Rouges de colère
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Rouges de colère

Avec respectivement 180 ch et 172 ch, ces petites compactes sont des énervées du bitume. Si l'Ibiza est une excitée du chronomètre, la Clio affiche une plus grande maîtrise de ses nerfs.

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La Seat Ibiza s'offre une fin de carrière explosive. A quelques semaines de son remplacement, elle déboule dans une surpuissante version Cupra R au caractère inédit. Un modèle qui sera distribué à quelques centaines d'exemplaires. Tout le contraire de la Clio RS qui s'inscrit durablement dans la gamme Renault, avec plusieurs milliers de ventes à la clé.

Si leur philosophie commerciale diffère, ces deux modèles croisent le fer : même gabarit, même énergie débordante, même style agressif et même cible, les conducteurs à la recherche d'une sportive musclée. Face au 1.8 turbo de 180 ch que l'Ibiza emprunte à l'Audi TT, la Clio oppose un gros moteur de 2 l et 172 ch. Cette puissance fait de la Renault une véritable bombinette, capable de flirter avec les 200 km/h. Si le rapport de forces est équilibré en accélération, les reprises de la Seat sont beaucoup plus consistantes, et elle dépose littéralement la Clio en vitesse de pointe. Outre le fait de transformer l'Ibiza en avion de chasse, le 1,8 l turbo fait preuve d'un agrément de conduite de première classe. Dans les bas régimes, il fait valoir une grande souplesse grâce à son couple généreux, et il émet une belle sonorité à l'échappement. Du répondant, la Clio 2.0 RS n'en manque pas. Elle est suffisamment alerte entre 2 000 et 3 000 tr/min pour s'inscrire énergiquement dans la circulation. A cette allure, l'agrément de conduite est, hélas, altéré par une boîte qui accroche et la sonorité banale du moteur. Il faut tirer les rapports vers les hautes sphères du compte-tours pour que le 2.0 exprime une rage toute métallique.

Honnêtement, vu l'âge de la voiture et la fougue du 1,8 l turbo, on craignait pour l'homogénéité de l'Ibiza Cupra R. Les excellents pneus à taille basse Pirelli PZero, l'amortissement affermi, la caisse rabaissée et les voies élargies font cependant des miracles. Attention, il ne s'agit pas de signer un chèque en blanc sur le comportement de l'Ibiza. Les importants effets de couple dans le volant à l'accélération, la motricité imparfaite et le manque de stabilité en freinage d'urgence montrent que la greffe n'est pas idéale.

Néanmoins, l'Ibiza n'est jamais piégeuse. Son essieu arrière reste à sa place en toutes circonstances, et l'on peut compter sur un freinage mordant. Seuls griefs, le roulis est assez prononcé, et la direction manque de précision. Surtout face à la Clio, dont c'est le point fort.

Plus que son train avant incisif, la petite Renault épate par sa faculté à mener grand train avec décontraction. Les roues avant sont rarement débordées par l'ardeur du moteur, et le freinage est stable. En virage, la caisse se cale bien sur ses deux essieux et enroule sans broncher. Toutefois, certaines réactions - surprenantes - de l'ABS ont exagérément rallongé la distance de freinage.

Les deux voitures disposent de l'antipatinage et, on s'en doute, celui de l'Ibiza est bien plus sollicité, surtout quand la route est mouillée. La Seat dispose également de l'ESP - déconnectable -, mais il faudra rouler fort avant d'avoir recours à ses services. La Clio se passe aisément de cet équipement grâce à sa formidable assise. Renault l'installera toutefois en série sur cette RS au cours du premier trimestre de 2002.

La Clio et l'Ibiza prouvent que les voitures sportives peuvent aussi recevoir une dotation généreuse. Climatisation automatique, système audio, quatre airbags, ABS, sellerie en cuir et tissu, vitres électriques, condamnation centralisée à distance... elles font le plein d'équipement. La Renault se distingue en plus par l'allumage automatique de ses projecteurs au xénon et son capteur de pluie.

Les conducteurs de ces petites sportives ont beau privilégier le comportement et les performances, ils en attendent aussi un minimum de confort. En ce sens, la Clio propose un siège baquet plus confortable, une meilleure habitabilité et une finition de bonne facture. Surtout, sa suspension n'est pas aussi sautillante que celle de l'Ibiza. Seule ombre au tableau, le manque de réglage vers le bas du siège du conducteur fait que l'on est mal installé au volant de la Renault. La position de conduite de l'Ibiza est également critiquable, mais c'est surtout la fermeté du siège baquet et la sécheresse de la suspension qui dégradent la vie à bord... ou qui l'embellissent si l'on est un fanatique des GTI pures et dures.

La Clio RS reste donc reine dans sa catégorie. Face aux intéressants arguments de la Cupra R, elle fait valoir une homogénéité et une efficacité routière à toute épreuve. Surtout, à 21 549 E, son prix ne gâche en rien la fête, alors que, à 24 390 E, celui de la Cupra R est exagéré.

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