

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Citroën XM break (1991-2000).

Dans les années 1980 et 1990, Citroën renouvelle petit à petit ses breaks : la BX Evasion vient remplacer la GSA break, tandis que la grande XM est transformée en break familial dès 1991. Deux ans plus tard, le constructeur lance le break compact ZX, remplacé en 1998 par la Xsara break.

Dès le début des années 2000, Citroën délaisse petit à petit le marché des breaks au profit des monospaces (Xsara Picasso puis C4 Picasso) et SUV. La Xsara break s’arrête en 2006 et n’est pas remplacée, tandis que le break C5 court sur deux générations entre 2000 et 2017. Il était le dernier représentant chez Citroën, qui n’a aujourd’hui plus de break dans sa gamme.

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Peugeot : une gamme de breaks fournie jusqu'en 2010

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Peugeot 203 Familiale (1950-1956).
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Peugeot 403 Familiale (1956-1963).

La lignée des breaks Peugeot débute en 1950 avec la 203 Familiale, rejointe six ans plus tard par la 403 du même nom. À l’époque, elles servaient aux artisans dans des versions “Commerciales” tôlées, que Peugeot distinguait des "Familiales" vitrées. La 404 break vient tout de suite remplacer la 403, dès 1962, tandis que la 203 reste sans descendance pendant quelques années. Peugeot décide finalement d’étendre sa gamme en optant pour deux modèles : la 204 break, plus courte, est proposée dès 1965 tandis qu’une 304 plus imposante arrive en 1970. Une grande 504 break est commercialisée un an plus tard.

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Peugeot 405 break (1988-1996).

Peugeot change de chiffre dans les années 1980 avec les modèles en “5” : la 305 arrive dès 1980, suivie de près par la 505 break (1982) puis la 405 break (1988). En revanche, Peugeot laisse de côté sa poule aux oeufs d’or de l’époque, la 205, qui ne reçoit pas de version break. Il faut dire qu’elle a déjà de nombreuses déclinaisons entre les sportives, le cabriolet et les fourgonnettes (Peugeot 205 F et Peugeot 205 Multi). Il faudra attendre 2002 pour revoir un break citadin chez Peugeot, avec la 206 SW. La même année, Peugeot sort la 307 SW, qui peut accueillir jusqu'à 7 passagers, succédant à la 306 break commercialisée entre 1997 et 2002.

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Peugeot 206 SW (2002-2008).
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Peugeot 307 SW (2002-2008).

Contrairement à Citroën qui ralentissait le rythme dès le début des années 2000, Peugeot continue donc à décliner plusieurs modèles en break dont la citadine 207, qui reçoit plusieurs variantes : un cabriolet à toit rigide escamotable, le break 207 SW et sa variante baroudeuse Outdoor. Chez les compactes, même chose lors du remplacement de la 307 avec une 308 SW proposée dès 2008. La génération suivante, en 2014, garde la carrosserie break tandis que le cabriolet 308 CC disparaît définitivement. Enfin, du côté des grands breaks, la 406 break (1996-2004) a laissé sa place à la 407 SW, qui sera ensuite remplacée par la 508 SW. Cette dernière reçoit une inédite déclinaison baroudeuse RXH, qui peut être choisie en motorisation hybride diesel.

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peugeot 508 sw pse
Peugeot 508 SW 2 (depuis 2018).

Aujourd’hui, Peugeot ne propose plus que deux modèles break à son catalogue : la 308 SW, dont la nouvelle génération sera lancée début 2022, et le break 508 SW de seconde génération, commercialisé depuis 2018. Ce dernier reçoit d’ailleurs depuis peu une variante sportive hybride baptisée PSE (pour Peugeot Sport Engineered), aussi proposée sur la berline traditionnelle.

 

Simca, Talbot : les autres breaks français

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Simca 1501 break (1967-1975).
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Simca Aronde Châtelaine (1951-1963).

Parmi les autres constructeurs français, Simca et Talbot ont, eux aussi, commercialisé des breaks. C’est notamment le cas du break 1100, vendu par les deux marques, ou du rare break Talbot Avenger. Chez Simca, la Vedette et l’Aronde ont respectivement été déclinées en variantes Marly et Châtelaine dans les années 1960 et 1970.

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Citroën AX Evasion (prototype Heuliez).

De nombreux prototypes ont également vu le jour chez Heuliez, mais n'ont pas été retenus par les constructeurs. C'est le cas de l'AX Evasion, une variante à sept places de la citadine aux chevrons, ou de la Peugeot 309 break qui n'a jamais été commercialisée. D'autres prototypes étonnants comme la Renault Safrane Long Cours ou le break de chasse Peugeot 306 HDi concept ont également été présentés par le carrossier français sans jamais passer le cap de la série.

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