Peugeot 205 Turbo 16. Rencontre avec la star française des rallyes
habillage
banniere_haut

Peugeot 205 Turbo 16. Rencontre avec la star française des rallyes

Dans les années 1980-1990, la 205 GTI n'a pas été la seule à marquer les esprits. Un autre « sacré numéro » s'est illustré en parallèle sur les spéciales de rallye : la 205 T16. À l'occasion de la fin de notre saga Peugeot GTI, L'argus vous propose une rencontre avec ce monstre du Groupe B.

Publié le

Découvrez la mythique 205 T16, avec laquelle Peugeot s'est illustré en championnat du monde des rallyes.

Peugeot peut lui dire, merci. À qui ? À la 205, pardi ! Grâce à cette citadine, imaginée par Gérard Welter et lancée en 1983, le constructeur va renouer avec les bénéfices et offrir à sa gamme une cure de dynamisme. Si les modèles de série se vendent comme des petits pains, c’est aussi grâce aux succès en rallye de la 205 T16, l’une des variantes de ce « sacré numéro ». Elle est lancée le 23 février 1983, soit un jour avant la traditionnelle 205. Avec ses ailes et son aileron démesurés, la petite sportive fait forte impression. Développée dès 1982 par Peugeot Talbot Sport, une entité gérée par Jean Todt, elle va intégrer le clan des monstres sacrés du Groupe B… et y briller !

Peugeot 205 T16. Le tour du propriétaire

Timo Salonen sur le rallye de San Remo (Italie) en 1986.

En 1983, la Fédération Internationale de l'automobile (FIA) lance une nouvelle catégorie en rallye pour remplacer les Groupe 4 et Groupe 5. Audi domine alors le championnat avec sa Quattro, mais ses problèmes de fiabilité font passer Lancia en tête du classement des constructeurs. La firme aux anneaux s’empare du titre en 1984, mais se retrouve malmenée par une petite nouvelle : la Peugeot 205 T16, pour « Turbo 16 soupapes ». Cette lionne mise sur un quatre-cylindres (XU) en position central-arrière pour une meilleure répartition des masses. Le bloc de 1 775 cm3 de cylindrée, gavé par un turbo (KKK), affiche une puissance de 340 chevaux. Une boîte cinq vitesses permet d’envoyer la puissance aux quatre roues. Habillée d’une carrosserie en polyester sur un simple châssis tubulaire, la 205 T16 pèse moins de 1 tonne, 940 kg précisément. Ce rapport poids/puissance détonnant et son agilité hors pair font de la 205 une véritable bête de course.

Elle ressemble à la 205 de route...
... malgré son aileron proéminent !
Dès sa première sortie, en octobre 1983 sur le Trophée Jean-François-Piot à Sarlat (Dordogne), la 205 T16 montre tout son potentiel avec une quatrième place. « Je trouve les résultats extrêmement encourageants » confiait alors Jean Boillot, le vice-président de Peugeot, qui évoquait déjà des victoires en championnat du monde des rallyes. Et d’ajouter : « Je ne peux pas vous dire exactement quand, mais au bout il y aura la victoire. »

Bingo ! Entre 1984 et 1986, soit 26 manches du championnat du monde des rallyes, Peugeot va remporter 16 courses et signer 28 podiums avec la complicité de Jean-Pierre Nicolas, Bruno Saby, Ari Vatanen, Timo Salonen, Juha Kankkunen… Le constructeur va même remporter deux titres constructeurs coup sur coup (en 1985 et 1986). Pour arriver à un tel niveau, Peugeot n’aura eu de cesse de faire évoluer sa monture. Ainsi, en mai 1985, il lance la T16 Evo 2 (en photo ci-dessous).


Allégée, l’auto reçoit un aileron encore plus imposant, gagne en rigidité et s’offre un nouveau turbo Garett qui, en augmentant la pression de suralimentation, permet de sortir de 460 à 550 chevaux ! Peugeot sera le dernier constructeur à être titré en Groupe B. À la fin de la saison 1986, après de trop nombreux accidents, la FIA met un point final à cette catégorie. Cette annonce ne signe pas pour autant l’arrêt de mort de la T16. Elle se recycle en rallye-raid.

Le volant à trois branches Momo est recouvert d'une peau (quelque peu brûlée par le temps) pour une meilleure prise en main.
Derrière les sièges baquet, seule une petite vitre en polycarbonate sépare le pilote et le copilote du quatre-cylindres turbo.

 

Peugeot 205 T16 Grand Raid

Après l'arrêt des Groupe B en rallye, Peugeot se lance en rallye-raid avec la 205 Grand Raid, une variante rallongée de la T16.

Peugeot se tourne alors vers une épreuve lancée par le Français Thierry Sabine, le Paris-Dakar. Pour intégrer cette discipline, le constructeur fait évoluer sa T16 de rallye et allonge son empattement de 31 centimètres. Une condition sine qua non pour loger un réservoir de 400 litres et les deux roues de secours obligatoires. Plus lourde que la Groupe B, la Grand Raid est aussi moins puissante avec un quatre-cylindres dégonflé à 360 chevaux. En 1987, aux mains d’Ari Vatanen, elle s’illustre sur le Dakar, puis rempile l’année suivante avec Juha Kankkunen. La carrière de la 205 T16 Grand Raid, également victorieuse au rallye des Pharaons, va prendre fin en 1990, année où la carrière de la 405 T16 s’achève également. Avec cette 205 recarrossée, Peugeot va de nouveau briller au Dakar en 1989 et 1990, ainsi que sur la mythique course de côte de Pikes Peak. Avec sa berline de 660 chevaux, Vatanen remporte l'édition 1988 de « la course vers les nuages » et Robby Unser, celle de 1989.

Sur la mythique course de côte de Pikes Peak. Ari Vatanen et Robby Unser gagnent l'épreuve en 1988 et 1989.

 

Peugeot 205 T16 série 200

Pour pouvoir s'engager en Groupe B, Peugeot a mis au point une version de route de la T16.

Pour concourir en rallye, réglementation oblige, Peugeot a dû mettre au point une version de route de la 205 T16. Deux cents exemplaires ont été assemblés et commercialisés en 1984 sous la dénomination T16 série 200. Comme pour les versions de course, la mécanique prend place sous le capot arrière. Le quatre-cylindres de 1 775 cm3 développe 200 chevaux (à 6 750 tr/min) et entraîne les quatre roues par l’intermédiaire d’une boîte manuelle à cinq rapports. Deux différentiels à glissement limité sont installés sur l’essieu avant et arrière. Avec ses 1 145 kg sur la balance, la T16 de route réclame moins de 7 secondes pour atteindre les 100 km/h. Pas mal, mais on reproche au modèle son manque de punch. Pour ne pas rester sur une mauvaise note, un kit Peugeot Tablot Sport (PTS) est lancé. Il est presque aussi coûteux que la voiture. Ainsi équipée, la T16 voit sa puissance atteindre 300 chevaux grâce à une pression de turbo augmentée, de nouveaux pistons, un arbre à cames remanié… Elle est aussi plus légère (– 110 kg) et hérite d’un troisième différentiel au centre. Son freinage est renforcé, et ses suspensions sont encore optimisées.

Il n'y a eu que 200 exemplaires construits de la 205 T16.

Hormis ces changements techniques, extérieurement rien ne les différencie. La T16 conserve son kit aéro-bodybuildé. À l’intérieur, les baquets biton et le volant à deux branches estampillé « Turbo 16 » sont toujours de la partie. La planche de bord reçoit encore une palanquée de manomètres pour indiquer la charge du turbo, la pression ou la température d’huile. On notera la présence d’un pédalier alu spécifique, avec une large pédale d’accélérateur, pour jouer les Ari Vatanen les dimanches matin.

L'habitacle de la 205 T16 impressionne avec ses manos à foison et ses sièges baquet.

 

Les grandes dates de la Peugeot 205 T16

  • Décembre 1981 : création de Peugeot Talbot Sport avec Jean Todt aux commandes.
  • 1982 : premières études autour d’une Groupe B sur la base de la 205.
  • 23 février 1983 : lancement de la 205 T16 Groupe B avec 300 ch.
  • 24 février 1983 : lancement officiel de la Peugeot 205.
  • 29 octobre 1983 : première course pour la T16, c’est le Trophée Jean-François-Piot à Sarlat.
  • Mars 1984 : homologation de la 205 T16 Série 200 et lancement de la 205 GTI 1.6 de 105 ch.
  • Mai 1984 : 1re apparition de la 205 T16 en Groupe B au Tour de Corse.
  • Août 1984 : 1re victoire de la 205 T16 en championnat du monde au rallye de Finlande.
Ari Vatanen sur le rallye de Grande-Bretagne, en 1984, avec une victoire à la clé.
  • Janvier 1985 : 1re participation intégrale au championnat du monde en Groupe B.
  • Mai 1985 : apparition de la T16 Evo 2 avec son turbo Garrett. La puissance peut atteindre 460 à 550 ch.
  • Fin 1985 : titre constructeur au championnat du monde des rallyes et titre pour le pilote Peugeot Timo Salonen
  • Décembre 1986 : titre constructeur au championnat du monde des rallyes et titre pilote pour Juha Kankkunen.
  • 1987 : lancement de la 205 Grand Raid. 
  • Janvier 1987 : victoire au Paris-Dakar (Vatanen)
  • Juillet 1987 : participation de la 205 T16 à la course de côte de Pikes Peak.
  • Octobre 1987 : victoire au rallye des Pharaons (Vatanen).
  • Fin 1987 : titre de championne d’Europe de Rallycross pour la T16 Evo 2.
  • 1988 : nouvelle victoire au Paris-Dakar (Kankkunen), ainsi qu’au rallye des Pharaons (Vatanen) pour la 205 Grand Raid. La 205 Grand Raid continue de rouler au côté de la 405 T16.
  • 1989 : Cette dernière s'impose sur de nombreuses épreuves et renouvelle ses exploits à Pikes Peak après une victoire en 88.
  • 1990 : fin de l’aventure pour les 205 T16 et 405 T16.
     

La saga des GTI

Ne manquez aucun épisode de la Saga des GTI sur largus.fr. Retrouvez l’intégralité des sujets en photos et vidéos consacrés aux modèles sportifs iconiques en cliquant sur les liens ci-dessous :

Largus.fr remercie chaleureusement les propriétaires ainsi que L’Aventure Peugeot Citroën DS et le musée Peugeot de Sochaux (Christian Guillaume & Éric Barthelat) pour le prêt des autos et la réalisation de ce dossier sur la Saga des GTI.

Étiquettes
Soyez le premier à réagir
Envoi en cours