Quel impact a eu le confinement sur le trafic routier en France ?
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Quel impact a eu le confinement sur le trafic routier en France ?

Pour ralentir l'épidémie du Covid-19 en France, un confinement très strict a été mis en place. Mais quel a été son impact sur le trafic routier français ? C'est la question à laquelle tente de répondre TomTom, spécialisé dans l'étude des statistiques de circulation en temps réel.

Par Benjamin Defay
Publié le

Le spécialiste de l'analyse des données de circulation routière TomTom a réalisé une étude sur l'impact du confinement lié au Covid-19 dans les déplacements en France.

Cédric Lecocq

Impossible de ne pas le remarquer : la circulation automobile a été pratiquement à l'arrêt pendant près de deux mois lors de ce qu'il est désormais de coutume d'appeler "le Grand Confinement". Depuis la première étape du déconfinement le 11 mai dernier, le trafic reprend doucement mais n'est pas encore revenu à son niveau habituel comme nous le montre l'analyse du spécialiste TomTom.

Le géant de la navigation s'est diversifié depuis plusieurs années, et propose désormais des analyses du trafic grâce aux données qu'il collecte. Celles-ci peuvent provenir de logiciels partenaires installés sur les smartphones des utilisateurs, dans les systèmes embarqués des constructeurs avec lesquels il collabore, ou encore ses propres applications et GPS nomades. Au niveau européen, TomTom annonce d'ailleurs qu'une voiture sur six remonte des données chaque jour. Toutes ces données sont ensuite "anonymisées" pour garantir la confidentialité des utilisateurs.

confinement tomtom
Graphiques montrant l'évolution du trafic sur plusieurs villes françaises : Paris, Marseille, Nice, Bordeaux, Lyon et Lille.

 

Un trafic bien plus faible sur les routes

Les données analysées par TomTom montrent ainsi quel a été l'impact du Covid-19 sur le trafic en France. Et force est de constater que le confinement a été plutôt bien respecté. En effet, dès le 16 mars, les chiffres montrent un véritable décrochage du taux de congestion, c’est-à-dire du temps supplémentaire passé dans sa voiture par rapport à une circulation fluide. Même dans les grandes villes habituellement très embouteillées, la circulation était si faible que les niveaux de congestion étaient négatifs avec près de 80% de moins par rapport à l'année 2019 ou aux semaines précédant le confinement.

paris confinement
Dans Paris, la circulation automobile a été quasiment à l'arrêt pendant les premières semaines du confinement.

Ainsi, le trafic dans les grandes villes françaises a diminué de 60 à 70 %, voire plus. C'est le cas de Paris et de la petite couronne que TomTom a analysé. Trois périodes ont été choisies : la première semaine de confinement (du 23 mars au 29 mars), la première étape du déconfinement (du 11 mai au 17 mai) et la seconde étape (du 1er juin au 7 juin).

La société a remarqué que le taux de congestion dans Paris intramuros et à destination de la capitale depuis les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne avait diminué de 81 à 85 % lors des premiers jours de confinement, par rapport à la semaine témoin du 2 au 8 mars (avant confinement). Ensuite, TomTom remarque sur les deux périodes suivantes que le trafic reprend petit à petit, mais n'est pas encore revenu à son état d'avant-confinement, notamment dans des villes comme Toulon ou Toulouse.

trafic paris confinement
Comparaison du taux de congestion sur trois périodes en fonction d'une semaine-type avant confinement sur Paris et sa petite couronne.
trafic marseille confinement
Comparaison du taux de congestion sur trois périodes en fonction d'une semaine-type avant confinement sur la ville de Marseille.


Vers un changement de nos habitudes ?

Enfin, TomTom note le retour progressif des déplacements sur le week-end, avec les traditionnels bouchons du vendredi soir et du dimanche soir dans certaines régions. Selon la société, les Français retrouvent une certaine liberté de déplacements pour leurs loisirs, mais restent prudents en semaine au maximum en gardant une part importante de télétravail quand c'est possible.

trafic routier confinement
L'analyse de plusieurs grandes villes montre une différence flagrante avant, pendant et après le confinement. Les mois de janvier-février très embouteillés sont en bleu foncé, tandis que la période confinée est en bleu clair et signifie que le trafic est fluide. Depuis le 2 juin il repart doucement.

Ainsi la question légitime que se pose TomTom est la suivante : cette crise sanitaire a-t-elle permis un véritable changement durable dans les comportements et les déplacements des Français ? Cette adaptation du travail et des transports sera-t-elle reconduite par la suite, même lorsque la pandémie sera derrière nous ? En tout cas, la société note que de nombreux aménagements en faveur du vélo sont mis en place et bousculent l'organisation des villes. Il sera maintenant intéressant d'avoir une nouvelle étude dans quelques mois, pour voir comment les comportements auront évolué à partir de la rentrée de septembre.

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