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Opel Astra Coupé 2.2 16V Bertone et Renault Mégane Coupé 2.0 ide

Ligne élégante et racée pour l'un, mine agressive et trapue pour l'autre, ces deux coupés filent sur des registres bien différents. Mais tous deux ne manquent pas de chien...

On dit souvent que les chiens ressemblent à leur maître. Et aussi que l'automobile est le reflet de la personnalité de son conducteur. C'est pourquoi le pauvre cabot couché sur la banquette arrière d'une vieille guimbarde se met à rêver à une réincarnation. Mais ce brave toutou n'est pas encore bien décidé quand à l'enveloppe à intégrer. Ce qu'il sait, c'est qu'il veut sortir de l'anonymat, rouler en coupé à un prix raisonnable.

Et dans cette catégorie, deux styles s'opposent. Celui du Renault Mégane Coupé, trapu, incisif. Avec une face avant aux babines retroussées, un arrière tronqué et massif, il faudrait être bulldog. Ou celui du nouveau coupé sur base d'Opel Astra élégant et équilibré. Avec son museau élancé, sa ligne fluide bien proportionnée, il faudrait être lévrier. Alors sportivité ou classe ? Bulldog agressif ou lévrier élégant ?

Mécanique

Bien que de races différentes, ces deux coupés proposent un entrain comparable, et tous deux emploient une motorisation inédite. Pour le coupé Astra, c'est un nouveau bloc Ecotec de 2,2 l développant 147 ch à 5 800 tr/min et un couple de 203 Nm à 4 000 tr/min. Pour le coupé Mégane, c'est une version à injection directe du moteur de 2 litres disposant de 140 ch à 5 500 tr/min pour un couple de 200 Nm à 4 250 tr/min. Le léger avantage pour l'Astra étant absorbé par sa surcharge pondérale, c'est plutôt un match de boîte de vitesses qui s'organise.

Avec une accélération de 0 à 100 km/h légèrement plus vive et une vitesse de pointe un peu moins élevée, le coupé Mégane a opté pour un étagement plus court. Si court que la vitesse de pointe s'établit à proximité du limiteur de régime. L'avantage est donc donné à la nervosité, les relances ne posant de surcroît aucun problème. Un moteur de caractère qui, grâce à l'injection directe, muselle la consommation, mais qui, par une insonorisation peu efficace, donne libre court aux aboiements. Couché le chien !

D'un abord plus calme, le coupé Astra cache bien son jeu. L'ambiance cossue qui règne dans l'habitacle estompe son véritable caractère. Il en a, mais il le fait moins savoir. Il faut dire que le lévrier n'a rien à prouver. Il sait qu'il est le plus rapide. Et, même s'il se met moins vite en jambes, au bout de la ligne droite, il est devant. Mais la course durera moins longtemps. Combinant une consommation plus importante à un réservoir plus petit, le coupé Astra a soif plus vite. Profitant de sa souplesse, il fait tout en douceur. Seule la commande de boîte rechigne à la tâche. Caoutchouteuse, elle manque de précision en utilisation rapide.

Châssis

Epaules larges et robustes, corps trapu, le bulldog n'est pas taillé dans la dentelle. A l'image du coupé Mégane qui, du premier coup d'oeil, trahit ses ambitions. Le profil type de la bête de combat qui fait tout en force. Pas de muselière, pas d'antipatinage. Le coupé Mégane, c'est une suspension rigide qui vous renvoie d'une bosse à l'autre sans s'excuser des coups de pied dans le(s) train(s) qu'il vous donne. C'est une direction directe et précise, une motricité à toute épreuve et un train arrière parfois volage. Les virages s'enchaînent sans peine à un rythme élevé. Le bon toutou n'a qu'à bien se tenir. Surtout en freinage, le mordant est surprenant, c'est la truffe dans le pare-brise assuré.

Chien de course, le lévrier sait aussi être chien de salon, histoire de se reposer les « guiboles ». A ce titre, le coupé Astra, en comparaison du Mégane, est un havre de paix. La suspension de l'Opel est d'une relative souplesse pour un coupé. Elle manque de tenue dans les enchaînements rapide, mais fait merveille côté filtration et confort. Ainsi, il n'aspire pas à être brutalisé en virage, juste rondement mené.

Dans ces conditions, la direction est précise, la motricité satisfaisante, et, si le ton monte, l'antipatinage entre en action. Un garde fou non déconnectable, histoire d'asseoir son tempérament de coupé routier sécurisant. Même la pédale de frein fait dans la douceur, mais, là, c'est plus gênant. Il ne faut pas hésiter à appuyer pour obtenir une qualité de freinage acceptable.

Vie à bord

Tenue de soirée pour l'un, Perfecto pour l'autre. Il ne suffit pas d'être élégant à l'extérieur pour être un vrai élégant. A ce titre, l'habitacle de l'Astra fait appel à des matériaux de bonne qualité et à une finition soignée. La planche de bord au dessin fluide intègre un tableau de bord complet et une console centrale ergonomique. Seule la position de conduite soulève une critique. Même le siège conducteur abaissé au maximum, la tête frôle le ciel de toit. Une position d'autant plus inconfortable que, en inclinant encore plus le siège pour dégager plus de garde au toit, on ne voit plus le nez de l'auto. Gênant en circulation. Mais notre lévrier n'en a que faire. Lui, ce qui l'intéresse est l'importante habitabilité aux places arrière. Un vrai coupé à quatre places confortables, agrémenté d'une capacité de coffre record. Un coupé à vivre.

A contrario, le coupé Mégane est un coupé vivant. Bruit du moteur, fermeté des suspensions, il vit la route. L'ambiance intérieure est à la limite survoltée. L'habitacle est étriqué, surtout à l'arrière où notre toutou de référence disposera d'une place restreinte, mais de custodes ouvrantes, histoire de se remettre de ses émotions avec une bouffée d'air frais. Quant à la capacité du coffre, elle fait pâle figure avec 180 l de moins. Les places de choix, plus vivables, sont donc à l'avant. La planche de bord est également complète, mais l'ergonomie reste perfectible. Notamment quant au positionnement des commandes de vitres électriques placées bien trop bas. Le plastique est trop présent, si bien qu'il arrive d'oublier que le cuir fait partie de l'équipement de série.

Equipements

Ils ont beau être de race différente, ils sont avant tout chien de race. Et, à ce titre, ils ont droit à tous les égards. A ce niveau de prix et de gamme, ces coupés reçoivent un équipement complet. Direction assistée, vitres électriques, quatre airbags, ABS, radio CD avec commande au volant, climatisation, jantes en alliage, il ne manque à l'Astra en comparaison que le cuir et l'ordinateur de bord pour rivaliser avec le Mégane. Deux équipements disponibles sur la finition Pack du coupé Opel, facturée 10 000 F de plus. Soit 13 400 F de plus que le Mégane Coupé 2.0 ide. Le prix de l'élégance, du confort, de quatre vraies places, d'un coffre digne de ce nom, au mépris de la sportivité.

Bilan

Quelle vie de chien ! Même dans les rêves, rien n'est simple. Voilà deux coupés intrinsèquement de même catégorie, mais que bien des choses opposent. Alors entre le confort d'une vie de lévrier et l'intensité de celle d'un bulldog, que choisir ?

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