Les ramasseurs d'huiles usagées revendiquent la qualité Aller au contenu principal
habillage
banniere_haut

Les ramasseurs d'huiles usagées revendiquent la qualité

Les ramasseurs qui collectent les huiles de vidange dans tous les garages de France veulent que leur professionnalisme soit reconnu.

Par Jean Pierre Genet
Publié le

Chaque année, 64 entreprises collectent dans les garages, concessions et collectivités 245 000 tonnes d'huiles usagées. Assurant un service public, ces ramasseurs doivent disposer d'un agrément délivré au regard de conditions techniques, valable pour cinq ans, par la préfecture du département où ils exercent leur activité. Ils ont l'obligation d'enlever, dans un délai de quinze jours, tout lot d'huiles usagées supérieur à 600 l et de stocker ces déchets dans les sites de transit avant de les livrer à des éliminateurs agréés.

A partir de 600 litres, l'enlèvement est gratuit pour les garages détenteurs. Mais la revalorisation dans le recyclage ne couvre pas le coût de la collecte estimé à 475 F par tonne. C'est pourquoi une taxe parafiscale sur l'huile de base avait été instaurée en 1979. Celle-là vient d'être remplacée par une taxe générale sur les activités polluantes, dont une partie du montant sert à indemniser les ramasseurs agréés.

Sur 64 ramasseurs agréés, les 56 qui adhérent au CNPA ont décidé de faire reconnaître leur professionnalisme en faisant certifier la qualité de leurs services. Pour obtenir le label Qualicert, ils devront respecter un cahier des charges - « référentiel » - concernant notamment l'accueil et l'information des clients, la protection de l'environnement et la sécurité, la traçabilité du produit (par prélèvement systématique d'échantillons) et la formation du personnel. Ils sont aujourd'hui onze à arborer le label. Ils seront prochainement rejoints par treize autres qui ont entrepris les démarches. Ces vingt-quatre précurseurs totalisent 80 % de la quantité d'huile collectée.

Le réseau de ramasseurs, qui s'est tissé et structuré au fil des ans, draine dans tout l'Hexagone 85 % des huiles usagées. Ainsi est-on passé de 100 000 t collectées en 1986, à 200 000 t en 1996, et à 245 000 t en 1998. Ce dernier chiffre est à rapprocher du tonnage d'huiles neuves vendu : 275 000 t. Où sont passés les 30 000 t qui manquent à l'appel ? Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), une partie est autoconsommée par les détenteurs, notamment des garagistes qui l'utilisent comme moyen de chauffage. Cette pratique est interdite car, lorsqu'elles sont brûlées sans précautions, les huiles usagées rejettent dans l'atmosphère des polluants, comme les dioxines. Une autre fraction est convoyée par un réseau de contrebande vers des utilisateurs clandestins (serristes, fabricants de briques, etc.). Un faible tonnage est stocké par des moyens de fortune notamment par des agriculteurs souvent mal informés sur les possibilités d'enlèvement gratuit. Enfin, une autre partie de ces huiles de vidange est tout simplement abandonnée par des particuliers dans la nature.

La mise en place de relais « verts » et autres points de collecte mis en place par les professionnels de l'automobile devrait contribuer à réduire cette dommageable pollution. Un litre d'huile suffit à recouvrir une nappe d'eau de 1 000 m2 qui provoque la mort de la faune et de la flore. Les pouvoirs publics ont renforcé leurs contrôles depuis quelques années et ont accru les sanctions pour les professionnels qui ne remettent pas leurs huiles usagées aux ramasseurs agréés. Ainsi les directions régionales de l'industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE) et les Douanes peuvent infliger une amende atteignant parfois 100 000 F (15 244,90 e) à tout détenteur ne pouvant justifier de l'élimination de ses huiles usagées conformément à la réglementation.

Soyez le premier à réagir
Envoi en cours
denislallemand891 Le 24/10/2014 - 19:23
Les garages ont-ils le droit de percevoir cette taxe et sur quelle base est calcule cette taxe.Merci
Voir tous les commentaires (1)
Allez encore plus loin

Retrouvez l’ensemble des publications de L’argus, l’expert de l’automobile au service
des particuliers et des professionnels depuis 1927...