Sécurité Routière. Le « tout radars » serait coûteux et inefficace
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Sécurité Routière. Le « tout radars » serait coûteux et inefficace

La Cour des comptes fustige le Gouvernement sur sa politique de sécurité routière, estimant que la focalisation sur la vitesse et les coûteux radars ne suffisent plus à progresser. Elle plaide pour une stratégie plus globale, et plus collaborative entre les différentes administrations compétentes.

Par MaxK
Publié le Mis à jour le

La multiplication des radars aurait atteint les limites de son efficacité.

Cour des comptes

La Cour des comptes, dont la mission est de s’assurer que l’argent public n’est pas dépensé en vain, s’est penchée sur l’efficacité de la politique nationale en matière de sécurité routière. Et selon elle, l’action essentiellement répressive axée sur la vitesse et les comportements des conducteurs, renforcée depuis les années 2000 avec la mise en place puis la multiplication des radars automatiques, a atteint les limites de ses bénéfices en termes de sûreté des routes dès 2013. Depuis, l’accidentologie évolue sur un plateau d’après la Cour. Pandémie et confinements obligent, les chiffres de 2020 n’ont pas été pris en compte.

radar automatique
L'ère du "tout radars" et de la priorité aux contrôles automatisés a-t-elle fait son temps ?

À LIRE. Sécurité routière. Un bilan 2020 record dans un contexte particulier
 

Pas de progrès significatifs depuis 2013

Entre 1972 et 2018, la mortalité routière annuelle en France a chuté continuellement pour passer de plus de 18 000 victimes à moins de 3 500. Cette période a vu apparaître les ceintures de sécurité obligatoires, les limitations de vitesse, de nouvelles infrastructures routières, des améliorations considérables de la sécurité offerte par les véhicules tels que les airbags ou les structures déformables, des réglementations concernant l’alcool au volant, sans oublier les radars divers et variés.

Mortalité routière million habitants
Le nombre de morts sur la route par million d'habitants baisse en Europe mais stagne en France depuis 2013.

Mais le nombre de morts par million d’habitants, qui était passé de 69,4 à 52,2 entre 2008 et 2013, stagne depuis. Il était même remonté jusqu’à dépasser les 55 en 2017 avant de revenir juste au-dessus des 52 en 2018 et 2019 tandis que la moyenne de l’Union Européenne continuait à baisser pour s’établir à 51,6 en 2019 contre 93,3 en 2008.

Durant cette période, la France est passée du 7e au 14e rang européen sur ce point. Pourtant, le nombre de radars fixes contrôlant la vitesse sur nos routes a crû d’année en année pour passer de 1 500 à
2 500 environ entre 2013 et 2018. Et la Cour des comptes de souligner que le nombre de blessés graves, lui, augmente en France, particulièrement du côté des usagers les plus vulnérables (piétons, cyclistes…) en raison de l’essor des nouveaux modes de mobilité.

accident autoroute
Les accidents font davantage de blessés graves...
cycliste route
... notamment chez les usagers de la route les plus vulnérables.

La vitesse très sanctionnée, les autres facteurs délaissés

À l’échelle nationale entre 2006 et 2019, la Cour des comptes a relevé, d’après les données du CISR (Comité Interministériel de la Sécurité Routière), 43 mesures de sécurité routière axées sur la vitesse, ce qui fait de cette dernière le principal point de focalisation du Gouvernement à égalité avec le permis de conduire qui a fait l’objet d’autant de mesures. L’alcool arrive en seconde position avec 33 mesures, devant les
30 mesures qui concernent les deux-roues motorisés. Mais l’infrastructure du réseau routier, par exemple, n’a fait l’objet que de 13 mesures. Les « distracteurs », tels que le téléphone ou le visionnage de vidéos en conduisant, n’ont été concernés que par 8 mesures. Les récidivistes de la conduite dangereuse seulement 2 mesures, tout en bas du classement, ex-æquo avec les seniors et les inégalités territoriales.

Sécurité routière axes
Ce graphique montre le nombre de mesures nationales de sécurité routière par thème entre 2006 et 2019.

« Pertinent au fond, le choix d’une action prioritaire sur les comportements était cependant aussi un choix par défaut, qui reflétait les difficultés de l’État à agir directement sur d’autres facteurs, notamment les infrastructures routières », estime la Cour des comptes. Cette dernière plaide entre autres pour davantage de collaboration interministérielle, et particulièrement pour une participation accrue du Ministère chargé des Transports aux côtés du Ministère de l’Intérieur, ainsi que pour une plus grande intégration des collectivités territoriales dans la politique de sécurité routière du Gouvernement.

Sécurité Routière téléphone
Malgré quelques campagnes, le téléphone au volant n'est pas une priorité de la Sécurité Routière d'après le nombre de mesures relevé.

À LIRE. Recette des radars et amendes en 2020. Une utilisation toujours floue
 

Pour une politique plus diversifiée

S’appuyant sur l'exemple d'autres pays européens comme la Suède ou les Pays-Bas, la Cour des comptes prône « des stratégies globales, qui cherchent à agir simultanément sur les comportements, les véhicules et l’infrastructure » et souligne que « la priorité accordée aux contrôles automatisés doit aussi s’accompagner d’une présence maintenue des forces de sécurité au bord des routes et dans les flux de circulation ».

police contrôle
La Cour des comptes milite pour qu'il y ait davantage de policiers sur les routes.

Elle estime en outre que « l’adhésion des citoyens à la politique de sécurité routière doit être renforcée ». Mais si la Cour étrille de la sorte la politique de sécurité routière de l’État, c’est bien parce que celle-ci se montre plus coûteuse qu’elle ne rapporte à en croire son étude. Pour l’année 2019, celle-ci fait état de 3,7 milliards d’euros de dépenses pour un peu plus d’un milliard de « recettes ». Néanmoins, si l’on prend également en compte les PV de stationnement et autres infractions n’ayant pas directement trait à la mortalité routière, les autorités avaient engrangé 1,6 milliard d’euros cette année-là.

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jcctrading Le 13/07/2022 - 14:06
une mesure historique a supprimer la priorité a droite sur le perif parisien car cela les a incité a rouler toujours voie du milieu voir de gauche et cela se fait ressentir lorsqu'ils descendent en vacance cette trés mauvaise habitude continue a Bordeaux les feux rouge pour accéder sur le perif bordelais lui est bien plus intelligent cela fluidifie le perif et limite les bouchons. a Paris il est urgent de changer leur politique de conduite hyper nulle les parisiens pour essayer de gagner un temps précieux prennent le périf pour faire juste 1 voir 2 sorties et génent ceux qui sont la pour plus longtemps et créent des bouchons immondes. de plus ne voulant pas étre bloqué par les nouveaux entrant ne roulent jamais a droite donc il faut inverser cette stupidité ont est plus en 1970. il faut murir avancer. pourquoi pas modifier le perif et le faire sur 2 niveaux 1 pour le sens horaire et l'autre dessus pour l'autre sens. les grands boulevard l'ont été par une volonté de moderniser Paris il y a plusieurs siécles mais depuis sur population tous a se monter dessus une répugnance sur l'entretient des routes l'état des chaussées. il faut mettre tout a plat et parler pas de cout sinon la je vous prendrais a votre propre jeu calculette a l'appui perte de plusieurs points du PIB par exemple la ont parle de milliards d'euros perdu a cause des bouchons des pannes a cause de véhicules vétustes qui ne devrait pas avoir droit a l'accès sur autoroute.. les dos d'ane qui porte bien le nom d ceux les ayant concue et fait fabriquer tous en totale infraction par rapport a la loi qui engendre bruit pour les riverains casses des éléments sous les voitures inconfort prenez l'ambulance gravement malade et vous aurez compris. et surtout freinage et re accélération entrainant des particules fines supplémentaires de polluant comme plaquettes de freins de pneus sur la chaussée enfin une ineptie il faut vraiment être fumé du cerveau pour installer de tels machins qui ont zéro utilité. il vaut mieux comme dans le nord de la France mettre des feux rouge radar vous roulez trop vite il passe au rouge vous roulez en respectant la vitesse il reste vert. voila une solution intelligente qui ne sanctionne que les fautif et pas tous les utilisateurs car sanctionner les victimes la il faut vraiment être pas net dans sa tète !!! comme pour la vitesse sur nationale un coup 80 un coup 90 depuis je me fait piéger je passe devant un radar ayant vu un panneau quelques kms avant indiquant 90 mais entre temps je suis passé dans un autre département et la comme par hasard limité a 80 mais putain de merde mettez un panneau indiquant la limite 500m avant le radar ainsi ont saura si ont est bon ou pas !! compliqué d'être un peu intelligent ? maintenant je vois le radar je freine a 70 kmh au cas ou je sois dans un lieu dit non indiqué !! mais vous êtes vraiment tous bon pour l'asile camisole de force. plus ca va moins ca va les débiles ont pris le pouvoir et nous les HPI ont doit subir la nullité généralisée
Salies31 Le 03/07/2021 - 13:30
Bonnin, on croit deviner le pays où vous avez vécu, peut être en 1943 ? Vous savez ce que représente 20.000 € et une voiture pour un patron ou un riche, mais certainement pas pour un ouvrier qui se lève à 5 heures pour aller travailler à 60km de chez lui. Faire une sélection par l'argent est ignoble, d'autant que ceux qui roulent en voiture de luxe de société feront payer les PV à 20.000 € par l'entreprise, c'est à dire sur le dos des salariés qui respectent les limitations de vitesses. Commençons d'abord par supprimer le 80 Km/ h prévu uniquement pour rentabiliser la société ATOS qui gère les PV et dont l'initiateur du 80 et Thierry Breton sont au conseil d'administration.
bfg49 Le 03/07/2021 - 13:13
Arretons le 80 km/h et améliorons les infrastructures. Plus de contrôles alcoolémies, plus de dépistages stupéfiants’ plus de bon-sens chez les FDO ( 170 sur autoroute déserte avec une voiture récente, ce n’est pas comme 90 km/h en plein centre ville et pourtant c’est 40 km/h au dessus de la limite dans les deux cas), plus de contrôles sur les téléphones et autres distracteurs de la route. Une meilleure formation avec une obligation de refaire quelques heures après 12 ou 24 mois pour corriger dès le début les mauvaises habitudes prises. Faire comme en Allemagne : vitesse adaptée aux conditions de circulation (illimitée ou un 180 km/h quand très peu de circulation sur les autoroutes de liaisons ) - 120 ou 100 lorsqu’il y a une entrée ou sortie d’autoroute). Mettons des radars tronçons sur les autoroutes périurbaines et surchargées la journée pour éviter le phénomène de yoyo de vitesse entre deux radars fixes. Ethylometre de démarrage sur le véhicule dès la première alcoolémie. Bref, des idées il y en a mais il faut être intelligent et ne pas les voir sous le prisme de la rentabilité ou du point de vue financier. Faut déjà réparer tous les nids de poules sur les routes qui ne sont plus entretenues depuis 20 ans. Et les routes dangereuses on les connaît (RCA) par exemple. Rien n’est fait pour créer une vraie autoroute et on laisse cette route tuer chaque année !
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