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René Miellot Manager Consultant du cabinet de recrutement automobile CARE

René Miellot Manager Consultant du cabinet de recrutement automobile CARE

«Le recrutement technique de première ligne était délaissé, nous avons décidé d’occuper ce créneau». Le cabinet CARE (Conseil Auto Recrutement Evolution) s’est créé en 2001 à Paris à l’initiative du PDG actuel, Armand Florindo. Il compte une agence à Marseille et vient d’inaugurer un concept de recrutement mobile, adapté à l’air du temps. Il recrute pour de grandes marques, des concessionnaires. A l’heure où l’horizon du secteur automobile s’assombrit à nouveau, il livre son diagnostic du recrutement des mécaniciens et techniciens.
  
Quel regard portez-vous sur l’emploi technique à partir de votre expérience ?
Au risque de paraître défaitiste ou alarmiste, je dirais qu’elle est déses-pérante, presque catastrophique. J’exclus l’emploi féminin. Les postes étant à dominante administrative ou bureautique, ils trouvent les compé-tences requises. La situation est bien différente pour l’emploi masculin. Plusieurs raisons expliquent ce marasme et parfois elles se combinent. Côté candidats, de nombreux jeunes qui sortent de formation n’affichent pas le niveau technique, même en pure mécanique, nécessaire aux pannes et réparations actuelles. Surtout, ils n’affichent pas le souci d’investissement, la motivation que requiert cette période difficile, ils refusent parfois la soumission à la hiérarchie. Cette carence n’est pas surprenante. Elle prouve, une fois de plus, que beaucoup de jeunes choisissent cette voie par défaut et que le métier pâtit toujours d’une piètre considération. Il faut y ajouter un degré d’obsolescence de certains supports scolaires : faute de moyens, des élèves ont travaillé sur des véhicules de génération passée et ne peuvent appréhender les incidents des véhicules “high tech”. Les employeurs, eux, recherchent des techniciens-diagnosticiens qui prennent en compte un incident de A à Z, donc qui puissent mêler mécanique et technique. Or, les jeunes “tech-diag” veulent se cantonner au diagnostic et répugnent, selon l’expression consacrée, à mettre les mains dans le cambouis. Sans compter que certains jeunes préfèrent se contenter des marchés parallèles, comme, par exemple, l’achat à bas prix de véhicules aux enchères qu’ils réparent et remettent sur le marché de l’occasion pour une rémunération plus avantageuse que celle que les employeurs leur consentiraient.

 

Si le marché des diplômés ne fournit pas les candidats recherchés, comment parvenez-vous à trouver les compétences requises par vos clients ?
Par l’approche directe, la chasse, comme nous en avons fait l’illustration de notre web avec le symbole du guépard ! Nous faisons un travail d’investigation de fourmi pour dénicher et recruter les collaborateurs compétents. Nous écoutons ce que nous rapportent les professionnels avec lesquels nous sommes en relation, nous sommes aux aguets du moindre indice qui peut nous signaler un bon profil quelque part. Nous nous déplaçons sur le terrain pour approcher les candidats de valeur. Alors que ce n'était pas le mode de recherche de cette catégorie de salariés, nous sommes contraints nous aussi d'agir en chasseur de têtes. Notre deuxième approche est de nous focaliser autant sinon plus sur la personnalité du candidat et, si nous le présentons à nos clients, nous les invitons à sonder également cet aspect afin qu’ils soient sûrs d’embaucher l’employé capable de servir les valeurs qu’ils recherchent : amour du métier, qualité, sens du service. Et, puisque les compétences ne sont plus directement à proximité, nous jouons nous-mêmes la mobilité et allons recruter en province. Au lieu de créer d’autres agences fixes en région, nous avons instauré une sorte de cabinet mobile. Lorsque nous avons détecté un certain nombre de candidats et bouclé le planning de rendez-vous, un de nos consultants se déplace dans la région . Nous allons vers les postulants plutôt qu’ils viennent vers nous, comme classiquement. On joue la carte de l’excellence en allant chercher les perles rares.
    
Votre vision est noire, pessimiste. Comment le secteur peut-il s’en sortir ?
Ma vision est noire mais elle n’est que le reflet objectif de la réalité. Elle ne résulte pas d’un jugement mais est simplement le fruit de nos évaluations d’individus. Le contexte et l’avenir immédiat ne concourent pas à l’opti-misme. Les concessionnaires sont pressurés par les marques et doivent rogner sur tous les postes, ce qui, forcément, a une incidence sur l’emploi et l’attractivité des postes. Les constructeurs, pour tenter de préserver leurs parts de marché, continuent de se polariser sur leur marque, leur notoriété alors que les clients attendent un service de proximité sans cesse plus performant et réactif. Cela d’autant qu’à la différence d’il y a encore une dizaine d’années, ils sont volages et n’ont pas d’état d’âme à quitter leur marque habituelle pour une autre s’ils ne trouvent pas cette attention et ce service.
Web : www.cabinet-care.com

 

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Commentaires
abdesslamdibbou975

Je me tiens à votre disposition afin d'aller plus loin dans cet échange et vous prie d'agréer l'assurance de ma considération respectueuse. Cordialement Abdesslam DIBBOU

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