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Pascal Roux, fondateur de City Roul', service d'autopartage de Rennes

Pascal Roux, fondateur de City Roul', service d'autopartage de Rennes
Lyon, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Lille, Paris -bien avant Autolib-, Nantes… Les villes qui se mettent à l’autopartage se multiplient. Beaucoup, depuis seulement deux ou trois ans. Rares sont ceux qui ont cru à cette nouvelle forme de mobilité au début de la décennie 2000, voire avant. Pascal Roux fait partie de ceux-là. Bien que de taille modeste, City Roul’ prend à Rennes, avec l’appui de la municipalité, une place croissante et l’entreprise a eu l’idée sage de créer ses propres outils de gestion informatiques qu’elle commercialise.
                                                                                                                   
"Nous avons 13 voitures sur 8 parcs de stationnement. Nous en visons 60, avec 35 nouveaux points de parking, à la fin de 2012"                                         
                                                                                                                                                
City Roul’ a l’âge de raison, 7 ans. Où en est le service et quel a été son parcours depuis sa création ?
Nous comptons, en cette fin de 2009, 350 abonnés. Pour traduire la progression du service, ils étaient 70 en 2007, près de 200 en 2008. Nous avions deux voitures en 2006, 7 en 2008, nous en sommes à 13, et le taux de rotation des emprunts s’accentue; il est passé en un an de 15 % à 22 %. Nos avons des places dans 8 parcs de stationnement, dont 3 souterrains.
 
Il y a sept ans, l'autopartage était confidentiel. Qu'est-ce qui vous a motivé et poussé à vous lancer ?
La lecture d’un article sur l’expérience du Strasbourgeois Autotrement. Je me suis dit, comme lui, qu’un usage alternatif de la voiture était en train de naître. J’étais employé du ministère des Finances à Paris puis à Rennes. Je me suis lancé dans l’aventure. Jusqu’en 2005, la structure a fonctionné sur un mode associatif et expérimental. Au terme de cette période de test, nous avons effectué un sondage pour savoir si l’initiative avait des chances de pérennité. Les réponses étaient positives mais nous avons été surpris de constater que beaucoup des affiliés étaient des militants. Nous avons néanmoins décidé de poursuivre en étant convaincus que ce service pouvait répondre aux besoins d’une clientèle beaucoup plus large.
 
Justement, qui sont, aujourd’hui vos adhérents ?
70 % de notre clientèle sont des femmes, qui se situent entre 25 et 45 ans. Tous clients confondus, environ 60 % de nos adhérents ont moins de 50 ans. La grande majorité appartient aux classes supérieures, parce qu’ils ont intégré un autre usage de la voiture et, précisons-le, en ont la possibilité pratique. Nous avons conservé notre proportion de militants qui mettent leurs idées en pratique, rejettent la possession de la voiture et ne l’utilisent que pour leurs besoins ponctuels.

Dans quelle mesure ce type de location reste-t-il rentable ?
L’autopartage est parfaitement adapté aux besoins ponctuels, pour une heure, deux heures, une demi-journée, 1 journée dans la limite de 100 km. Au-delà, il est plus rentable de recourir à la location conventionnelle.
 
Quels types de véhicules composent votre parc ?
80 % de nos voitures sont des Renault, en quasi-totalité citadines, Twingo, Clio, 1 Mégane, parce que la marque a été la première à nous accompagner. La majeure partie des 20 % restantes sont des Opel parce que les dirigeants de la concession locale ont chaleureusement accueilli notre projet et ils nous aident au quotidien en prenant, par exemple, nos voitures en entretien dès que nous les amenons au garage.
 
Comment entrevoyez-vous votre développement ?
Nous travaillons en parfaite symbiose avec la municipalité de Rennes qui est très sensible à la pression de l’automobile et veut la réduire. Elle a donné son feu vert, en mars dernier, pour ouvrir 35 stations de stationnement sur la voie publique entre janvier 2010 et la fin de 2012, date à laquelle nous escomptons atteindre un parc de 60 véhicules. Nous étudions également notre expansion sur les communes voisines de Rennes.
Nos créneaux horaires de location se situent majoritairement le soir et le week-end. Nous allons donc démarcher d’autres clients pour qu’ils les empruntent dans la journée. Nous avons commencé à présenter City Roul’ aux entreprises et certaines y voient un intérêt. Nous envisageons également d’acquérir des utilitaires pour les besoins d’un transport ponctuel, les déménagements, ainsi qu’un ou deux véhicules de 8 ou places pour que les clubs sportifs puissent emmener leurs membres aux compétitions, le temps d’un après-midi ou d’une journée.

Vous êtes également connu pour commercialiser votre savoir-faire technologique sous l'appellation Mobility Tech Green. Que recouvre ce produit ?
Pour avoir commencé tôt, alors qu’il existait très peu de systèmes informatiques embarqués adaptés à cet usage, nous avons développé, avec deux sociétés locales, nos propres outils pour gérer les réservations et le temps de location des voitures. Ce choix nous procure une autonomie technologique, nous rend maîtres des optimisations des applications et nous permet d’intégrer à notre guise de nouvelles fonctionnalités, certaines innovantes comme le maintien de la liaison GPS lorsque la voiture perd le signal, sous un tunnel, que nos confrères autopartageurs n’ont pas. Notre savoir-faire et nos solutions intéressent des services d’autopartage, des collectivités qui veulent mutualiser les véhicules de leurs parcs et nous sommes même en pourparlers avec un loueur de plusieurs milliers de voitures qui veut utiliser nos systèmes pour sa location classique. Cette commercialisation nous procure une source de recette complémentaire très appréciable.
www.cityroul.com

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Commentaires
larisa.video236

Pascal Roux ia genius!!

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