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Questions/réponses

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Quelles raisons poussent les banques à s'appuyer sur la caution des dirigeants pour consentir un prêt à une entreprise ?

La plupart des petites et moyennes entreprises font appel aux banques pour financer leurs investissements, parce qu'elles ont des capitaux insuffisants. Un automarché en SARL au capital de 50 000 F, qui tourne avec un stock de plus de 1 million de francs ne présente aucune sécurité. Une concession en SA au capital de 500 000 F, qui a 2 ou 3 millions d'immobilisations et 1 ou 2 millions de stock n'en a pas plus.

Quels montants de capitaux pourraient être considérés comme normalement suffisants pour une entreprise ?

C'est une question de ratios de bilan. Les capitaux propres doivent financer les besoins permanents de l'entreprise et le risque inhérent à son activité. Les frais d'établissements et les fonds de commerce devraient être financés à 100 %. Les immobilisations corporelles devraient être financées, en fonction de leur durée de vie, et de la proximité de leur renouvellement, au minimum à 50 %, les travaux en cours et le stock minimal, à 100 % moins le crédit fournisseurs. Ces ratios étant grossiers, chaque situation doit être étudiée dans le détail.

Les banques ne devraient-elles pas couvrir le risque d'impayés ?

Ce n'est pas leur rôle. En outre, les taux des prêts n'assurent pas une rémunération suffisante pour la couverture d'un tel risque.

Comment négocier au mieux les garanties d'un prêt ?

Il faut d'abord étudier son propre dossier, analyser la situation, les structures financières et les risques de façon à présenter le meilleur dossier possible. Il est bon ensuite de faire jouer la concurrence entre plusieurs banques afin de négocier les conditions et d'obtenir les taux les plus favorables.

Est-il possible de prendre des mesures au sein de l'entreprise pour réduire les risques liés aux cautions ?

Lorsqu'elles sont prises avant, de nombreuses mesures sont possibles : incorporation au capital des réserves et des comptes courants, réduction des stocks qui tournent peu, cession des immobilisations peu utilisées ou non rentables, recours systématique à la sous-traitance pour ce qui n'est pas la spécialité de l'entreprise, maîtrise, voire réduction, du crédit clients, augmentation du crédit fournisseur, surveillance du compte client.

A posteriori, les mesures sont beaucoup plus difficiles à prendre. Il est rare que les banques acceptent de renégocier les garanties qui leur ont été consenties. En outre, elles acceptent difficilement d'opérer des refinancements. Il est néanmoins parfois possible de le faire à l'occasion de la cession d'une immobilisation importante. On peut alors en profiter pour rembourser les crédits en cours.

La gestion patrimoniale personnelle influence-t-elle la décision de la banque ?

Elle est souvent l'élément déterminant. La stratégie des chefs d'entreprise est trop souvent de favoriser le développement de leur patrimoine personnel, avant celui de l'entreprise, de s'allouer des rémunérations que l'entreprise n'a pas toujours les moyens de payer, plutôt que de développer les capitaux de l'entreprise. Il peut s'agir, par exemple, d'un investissement à titre personnel dans un logement, voire dans des locaux, au travers d'une SCI. Dans ces situations, il est normal que la banque refuse de prendre le risque de soutenir une entreprise que son dirigeant lui-même ne soutient pas.

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