Radars urbains. Du nouveau pour les terreurs des centres-ville
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Radars urbains. Du nouveau pour les terreurs des centres-ville

Même les plus sages des conducteurs peinent à respecter le 30 km/h imposé en ville. C'est dire si l'arrivée prochaine des « radars urbains » est à redouter, d'autant que ces nouveaux matériels de contrôle ont fait un sacré bond technologique. L'argus vous présente ces appareils dernier cri.

Par Pascal Pennec
Publié le

Les radars urbains s'enrichissent de nouvelles fonctionnalités. L'argus fait le point.

Idemia

Les radars dits urbains, vous ne voyez pas trop de quoi il s’agit ? Rassurez-vous, c’est normal. Si une bonne vingtaine de ces nouveaux engins a déjà été déployée dans plusieurs villes de France (agglomérations de Montbéliard et de Montpellier notamment), ce n'est encore que dans le cadre des tests de terrain nécessaires à leur certification officielle ; une étape incontournable avant leur autorisation et la verbalisation possible des conducteurs en infraction.

À LIRE. Radar urbain. Les premiers boîtiers installés en Franche-Comté
 

Deux types de radars urbains

Particularité de ces radars urbains : deux systèmes concurrents vont se partager prochainement le territoire.

  • Dans la moitié nord de la France, selon une ligne horizontale allant grosso modo de La Rochelle à Genève, c’est la société Parifex qui a remporté le marché (associée à Cegelec). Il s’agit du fabricant des radars discriminants, connu pour ses cabines noires cylindriques que l’on croise en majorité sur les grands axes sur-fréquentés par les poids lourds.

  • Dans la moitié sud, le marché est revenu au champion du radar hexagonal Idemia (ex-Sagem Morpho), à qui l’on doit les cabines grises classiques, leur version mobile surnommée « le hibou », certains radars de feux rouges (ceux présents dans le quart sud-est de la France), et surtout le dernier-né des dispositifs fixes : le radar-tourelle de couleur noir et blanc.

Ce radar-tourelle est déjà présent en masse un peu partout en France (près d’un millier en service), puisqu’il a notamment remplacé les nombreuses vieilles cabines grises détruites lors du mouvement des Gilets jaunes.

Le redoutable radar-tourelle.

De son vrai nom Mesta Fusion 2, ce radar pionnier est « multifonction », c’est-à-dire qu'il a été conçu pour constater en même temps plusieurs types d’infraction. Les excès de vitesse et les feux rouges grillés (y compris aux passages à niveau) bien sûr, mais aussi le non-respect des distances de sécurité entre deux véhicules, le franchissement d’une ligne blanche, le non-respect d’une interdiction de tourner ou de circuler sur une voie réservée. Il est également capable de déceler une ceinture non bouclée, un téléphone tenu en main, etc. Enfin, tout cela, c’était ce qui figurait dans l’appel d’offres lancé en 2016 par la Sécurité routière. Mais, en réalité, Idemia n’a jamais fait homologuer une seule de ces fonctions inédites. A contrario, comme prévu, le radar est bien mobile pour pouvoir occuper alternativement différentes cabines sans que l’on sache laquelle flashe (de manière invisible par infrarouges) et laquelle est un leurre.
 

Dans le sud de la France : le Mesta Compact, version urbaine du radar-tourelle

Il était important de rappeler ici toutes ces caractéristiques, car son fabricant a repris la même technologie dans son radar urbain, à la différence près qu’il a tout miniaturisé de manière à rendre ce nouveau dispositif bien plus discret que dans les énormes tourelles. D’où son nom : Mesta Compact. Comme son aîné, le petit dernier de la famille Mesta recourt à un radar Doppler large champ de longue portée (jusqu’à 100 m) associé à un dispositif de prise de vues permettant l’identification et la « discrimination » du véhicule contrôlé (c’est-à-dire évalué d'après son gabarit). Avec ses trois capteurs caméras, il permet le « multi-cible à suivi de trajectoire ». Ce super-radar est ainsi capable de surveiller jusqu’à 126 véhicules à la fois sur cinq files différentes !

Avec ces nouveaux radars urbains, plus besoin de boucles dans la chaussée pour repérer qui grille un feu rouge ou qui commet un excès de vitesse lorsque plusieurs véhicules sont dans le champ de vision : le système de tracking identifie le fautif (repéré ici sur la photo-radar par la flèche bleue).

Mais plus que les grands axes, il a surtout vocation à surveiller le cœur des villes, bien implanté dans sa petite cabine blindée d’apparence très anonyme (voir photo), accrochable sur le mobilier existant (poteaux, candélabres…). Les fonctions contrôle de la vitesse et contrôle des feux rouges (y compris les clignotants pour les passages à niveau) du Mesta Compact étant déjà homologuées, le déploiement de ce premier type de radar urbain dans la moitié sud pourrait physiquement avoir lieu dès le début d’année 2022. Toutefois, on imagine mal les verbalisations débuter si près d’une élection présidentielle ! Pour cela, rendez-vous plutôt après les législatives de juin 2022.
 

Dans le nord de la France : le Nano-Cam, super-laser qui voit tout

Le second modèle de radar urbain, lui, a déjà eu les honneurs des journaux télévisés… Mais c’était au beau milieu de l’été dernier. Fin juillet ont en effet été installées à Montbéliard (Doubs) les premières cabines baptisées Nomad du fabricant Parifex. Si leur aspect visuel était alors dévoilé, peu d’infos avaient filtré sur leurs performances. Aujourd’hui, nous en savons beaucoup plus. Et, autant le dire : le CV du nouveau radar qui l’anime, nommé Nano-Cam, est impressionnant.

À la place d'un classique radar, la cabine Nomad est équipée du Nano-Cam, ce minuscule Lidar 3D (laser à balayage) capable d'identifier et de suivre n'importe quel objet fixe ou mobile.

En fait, il ne s’agit pas d’un classique radar Doppler mais d’un Lidar 3D. Ce laser à balayage par 64 faisceaux est à même de collecter et d'analyser toutes les données qui passent dans son champ, que les objets soient fixes ou en mouvement (les Lidar sont les « yeux » des voitures autonomes). À en croire sa brochure publicitaire, le Nano-Cam peut ainsi détecter en même temps de multiples infractions, sur quatre voies dans les deux sens de circulation, grâce à son système de tracking (suivi des cibles) : vitesse, franchissement de feu rouge, non-respect des distances de sécurité, dépassements dangereux, etc. Il réalise l’identification des véhicules et leur classification (voiture, bus, camion…), mais aussi celle de tout « objet » comme les piétons ou les cyclistes.
 

Le premier système capable de contrôler la distance de sécurité ?

De là à penser que, en plus de la vitesse et des feux, cet engin pourra par exemple sanctionner un automobiliste ayant frôlé de trop près un cycliste ou ayant été surpris dans un couloir à bus… Nous ne connaîtrons la réponse que le jour où il aura décroché sa certification, probablement mi-2022.

Le radar Nano-Cam est ultra-léger (5 kg) et très compact.

Quoi qu’il en soit, L’Argus a déjà pu prendre en mains le Nano-Cam dans sa version mobile sur trépied. Nous confirmons que cet appareil est impressionnant de légèreté (5 kg seulement) et de compacité (22 x 22 x 17 cm). Il pourra donc aisément équiper alternativement les cabines Nomad sans que l’on sache lesquelles seront momentanément des leurres ou pas (d’où son nom). Celles-ci, de dimensions réduites (66 x 47,5 x 32,6 cm) pourront être positionnées depuis le bord de la rue, au milieu ou en surplomb, accrochées à un mât, à un candélabre ou à un bâtiment.

Bref, vous l’aurez compris, pour conduire en ville, il faudra vraiment faire pédale douce !

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