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L'essence du Diesel

Une quatrième motorisation CDi arrive sous le capot de la Mercedes Classe E. Performante, rentable et sans surcoût, elle tend une fois de plus à reléguer l'essence aux oubliettes.

Les constructeurs allemands veulent-ils tuer l'essence ? En disséquant les gammes Audi, BMW et Mercedes, on peut se poser la question. A grand renfort de rampe commune d'injection, d'injecteurs pompes, les moteurs qui se nourrissent de gazole gagnent chaque jour en efficacité, sans que leur rentabilité en souffre. Si bien qu'ils en viennent à concurrencer leurs homologues à essence. Après la BMW 330d, mangeuse de 328i (L'argus du 11 novembre 1999), c'est au tour de Mercedes de nous fournir un argumentaire.

La gamme Classe E, forte de neuf motorisations, s'appuie sur quatre moteurs CDi développant de 115 ch à 197 ch. Le dernier-né, le cinq-cylindres de 2,8 l, vient directement en opposition à la version à essence E 240. Avec un équipement, une présentation et une puissance identiques, la motorisation à essence est facturé 1 000 F de moins. Un avantage de courte durée, absorbé dès l'immatriculation du véhicule par la puissance fiscale plus avantageuse du Diesel - 10 CV au lieu de 12 CV. S'ensuit une multitude de points donnant la préférence au Diesel. Notamment, la consommation.

La E 270 CDi fait preuve de beaucoup de sagesse en regard des prestations offertes. Avec une consommation moyenne de 6,9 l aux 100 km, la E240 et ses 10,8 l est reléguée au rang des gourmandes peu rentables. Et ce, sans pour autant accéder au même niveau d'agrément. Certes, elles ont en commun leurs 170 ch. Mais avec un couple de 225 Nm de 3 000 à 5 000 tr/min, la E240 ne peut rivaliser. En effet, la E270 CDi offre 370 Nm de couple disponible de 1 600 à 2 800 tr/min. Soit une capacité de relance exceptionnelle dès les plus bas régimes. Et, si elle montre plus de paresse aux alentours de la zone rouge, ce n'est pas important. Passé le rapport supérieur, elle revient à sa meilleure plage d'utilisation. Capable d'accéder à la barre des 100 km/h en neuf secondes, la E270 CDi étonne plus par ses aptitudes en reprises. Même sur le sixième rapport, très long pour favoriser la consommation.

Oui, six rapports équipent désormais les Classe E. Et, même si la commande est agréable, on en vient quand même à regretter la boîte de vitesses automatique à commande séquentielle facturée 12 500 F. La main de l'homme n'a pas à la douceur de l'électronique, quant au passage des vitesses. Mais, c'est ici un des seuls pouvoirs de décision qui lui reste. Pour le reste, la E270 CDi, même en finition Classic, fait appel au copilotage électronique. Antipatinage, contrôle de la stabilité, assistance au freinage d'urgence, etc., permettent d'aborder cette propulsion avec sérénité. Il n'y a plus qu'à se laisser conduire et à profiter d'un amortissement, souple en ligne droite et rigoureux en virage, confortable et efficace.

Le tout dans un environnement sobre, mais de bonne facture. L'équipement, tant technique que de confort, est très complet mais il révèle, en revanche, quelques mesquineries. Comme par exemple le réglage électrique pour la hauteur d'assise et l'inclinaison des sièges, mais pas pour l'avancement. Ou encore la climatisation à commande séparée, mais pas automatique. Et ne parlons pas de la sellerie en tissu, ni même de la banquette arrière désespérément fixe. A 244 000 F, on peut s'attendre à mieux.

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