Renault. Les grands axes de la Renaulution
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Renault. Les grands axes de la Renaulution

Jeudi 14 janvier, Luca de Meo annoncera son plan de bataille pour les quatre marques du groupe Renault (Alpine, Dacia, Mobilize et Renault). Renaissance de la R5 (ou Five en anglais) en version électrique, futures Alpine..., voici les grands axes de sa stratégie pour redorer le blason.

Par Pierre Vignal
Publié le Mis à jour le

Lors de sa présentation "Renaulution", le Groupe Renault a présenté un concept de Renault 5, un gros SUV Dacia, le remplaçant du Twizy et la livrée de la future Alpine F1.

luca de meo parcours professionnel

Luca de Meo lors de la présentation Renaulution, le 14 janvier 2021.

Remettre Renault à la place qu’il mérite. Le chantier pour le patron du groupe Renault est gigantesque, avec en toile de fond la nécessité de sortir la marque au losange « des urgences », dixit un syndicat. Jeudi 14 janvier, le patron Luca de Meo a annoncé sa feuille de route, qui a pour ambition de réduire des coûts, privilégier la profitabilité aux volumes, assurer la transition vers l’électrification complète de la gamme à l’horizon 2030 et préserver le leadership européen sur les véhicules électriques face à Volkswagen. Le groupe s'est aussi réorganisé en quatre marques phares (Renault, Dacia, Alpine, Mobilize), et un produit sera dévoilé pour chacune d’elles à cette occasion. Après en avoir brossé le portrait au mois d’octobre, il a dévoilé les différents traits de sa stratégie, dont voici les grands axes.

Vendre moins, mais plus cher

Pour sortir les comptes de l’entreprise du rouge, Luca de Meo va s’inspirer de la méthode de Carlos Tavares à son arrivée à la tête de PSA. Cela sous-entend d'adapter l’appareil industriel à la demande (en réduisant la capacité) et non l’inverse afin d’éviter la surproduction. But recherché : vendre les véhicules plus cher et éviter de les brader chez les concessionnaires pour écouler les stocks. Cela aura aussi pour effet d’améliorer leur valeur résiduelle à la revente. Un travail dont Seat (marque qu’il présidait jusqu’en 2019) tire aujourd’hui les fruits grâce à la hausse du panier moyen de vente des véhicules. Mais encore faut-il avoir les produits pour le faire. Le patron italien a rapidement cerné le principal problème, à savoir la compétitivité des modèles du segment C (Mégane, Scénic et Kadjar). Le nouveau Kadjar, prévu au printemps 2022, incarnera la montée en gamme de la marque grâce à un design alléchant et à une qualité perçue supérieure, deux ingrédients du succès du Peugeot 3008.

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Accélérer l’électrification et rivaliser avec Volkswagen

renault megane electrique et Volkswagen ID3

La future Mégane Electric rivalisera avec la Volkswagen ID 3.

Pionnier du véhicule électrique et leader en Europe, Renault voit débouler dans ses rétroviseurs Volkswagen qui, après le lancement de l’ID.3, poursuivra son offensive en 2021 avec les ID.4 et ID.5. Le constructeur français répondra par le lancement fin 2021 de la Mégane Electric, puis par un SUV familial (sur la base du Nissan Ariya) fin 2022.

R5 electrique
Une R5 de retour dans la gamme Renault ? Oui, c'est le souhait des dirigeants qui lui grefferont un moteur électrique.

Il veut surtout couper l’herbe sous le pied de son rival allemand sur le segment des citadines du segment B en misant sur le retour de véhicules iconiques que sont les 4L et R5 (Five en anglais). Les deux devraient être produites sur une nouvelle plate-forme électrique (dans une version de 4 m de long) et probablement dans le centre d’excellence électrique de Douai. La R5 du futur pourrait même prendre la suite de la Zoe en 2024. Luca de Meo souhaite ainsi refaire le coup de la renaissance de la Fiat 500 à laquelle il a largement œuvré lorsqu’il portait les couleurs du constructeur italien. Le groupe s’appuiera aussi sur sa technologie hybride E-Tech, qu’il déploiera sur une grande partie de ses modèles, ainsi que sur l’hydrogène pour ses véhicules utilitaires, fin 2021, grâce à la coentreprise créée avec l'américain Plug Power.

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Le haut de gamme pour Alpine

Outre la réduction des effectifs (15 000 postes), des économies de 2 milliards d'euros et la fermeture ou reconversion de certains sites (notamment Flins, dans les Yvelines), le groupe Renault va réduire la diversité de ses modèles en abandonnant le haut de gamme déficitaire. Exit l’Espace, la Talisman et le Koleos (qui sera remplacé par un grand Kadjar à 7 places en 2022-2023). Le Scénic passera aussi à la trappe, lui qui n’est plus disponible qu’en version à essence. Luca de Meo définit clairement Alpine comme le porte-drapeau du groupe Renault.

Alpine garage de reve electrique
Le garage de rêve selon Alpine. Il ne renferme QUE des voitures électriques !

Au programme figurent un SUV électrique (projet PZ110) et deux autres véhicules électriques dont une A110 électrique développée conjointement avec Lotus. Le visuel publié par la marque lors de la conférence de presse peut nous laisse à croire que le retour d'une R5 Alpine est envisagé. Mais ce ne sera pas le cas, découvrez pourquoi en cliquant sur le lien ci-dessous.

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En revanche, une version Alpine de la Mégane Electric pour remplacer la Mégane RS, qui disparaîtra en 2023, est évoquée. Alpine a confirmé que tous les produits de la marque seraient à l'avenir 100% électrique. Enfin, revirement de dernière minute, le capitaine de la marque dieppoise, Cyril Abiteboul a quitté le navire au profit de Laurent Rossi, qui était déjà dans le sérail du groupe.

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Une vraie place pour Dacia

Dacia SUV 7 places hybride

Voici à quoi pourrait ressembler le futur SUV 7 places de Dacia, selon nos informations.

La marque roumaine est l’une des satisfactions puisqu’elle se porte bien. Luca de Meo souhaite lui donner une autre dimension afin qu'elle ne soit plus considérée comme la petite marque low cost du groupe. Cela passera par une offensive produit en 2021 : nouvelle Sandero, Spring Electric, Duster restylé et SUV à 7 places (remplaçant du Lodgy). En 2025, le constructeur ira même plus loin avec la commercialisation d'un SUV encore plus imposant présenté sous la forme du Dacia Bigster concept. Il s'agira d'un proche cousin du futur Lada Niva, officialisé à l'occasion de la conférence de presse « Renaulution ».

Dacia Bigster concept
Dacia Bigster concept
Lada Niva Vision
Lada Niva Vision

L'émancipation de Dacia passera aussi par une identité visuelle qui lui sera propre. Un nouveau logo a été d'ailleurs été dévoilé. Ainsi, les modèles Dacia vendus par Renault sur les autres marchés (Russie, Amérique du Sud…) ne changeront pas simplement de logo mais disposeront d’un style différent. 

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Place à la mobilité

Seat Minimo quadricyle electrique
Seat Minimo

Quatrième marque du groupe, Mobilize proposera des objets de mobilité. Sa directrice, Clotilde Delbos, aura sous sa coupe une équipe R&D et un responsable du design pour développer les produits. Luca de Meo applique la recette mise en place chez Seat, qui lancera en février un scooter électrique et qui a dans les cartons la Minimo, une Twizy à la sauce catalane. A propos du célèbre quadricycle Renault, il sera remplacé en 2023 par l'EZ 1. Le concept est le même. L'engin dispose de deux sièges en tandem. A la différence du Twizy, il dispose de portes vitrées et de batteries remplaçables facilement. Une berline sera également proposée en autopartage ainsi que la citadine Dacia Spring.

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Renault Twizy quadricyle electrique
Renault Twizy
Mobilize EZ 1 prototype
Mobilize EZ 1 prototype
 

 

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patricepimoulle018 Le 05/02/2021 - 13:48
Pour vendre plus cher, il faut faire mieux. Il est plus facile de faire mieux pour un constructeur qui a l'experience du haut de gamme que pour celui qui ne l'a pas. On parle trop de l'electricite pour que ce ne soit pas suspect; tout ceci finira mal, les industriels qui font ce que ministre leur dit de faire iront a la faillite et le contribuable paira. Pas de probleme, on pourra emprunter a l'exterieur.
Dunaze Le 14/01/2021 - 14:05
Celui qui a trouvé un nom aussi débile : "Renaulution" a dû réfléchir longtemps pour le trouver !
Alain 65 Le 14/01/2021 - 13:54
Eh bien, cela promet chez RENAULT ! Par contre, il serait très prudent de fabriquer de nouvelles et innovantes voitures diesel pour les grands rouleurs qui sont très nombreux, sous peine de se priver d'un énorme marché au profit d'une concurrence voisine.
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