Le haut de gamme de Renault sera coréen

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Le haut de gamme de Renault sera coréen

Dans l'indifférence presque générale, la Renault Vel Satis sera bientôt remplacée par la Latitude. Une adaptation d'un modèle déjà commercialisé en Corée : la Samsung SM5. La stratégie du clonage s'élargit.

L'originale Vel Satis à toit haut perché (1,58m) a connu un cuisant échec : 62 201 exemplaires produits alors que la Safrane avait atteint les 310 000 unités. Un constat sans appel. Au point de quitter, doucement, le marché en début d'année, sans faire la jonction avec sa remplaçante.

La discontinuité n'est pas une nouveauté quand il s'agit du haut de gamme de Renault. La Safrane a achevé sa carrière en août 2000, alors que la Vel Satis n'est arrivée sur le marché qu'en janvier 2002. Et que dire des quinze années séparant la Frégate de la R30

Sans prise de risque


Pour les constructeurs hexagonaux, le segment des grandes routières est en crise. Le cumul des ventes 2009 des Citroën C6 (888), Peugeot 607 (1 118), et Renault Vel Satis (1020) n'atteint pas les 4 429 exemplaires de Mercedes Classe E écoulés en 2009.

Renault, échaudé, n'a pas voulu prendre cette fois le moindre risque : la Samsung SM5, déjà commercialisée en Corée depuis le début d'année, fera l'affaire.

Un losange apparaît sur l'imposante calandre, le bouclier avant est remanié : ainsi la Samsung SM5 devient Renault Latitude.

Talisman, du nom du concept car à moteur V8 présenté au Salon de Genève en 2001, était pressenti, mais cette dénomination, pourtant censée conjurer le mauvais sort, n'évoquait rien de concret à la clientèle de la marque.

Aujourd'hui, Renault demeure discret sur la gamme et les différents équipements. Mais, parmi les incontournables du haut de gamme, figurent déjà les projecteurs adaptatifs et directionnels au xénon, les feux arrière à diodes, le toit vitré, l'ionisateur d'air bi-mode avec deux diffuseurs de parfum, l'air conditionné tri zones, le siège du conducteur massant, le système audio Bosch Premiun, et, bien entendu, la carte mains libres.

Cerise sur le gâteau


La Samsung SM5 connaît déjà un franc succès en Corée. Au pays du matin calme, 40 000 exemplaires ont trouvé preneurs en trois mois.

Au mieux de sa forme, la Vel Satis s'est, quant à elle, écoulée à 12 068 exemplaires durant sa première année pleine (2002) sur le marché français, les ventes n'ayant de cesse de diminuer les années suivantes.

Renault est donc parfaitement conscient que le succès de son futur haut de gamme sera nettement plus mesuré en Europe occidentale, que dans d'autres régions du monde, plus friandes de ce type de berlines.

Le marché coréen est saturé et dépasse son point mort, au-delà duquel toute vente ne sera que bénéfice pur.

Ainsi, même si l'on tient compte du coût de transport depuis la Corée, toute vente de Latitude sera un plus pour Renault et devrait générer une confortable marge.

L'ambition du constructeur est davantage d'investir les marchés du Moyen-Orient et d'Europe de l'Est (la Latitude sera présentée en première mondiale au Salon de Moscou, fin août), pour lesquels le logo Renault est un gage de qualité, plutôt que de tenir une place de choix en Europe occidentale.
 

Le bon label


Les doublons Renault/Samsung (la marque appartient à l'Alliance Renault Nissan) deviennent de plus en plus communs. La Fluence  qui prend le relais de la Mégane Classic (variante à coffre de la Mégane) n'est qu'une Samsung SM3 revisitée. Par ailleurs, les propriétaires de Renault Koleos savent-ils tous que leur 4 x 4 est identique au Samsung QM5 distribué en Corée ?

Renault est coutumier de la distribution d'un modèle sous le badge qui semble le plus approprié au marché ciblé. Ainsi, la Dacia Logan est baptisée Renault Logan en Russie, tout comme la Dacia Sandero est vendue sous une calandre Renault au Brésil, la Clio III n'y étant pas distribuée. La confusion entre les deux autos est impossible.

Une stratégie qui fonctionne à merveille lorsqu'il s'agit de marchés distincts, et qui permet d'accroître la rentabilité. Les constructeurs américains, qui ont fait l'inverse (vendre une même voiture sous deux labels distincts), en font aujourd'hui les frais : Mercury filiale de Ford disparaît.

Voilure réduite


Un temps envisagé, un projet nettement plus ambitieux pour le haut de gamme Renault et développé sur base d'Infiniti (la division luxe de Nissan), lequel aurait misé sur un moteur V8 longitudinal et une transmission aux roues arrière, afin de concurrencer, les constructeurs allemands, a été abandonné.

En effet, les temps actuels ne sont plus à la démonstration de force. La maîtrise de coûts pour Renault et surtout la volonté de ne pas marcher sur les plates-bandes d'Infiniti, qui commence à peine à se faire une réputation en Europe, ont convaincu Renault de réduire la voilure.
 
Commercialisation en fin d'année
- Moteurs à essence de 140 à 205 ch
- Moteurs diesels de 130 à 285 ch
- A partir de 32 000 € (estimation) 

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