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Marin d'eau douce

Aux flux tourmentés de la circulation urbaine, le maxi-scooter Aprilia préfère le long fleuve tranquille des autoroutes.

La filiale américaine d'Aprilia se trouve à Atlanta. Faut-il voir là un rapport avec Atlantic, le nom donné par la marque italienne à son maxi-scooter de 500 cm3 ? Toujours est-il que ce nouveau produit fait référence dans son design aux normes en vigueur outre-Atlantique. Les dimensions et l'allure imposent le respect, la carrosserie bombée de la partie arrière évoque une malle de voiture, tandis que les lignes anguleuses du carénage avant suscitent une impression d'agressivité. Une ribambelle de phares et de feux rouges illuminent l'ensemble de la tête aux pieds. Pour parachever le tableau, des baguettes chromées encadrent les parties latérales dans un souci esthétique autant que de protection.

Autrement dit, l'Atlantic 500 fait dans le démonstratif, d'autant qu'il est doté en série d'un top-case de 45 l venant en complément du coffre sous la selle de 47 l. Utilitaire la semaine, voyageur le week-end, il y aura toujours une place pour les bagages.

Le moteur, lui, est plus européen puisqu'il s'agit du monocylindre Piaggio qui anime déjà le X9 500. Ce bloc à quatre soupapes, à refroidissement liquide et à injection, a eu le temps de faire ses preuves, et ses excellentes performances se retrouvent à bord de l'Aprilia. Pour ne pas connaître les mêmes mésaventures que son confrère italien à ses débuts, l'Atlantic dispose d'une partie cycle renforcée, notamment au niveau des ancrages de suspensions. Pour plus de sécurité, il adopte aussi un amortisseur de direction, et sa roue avant de 15 pouces le rapproche plus de la moto que du scooter.

Ainsi armé, le paquebot Atlantic fait preuve d'une belle sérénité en voguant sur les autoroutes. Sa vitesse de pointe lui permet de ne pas subir la circulation, et sa stabilité à haute vitesse est irréprochable. Le freinage intégral apporte une bonne dose d'efficacité et de sécurité. Le réservoir de 16 litres évite d'avoir à rouler l'oeil sur la jauge. En revanche, le niveau sonore est un peu élevé et la protection reste perfectible. Surtout pour le passager qui, du haut de la selle à deux étages, est idéalement placé pour faire le plein de grand air.

Les choses se compliquent en ville où ce grand voyageur est tout de même censé passer l'essentiel de son existence. Et les « plus » apportés par Aprilia à sa conception se révèlent à double tranchant. Le top- case, par exemple, se révèle très gênant pour la montée ou la descente du passager. Certes, il suffit de le démonter quand il n'est pas indispensable, mais il y a plus grave. Il pénalise aussi la maniabilité par sa hauteur, mais moins que le frein de direction qui rend l'avant quasi «camionesque». Se sortir des encombrements au guidon de l'Atlantic, c'est la mer à boire. La longueur et les 200 kg bien tassés se condensent dans la direction pour laquelle on rêverait presque d'une assistance variable. Heureusement, la hauteur de selle permet à tout pilote de poser les pieds au sol pour corriger toute défaillance de l'équilibre.

Moins sportif que le Yamaha T-Max, moins raffiné que le Honda Silverwing, l'Aprilia Atlantic est aussi beaucoup moins cher. Son vrai rival est le Piaggio X9 500 avec lequel il partage un moteur et un tarif comparables. A son crédit, on peut mettre l'opulence de la carrosserie, l'originalité de la ligne et la rigueur du châssis. A son débit, l'absence de clé à transpondeur, de béquille centrale électrique et de système « intercom » pour écouter la radio ou communiquer avec le passager. L'Atlantic est d'abord un bel objet quand le X9 est avant tout pragmatique. Il faudra choisir son camp avec un grand sérieux. Le scooter est un sujet sur lequel on ne plaisante pas en Italie.

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