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Nouveau moteur diesel Peugeot / Citroën : les révélations de L'argus

Quatre ans avant son entrée en production, PSA annonce dans un communiqué laconique le lancement d'une nouvelle famille de moteurs HDi à l'horizon 2017/2018. Si le groupe s'épanche peu sur le sujet, voici les tenants et les aboutissants de ce projet.

Publié le Mis à jour le

Ace Team/ T.Antoine

Généralement, les constructeurs se gardent bien de dévoiler leurs futures motorisations trois à quatre ans au préalable.

Par conséquent, il faut lire entre les lignes du communiqué envoyé par PSA pour comprendre que le groupe français cherche à rassurer sur l’avenir des sites de fabrication à Douvrin (Pas-de-Calais) et à Trémery (en Moselle).

D’autant plus que le 25 juillet 2013, l’entreprise a signé un accord relatif au développement de la performance industrielle et économique de la Française de Mécanique.


Comme l’a confirmé Christian Chapelle (directeur des chaînes de traction et châssis chez PSA) dans une récente interview, l’actuel 1.6 HDi (DV6) sera remplacé en 2017 par la famille DV-R d’une cylindrée de 1.5 l. Elle couvrira une plage de puissance comprise entre 70 et 120, voire 130 ch sur l’ensemble des modèles.

A LIRE.Futures technologies PSA : interview du patron des chaînes de traction


PSA fera aussi d’une pierre deux coups puisque ce nouveau 1.5 HDi (DV5) se substituera au 1.4 HDi (production stoppée à l’automne 2014) et au 1.6 HDi (90 et 115 ch). Son lancement coïncidera avec la phase 6.2 de la norme Euro VI (6.1 prévue pour septembre 2014) qui marquera logiquement l’avènement du nouveau cycle d’homologation WLTP.

Si certains trouveront cette arrivée tardive, il n’y a pas d’urgence chez PSA. En effet, retravaillé en 2010, le 1.6 HDi répondra à la norme Euro VI en passant courant 2014 sous le label Blue HDi qui consiste à greffer un catalyseur SCR de réduction des NOx, le même qui équipera le 2.0 HDi 150 fin 2013.


La chasse aux grammes de CO2

Mais outre les normes antipollution, l’objectif des 95 g de CO2 (moyenne pour l’ensemble des véhicules vendus d’une gamme) se profile à l’horizon 2020. Ce qui explique le développement de cette motorisation inédite.

Aucune information technique n’a transpiré mais selon nos informations il s’équipera d’une injection par rampe commune dont la pression grimpera entre 1 800 et 2 000 bars ainsi que de tout l’attirail pour gratter quelques grammes de CO2 (pompe à huile et à eau débrayable, thermo-management…).

Selon les versions, il héritera d’un turbo à géométrie fixe ou variable, l’hypothèse d’un bi-turbo restant peu probable en raison du coût.

En revanche, il se déclinera en version mild-hybrid grâce au nouveau système Hybrid Eco prévu comme par hasard en 2017. Il s’agit d’une machine électrique (de type alterno-démarreur réversible) qui permettra de récupérer l’énergie au freinage et à l’accélération, et de la stocker dans une petite batterie lithium-ion.

Le véhicule pourra ainsi se mouvoir en 100% électrique jusque 20 km/h en phase de démarrage alors que dans les phases d’accélération, la batterie fournira du courant pour booster le moteur.

L’Hybrid Eco est actuellement en phase de développement au centre technique de la Garenne-Colombes sur les moteurs trois-cylindres à essence en collaboration avec Bosch, Continental et Valeo, équipementiers mis en concurrence.


Partenariat avec Ford

Le choix d’une cylindrée unique (1.5 l) répond à une volonté d’économies d’échelle pour faire face aux investissements colossaux qu’induisent la modernisation et la dépollution des motorisations. Ce qui va de pair avec la politique de PSA de ne proposer qu’un seul système de traitement des NOx contre deux pour les concurrents.

Le groupe mise sur l’effet de volume pour rentabiliser ses investissements mais aussi sur le partenariat avec Ford. Car, si PSA évite de la préciser, le constructeur américain jouira aussi de cette nouvelle motorisation qui n’a rien de commun avec le récent 1.5 TDCi de 75 ch (version extrapolée du 1.6 TDCi) développé par Ford et fabriqué en Angleterre.

Pour la petite histoire, la marque à l’ovale avait besoin d’une petite motorisation diesel notamment pour le marché indien à des prix inférieurs à ceux du 1.4 HDi achetés auparavant chez PSA.


Made in France
Le 1.5 HDi sera produit courant 2017 sur le site de la Française de Mécanique à Douvrin dans le Pas-de-Calais qui bénéficiera d’un investissement de 60 millions d’euros.

La capacité de production de 640 000 moteurs par an sera doublée par l’usine de Trémery (Moselle) qui débutera la fabrication en 2018.


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Envoi en cours
jc.bes280 Le 19/01/2015 - 07:35
Haro sur le diesel. Les médias ( téléguidés) crient haro sur le diesel. Dans quel but? Quel lobby mène cette campagne?Aucun chiffre pertinent. - Pas de statistique sur la conso du diesel: quelles parts respectives pour les bus-poids et les véhicules de tourisme - Pas de chiffre sur le parc de véhicules équipés de filtres ou non Les seuls chiffres dont j'ai pu prendre connaissance lors de débats ne rendent pas crédibles les propos des détracteurs du diesel.Tant que de tels chiffres ne seront pas mis en avant, je continuerai à penser que "l'opinion publique" est manipulée.
jc.bes280 Le 19/01/2015 - 07:24
DEBAT TRUQUE
jean-luc.dacie087 Le 17/10/2014 - 18:27
Un plaisir en effet. Un constructeur ne peut pas se passer de diesel même si sa part de marché ira en déclinant. Tout simplement parce que maintenant avec un bloc on peut décliner une puissance de celle de base a 2 voir 3 fois plus. Donc répondre à un panel large de voitures. Donc rationaliser. Donc baisser les coûts de production. Donc produire en France... parce que c'est rationnel (pays de Descartes!!).. CQFD
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