Stages de récupération de points : un business lucratif
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Stages de récupération de points : un business lucratif

Avec une répression de plus en plus accrue sur les routes, 261 676 personnes ont été soit contraintes, soit volontaires pour effectuer un stage de récupération de points l'an dernier. Un business qui coûte cher aux conducteurs, mais qui a créé une activité rémunératrice.

Par Julien Bertaux, Arnaud Murati
Publié le Mis à jour le

DMLe malheur des uns fait le bonheur des autres, surtout lorsqu'il s'agit d'argent : avec 98 000 personnes ayant perdu leurs douze points de leur permis de conduire l'an dernier (+11 % par rapport à 2007) les stages de récupération de points et leurs formateurs ont un avenir radieux. Les chiffres en attestent : plus de 250 000 conducteurs ont suivi un stage l'an dernier (+14 %). Le nombre de stage suit une progression identique : 16 081 sessions de deux jours ont eu lieu en 2008, soit 15 % de plus qu'en 2007.


 

Jeu désagréable

Aujourd'hui, 1468 sociétés se partagent ce marché de la récupération de points : « 400 fonctionnent réellement » corrige Dominique Ducamp, vice-président du Syndicat national des professionnels du permis à points (SNPAP). Car comme l'a précisé l'Inserr (Institut National de sécurité routière et de recherche) à L'argus, « il faut être clair, le permis à point est devenu un business ». Du coup, bien des sociétés de récupération de points pratiquent un jeu désagréable ; elles proposent des dates et inscriptions pour des stages partout en France, puis appellent ensuite les stagiaires pour leur annoncer l'annulation en raison d'un défaut de participants. Les stagiaires ayant déjà payé, il n'a donc aucun risque pour qu'ils aillent voir la concurrence... Et toutes les chances pour qu'ils acceptent de se déplacer dans le département voisin, à des dates qui ne leur conviennent pas forcément.


Une maximisation des stages et des profits pour les entreprises de stages : « On est en train de mettre au point des règles pour que chaque organisme ne dépasse pas 30% d'annulations de sessions » continue Dominique Ducamp, « c'est à la profession de se surveiller elle-même, mais également à l'État de faire la police ».


 

36,4 % de rentabilité

Selon la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière (DSCR), les stages coûteraient « entre 180 et 280 €, avec une fourchette moyenne de 250 ». Ces prix sont « libres » d'après la DSCR, tandis que « les montants varient en fonction des investissements opérés, du statut des animateurs, des régions et départements, de la concurrence... »


L'argus s'est autorisé à un petit calcul, les deux auteurs de cette enquête ayant participé à un stage de récupération de points. Soit 18 stagiaires à 250 € ; 900 € de salaires pour les deux intervenants, 600 € de location pour la salle (à Paris), 60 € de dédommagement pour les frais d'essence des intervenants et 80 € pour leur frais de bouche sur deux jours.


Tout frais retenu, il resterait à l'organisme, avant paiement de la TVA, 2 860€ de bénéfice, soit une rentabilité de 36,4% ... Un calcul contesté par Pierre Gustin, délégué général de la Prévention Routière, association qui organise aussi des stages : « Sur 250 €, 38% vont aux charges et aux salaires des animateurs, 36 % au personnel administratif, 16% pour les charges de type location de salle et 10% pour les notes de frais des animateurs » indique t-il. « Il fut une époque où il y a eu énormément de demandes pour devenir animateur de stage indique l'Inserr. Les candidats se sont rué sur la formation lorsque le Président de la république avait proclamé la sécurité routière comme l'une des priorités nationales. Aujourd'hui, cela se stabilise un peu, de 100 à 120 élèves par an passent par l'Inserr. Pour ceux qui s'inscrivent aujourd'hui, la formation ne démarrera pas avant 2010 ».

 

 

Et la rémunération de ces animateurs ? « Ils n'ont pas à se plaindre » élude poliment l'Inserr, en faisant remarquer que certains sont des « prestataires » qui accumulent les kilomètres pour effectuer des stages tous les jours de la semaine.

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un pseudo libre Le 04/11/2012 - 23:18
Bonjour Cédric, Je suis psychologue également et je souhaiterais passer cette formation, pourriez vous me parler un peu de votre expérience dans ce domaine. Cordialement
cedric.menard817 Le 09/11/2010 - 00:00
Article instructif, qui nous éclaire bien sur les aspects financiers de l'activité. Je dois effectuer cette formation en janvier prochain, mais je m'interroge encore sur l'employabilité des animateurs PAP (je suis psychologue). En effet, le marché des stages du Permis à point est-il saturé d'animateurs ?
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