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Les sociétés d'autoroutes (encore) sur le banc des accusés

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Les sociétés d'autoroutes (encore) sur le banc des accusés

Un avis de L'Autorité de la concurrence dénonce les dérives financières des sociétés concessionnaires d'autoroutes en France. La rentabilité oscille entre 20 et 24% de leur chiffre d'affaires. L'Autorité exhorte l'Etat à ne pas laisser les automobilistes se faire plumer !

Pour les récidivistes, le précédent gouvernement avait inventé les «peines plancher»... L’Autorité de la concurrence vient de rendre son avis concernant les sociétés d’autoroute en France. Un avis acide, dont le ton ne diffère guère de celui employé par toutes les institutions qui ont planché sur le sujet :

«Le principal constat : la rentabilité exceptionnelle des sociétés concessionnaires d’autoroutes historiques est assimilable à une rente , qui doit être davantage régulée en faveur de l’Etat et des usagers» explique l’Autorité.

Celle-ci a «constaté que l’augmentation du chiffre d’affaires des sociétés concessionnaires d’autoroutes depuis 2006, nourrie par l’augmentation continue du trafic et du tarif des péages, apparaissait largement déconnectée de leurs coûts

Et d’annoncer des chiffres vertigineux. La «rentabilité nette» des sociétés concessionnaires varie entre «20 et 24%» de leur chiffre d’affaires, qui s’exprime en milliards. Un brin cruelle, l’Autorité livre même un exemple : «pour 100€ de péage payés par l’usager, entre 20 et 24€ sont du bénéfice net pour les concessionnaires d’autoroutes». Et que deviennent ces bénéfices ? Des dividendes versés aux actionnaires, qui auraient représenté en tout 14,9 milliards d’euros entre 2006 et 2013.


Les copains d'abord

A l’unisson d’un rapport de la Cour des comptes européenne, L’Autorité de la concurrence a relevé une autre perle : les sociétés concessionnaires d’autoroute ont la fâcheuse tendance à faire travailler leurs propres entreprises, car Vinci et Eiffage (APRR) sont d’abord et avant tout des sociétés de BTP.

ASF et Escota, toutes deux filiales de Vinci, ont ainsi confié (en valeur) 50% de leurs travaux aux sociétés du groupe. Hasard ou pas, les travaux les plus coûteux seraient toujours ceux confiés à Vinci...
 

L’Autorité de la concurrence réclame donc de «mettre en place une nouvelle formule d’indexation du tarif des péages», d’introduire dans les contrats des «clauses de réinvestissement et de partage des bénéfices des péages» et de confier «à une autorité de régulation indépendante des missions d’expertise, de contrôle et de sanction

L’association des autoroutes concédées a fait savoir dans un communiqué qu’elles « assurent au bénéfice de l’Etat le financement, la construction, la maintenance et l’exploitation d’un réseau autoroutier de plus de 9000 km d’une excellente qualité.» Un choix des mots imparable.
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Commentaires
romainarene279

Bonjour, Pouvez-vous nous donner le chiffre d'affaire annuel de ces compagnies ?

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