Renault 5 Electric (2024). La recette d'une future star à 20 000 € !
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Renault 5 Electric (2024). La recette d'une future star à 20 000 € !

Séduisante par son style, la Renault 5 Electric devra l'être aussi par son prix. Fabriquée en France, elle entamera sa carrière début 2024 en deçà de 20 000 €. Soit 10 000 € de moins que la concurrence actuelle ! Comment Renault va-t-il s'y prendre pour réussir ce challenge ? Éléments de réponse.

Publié le Mis à jour le

Un mois après sa présentation en digital, nous avons pu approcher la Renault 5. Le pouvoir de séduction de la future star de la marque est indéniable !

Le 14 janvier dernier, dans le cadre de la « Renaulution », la présentation de la Renault 5 Prototype a fait sensation. Ce retour de la citadine des années 1970 n’a pas manqué de faire le buzz sur la Toile. Aujourd’hui, nous approchons, en studio, ce craquant concept-car et nous allons nous intéresser à la suite du programme : la version de série qui rejoindra la gamme début 2024, date de commercialisation du modèle.

À LIRE. Renault 5 Prototype, le concept qui annonce la R5 Electric de 2023


Echo5 : le nom de code de la future R5

Renault 5 Prototype en studio
Placée sous les projecteurs, la Renault 5 Prototype prend parfaitement la lumière.

Nommé en interne Echo5 sous le matricule B1316, ce projet est né des dessins réalisés il y a quelques années par le designer François Leboine, aujourd'hui responsable des concept-cars chez Renault. À l’époque, il travaillait sans cahier des charges précis sur un hypothétique retour de la R5. Laissés en sommeil dans des cartons, ces sketchs crayonnés pour le plaisir ont tapé dans l'œil du nouveau patron italien, Luca de Meo. Et ce, dès son arrivée au mois de juillet 2020 lorsqu'il a découvert tous les projets en cours (et ceux en sommeil) au centre de style. Fort de son expérience avec la renaissance de la Fiat 500, il a vu immédiatement le potentiel de cette pépite qu’est la R5. Rêverait-t-il déjà pour elle d'une success story comme celle de la Mini ?

Renault 5 Prototype en studio
Les paupières basses apportent une touche espiègle à la R5 Prototype. Pas sûr que cela franchisse le cap de la série.
Renault 5 Prototype en studio
Le « nouveau » losange est lumineux. Lorsque l'auto a coupé le contact, il ne reste qu'une forme noire c'est high-tech.

Bâtir le futur en s’inspirant du passé, cela ne s’est jamais vu chez Renault. On se souvient bien en 1996 des belles promesses de la Renault Fiftie, mais elle n’a jamais franchi le cap de la série. Avec cette R5 du XXIe siècle, ce sera totalement différent. Sa devise sera : chose promise, chose due ! Et pour cause, elle sera le vecteur d’une stratégie électrique made in France, proposée à un prix attractif.

En 2024, la Renault 5 Electric sera l'unique citadine électrique de la gamme avec un prix de base inférieur à 20 000 € (hors bonus).

Présentée fin 2023, cette Renault Five E-Tech Electric sera fabriquée à Douai (Nord), puis lancée début 2024 sur le marché. Toutes les planètes seront parfaitement alignées puisqu'elle prendra la suite des Twingo Electric et Zoe à cette date.

 

Une R5 10 000 € moins chère que ses rivales !

Peugeot e-208
Rivale de la future R5 Electric, la Peugeot e-208 a un prix de base de 32 100 €.

Au mois de décembre, face au personnel Renault, Luca de Meo avait annoncé la couleur : « Nous devons nous concentrer sur la plate-forme CMF-B EV pour développer sur le segment B une gamme de véhicules électriques emblématiques et rentables, fabriqués en France avec un prix de base de moins de 20 000 €. C’est un projet unique en Europe que de nombreux constructeurs vont nous envier ! » C’est dire le poids qui pèse déjà sur les épaules de la future R5 ! Dès lors, comment Renault va-t-il pouvoir abaisser le prix de vente de l’auto ?

Aujourd’hui, sur le segment B, les rivales de la future Renault R5 Electric franchissent toutes allègrement la barre des 30 000 € (hors bonus). Comptez 32 100 € pour une Peugeot e-208, 32 300 € pour une Renault Zoe R110 (34 600 € pour la Zoe R135) et 35 000 € pour une Honda e.

Renault Electric
La Renault Twingo Electric débute à 21 350 €

Et même, si l’on descend d'un étage, chez les citadines électriques du segment A, le compte n’y est toujours pas. Elles sont toutes vendues à plus de 20 000 €. Si la Twingo Electric démarre juste au-dessus de 21 000 €, il faut tabler sur un peu plus de 23 000 € pour acquérir une Volkswagen e-up!, tandis que l’entrée de gamme de la Fiat 500e est déjà positionnée à 24 500 €. 

 

Plate-forme, batteries, moteurs : le trio de choc pour réduire les prix !

plateforme technique CMF/B de la Renault Clio 5.
La plate-forme technique CMF/B de la Renault Clio 5.

Pour résoudre cette équation économique qui semble insoluble, Renault va actionner trois leviers. Comme l’a annoncé Luca de Meo, cela commence par l’emploi d’une plate-forme technique qui sera rapidement amortie : la CMF-B de la Renault Clio 5. Elle sera produite à 3 millions d’unités chaque année, contre 700 000 pour la nouvelle base CMF-EV dédiée aux véhicules électriques. Elle permettra de résoudre en partie l'équation économique, surtout que cette version réutilisera le maximum de pièces de la CMF-B ; ce que l'on appelle dans le jargon des constructeurs le « carry over », dixit Gilles Le Borgne (patron de l'ingénierie).

À LIRE. La Renault Mégane Electric (2022) défiera la Volkswagen ID.3

Renault 5 Prototype en studio
L'épaisseur du bas de caisse qui donne à la R5 Prototype de faux airs de SUV est justifiée par la présence des batteries dans le plancher. C'est incontournable.

Mais le plus gros poste de coût demeure la batterie. Pour le réduire, Gilles Le Borgne nous a confié qu'il étudiait d'autres chimies et que le pack, le système de refroidissement… seraient optimisés au maximum. Tout en ajoutant qu'il avait découvert à son arrivée en janvier 2020 un véritable savoir-faire en matière de R&D sur les véhicules électriques chez Renault. Selon nos informations, ce dernier choisirait une batterie Lithium-Fer-Phosphate (LFP) moins onéreuse.

Renault utilisera une autre chimie pour les batteries de la R5 Electric

À l’instar de la voiture, la batterie de la future R5 Electric sera fabriquée dans le nord de la France, à proximité de l’usine de Douai, afin de réduire les coûts de la logistique. Produit à Cléon, le nouvel électromoteur sera lui aussi dimensionné en fonction de ce cahier des charges drastique. Il s'agira de la machine électrique à double bobinage de la Renault Mégane Electric, mais dans une version simplifiée. Une technologie favorisant le rendement du moteur et, par voie de conséquence, l'autonomie sans avoir recours à (trop) de kilos de batteries. Gilles Le Borgne se refuse à avancer un chiffre pour l'autonomie mais indique qu'« elle sera d'un bon niveau ». Selon lui, « l'une des conditions de la démocratisation de l'électrique demeure le prix ». Ainsi, la R5 ne fera pas la course à l'autonomie, et son rayon d'action estimé devrait se situer dans les 200 à 250 km. 


Et aussi une R5 huppée à 30 000 € !

Renault 5 Prototype en studio
À l'époque, la réclame qualifiait la R5 de « Supercar ». Son héritière du XXIe siècle reprendra-t-elle ce sobriquet ?

Mais réduire les coûts ne sera pas tout. Nous vous le disions plus haut, en 2024 la Renault Zoe partira en retraite, et Renault ne devra pas laisser cette clientèle sur le bord du chemin. C’est pourquoi la R5 Electric aura plusieurs cordes à son arc. Son offre devrait s’étoffer de finitions supérieures facturées jusqu'à 30 000 € (hors bonus). Finalement, comme la Renault 5 originelle qui durant sa longue carrière (1972-1985) fut déclinée sous une multitude de versions (L, TL, LS, TS, GTL ou encore TX).

Une Renault 5 Alpine Line pourrait enrichir la gamme de la R5 Electric.
Une Renault 5 Alpine Line pourrait enrichir la gamme de la R5 Electric.

En outre, il n’est pas farfelu d’imaginer une Renault 5 Electric portant une griffe Alpine Line, qui ferait alors référence aux Renault 5 Alpine et Alpine Turbo des années 1980. De quoi faire la passerelle entre les gammes Renault et Alpine – lorsque la griffe RS Line aura disparu – avec un produit au capital sympathie indéniable. De son côté, la marque Alpine étoffera son catalogue à l’aide d’un modèle d’accès, mais dont l’apparence n’aura rien à voir avec celle de la Renault 5 Electric. Cette « petite » Alpine reposera elle aussi sur la plate-forme technique CMF-B EV, mais elle disposera d'un moteur logiquement plus puissant et de batteries de plus forte capacité.

À LIRE. Design Alpine. La vision du futur par le directeur du style

Ainsi, depuis la R5 Electric de base jusqu’à la « petite » Alpine, le groupe Renault couvrira, à partir de 2024, un spectre plus large qu’il ne le fait actuellement avec le duo Twingo Electric/Renault Zoe. Puis, en 2025, une proposition parfaitement complémentaire, la Renault 4Ever (nom de code du projet qui ne sera pas forcément celui du modèle de série), bâtie sur la même base technique que la R5, viendra en renfort. La 4Ever n’évoquera que subtilement la 4L et pourrait aussi faire référence à la Twingo première du nom. Car si le modèle s'apprête à quitter le catalogue en 2024, le patronyme Twingo lui restera, nous dit-on chez Renault. Cet engin aussi ludique que pratique, plus petit en gabarit qu’un Renault Captur (4,21 m), devrait prendre la forme d’un crossover à vocation également un peu utilitaire. Tout pour plaire !

À LIRE. Renault Twingo. Ne l'enterrez pas trop vite !
 

Voici la future R5 Electric de 2023 !

illustration Renault 5 Electric 2023
La Renault 5 Electric de 2023 telle que nous l'avons imaginée après avoir recueilli les confidences de Gilles Vidal, le nouveau patron du style Renault.

En attendant de voir la « vraie » Renault 5 Electric qui sera dévoilée fin 2023, nous avons eu l’occasion d’échanger avec Gilles Vidal, le nouveau directeur du style de Renault, ce qui nous a permis d’imaginer cette illustration. S'il n'est pas à l'origine de la Five, charge à lui d'accoucher de la version de série. La crainte serait que cette dernière ne soit pas à la hauteur du Prototype. À cela, il répond le sourire aux lèvres qu'il est confiant sur le modèle qui sortira en 2024. 

À LIRE. Renault. La R5 Prototype expliquée par Gilles Vidal, chef du design
 

illustration Renault 5 Electric 2023
La Renault Electric de série qui découlera du concept R5 Prototype aura des poignée de porte à l'avant et des rétroviseurs plus imposants.

La R5 Electric de série capitalisera sur le style de la R5 Prototype. Une bouille joviale et craquante jouant subtilement sur la nostalgie mais ayant l’intelligence de marier plusieurs influences (Renault 5, Supercinq et Renault 5 Turbo) afin de séduire le plus large public possible dans l’Hexagone comme hors de nos frontières. Elle conservera un format de 4 m de long et une silhouette à 5 portes dont les poignées arrière sont intégrées à la custode comme sur la Clio 5 ou la Renault Zoe. Le diamètre des roues (19” sur le concept) devrait être réduit. En revanche, la hauteur de la cabine ne changera pas en raison de l’implantation des batteries dans le plancher. Et, dans le détail, elle délaissera les élégants rétroviseurs effilés pour adopter des modèles de taille conventionnelle. 

illustration Renault 5 Electric 2023
La Renault 5 Electric ira-t-elle jusqu'à remonter sa plaque sur le hayon comme la R5 originelle ?

Nous avons volontairement appuyé sur la ressemblance avec la R5 au niveau des phares, de la calandre, mais aussi de la plaque d'immatriculation, positionnée sur le volet de hayon. Les designers de Renault pousseront-ils aussi loin le curseur en direction de la R5 originelle ? Ils sont actuellement en train d’esquisser l’habitacle de l’auto en explorant plusieurs pistes faisant référence aux différentes planches de bord du modèle.

Renault 5 Prototype en studio
Pas de doute, la version de série bénéficiera bien de tout l'arsenal digital digne d'une auto moderne.

Rien n’est figé, il est néanmoins acté que la Renault 5 Electric disposera de tout l’arsenal numérique que la clientèle est en droit d’attendre et que son mobilier fera quelques références à celui de son aïeule. Bien qu'il faille serrer le prix de fabrication, Gilles Vidal assure que l'habitacle sera tout sauf fade et disposera d'éléments esthétiques forts. Tout en précisant que l'argent sera davantage investi à l'avant qu'aux places arrière, peu utilisées sur une citadine. Vivement 2024 !

À VOIR. Gilles Vidal, patron du style Renault, répond aux lecteurs de L'argus

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pemmore Le 01/06/2021 - 16:10
Je trouve assez joli le concept, ce qui est rare chez Renault iil faut l'avouer, Renault avec la mégane électrique a 15 ans d'avance sur les autres, il ne part pas de rien. pour la r4 bis, une seule chose importante en province: un plancher plat! on veut pas du luxe, des coffres électriques etc, un plancher plat, des sièges qui se rabattent, et pourquoi pas l'attelage en cadeau. Combien de milliers de fourgonnettes r4 qui roulent encore?
Alain 65 Le 11/02/2021 - 14:20
BRAVO ! Refaire vivre un modèle qui a connu d'immenses années de succès est très d'à propos. Un très grand nombre de "cinquistes" ont énormément regretté la disparition de ce modèle. Et au 21 ème siècle elle a un avenir immesurable. Elle possède un concept toujours novateur et même ceux qui n'ont pas eu le privilège de la conduire dans les années 70, vont connaître des sensations nouvelles ........... SUPER !
Bernardet Le 11/02/2021 - 10:06
Je ne vois aucun intérêts à ressortir des modèles d'il y a quarante ans!!! La seule chose positive est quelle sera fabriquée intégralement en France,et son prix sera lui enfin abordable...
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