Toyota inaugure un 3-cylindres carburant à l'hydrogène gazeux
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Toyota inaugure un 3-cylindres carburant à l'hydrogène gazeux

S'il y a un constructeur qui mise beaucoup sur l'hydrogène, c'est bien Toyota. Après sa Mirai à pile à combustible, la marque japonaise a employé ce gaz en guise de carburant, pour alimenter un trois-cylindres de Yaris GR dans une Corolla de course.

Par Johann Leblanc
Publié le Mis à jour le

Malgré ses quatre réservoirs d'hydrogène, cette Corolla a dû s'arrêter plus souvent que les modèles thermiques classiques. Il lui fallait aussi rejoindre une zone spéciale à l'extérieur du paddock.

Toyota

Employer l’hydrogène directement comme carburant dans un moteur thermique, plutôt que dans une pile à combustible pour produire de l’électricité ? Même si l’idée n’est pas nouvelle, elle pouvait sembler abandonnée depuis longtemps. Mais Toyota a pourtant expérimenté de nouveau cette solution, lors des 24 Heures de Fuji, du 21 au 23 mai. Durant cette course d’endurance, organisée dans le cadre du championnat japonais Super Taiku, une Corolla un peu particulière a en effet été engagée. Elle est même parvenue à l'arrivée, en devant toutefois se contenter de la 50e place. La faute, notamment, à des ravitaillements plus fréquents que pour la concurrence, malgré les quatre réservoirs empruntés à la Mirai contenant environ 7,1 kg d'hydrogène. Il a également fallu composer avec une zone de ravitaillement située hors du paddock.

Un trois-cylindres de GR Yaris modifié

toyota gr yaris
Le 3-cylindres 1.6, dont le système d'injection et le circuit d'alimentation en carburant ont été modifiés, provient de la GR Yaris.
toyota corolla btcc
Mais il est ici installé dans la compacte Corolla, déjà employée dans certains championnats comme le BTCC britannique.

Son trois-cylindres de 1 618 cm3, emprunté à la petite sœur GR Yaris, n'était pas alimenté par de l’essence, mais par de l’hydrogène compressé, produit au centre de recherche de Fukushima. Un moyen aussi d’aider à relancer cette région sinistrée il y a dix ans par un séisme. Grâce à l’utilisation de ce gaz, les émissions de CO2 durant la conduite sont quasiment nulles. D’après la marque, elles se limitent à "à la combustion d’une infime quantité d’huile moteur".

En revanche, la combustion plus rapide de l’hydrogène par rapport à l’essence permettrait une meilleure réactivité, tout en conservant « le plaisir de conduite, notamment à travers le son et les vibrations ». Le système d’injection du moteur et le circuit d’alimentation en carburant ont, eux, dû être modifiés pour l’occasion. Mais on reste loin de la complexité, du coût et de l’encombrement d’une pile à combustible comme celle de la Mirai ou de la Hyundai Nexo. C'est une des raisons qui poussent Toyota à explorer cette voie dans sa quête de la neutralité carbone, après avoir émis de vives réserves sur la tendance actuelle poussant uniquement vers le 100 % électrique à batteries. La marque craint en effet que ces dernières ne conduisent à supprimer trop d'emploi et évoque une production d'électricité loin d'être toujours propre, en particulier au Japon.

À LIRE. Essai Toyota Mirai : notre avis sur la Toyota à hydrogène

Précédentes expériences peu concluantes

BMW Série 7 hydrogène
Au début des années 2000, BMW avait conçu une flotte de Série 7 V12 alimentées à l'hydrogène...
mazda rx-8 restylée
... alors que Mazda avait testé cette solution sur le moteur rotatif de son coupé quatre-portes RX-8.

Sur le papier, la solution a donc de nombreux atouts. Malheureusement, Toyota ne révèle aucune information sur la puissance et le couple du trois-cylindres ainsi alimenté. Or c’était précisément le principal talon d’Achille de deux précédentes expériences du même style, au début des années 2000. La flotte de Série 7 Hydrogen alors conçue par BMW ne parvenait en effet pas à extraire plus de 260 ch de son V12 6.0 atmosphérique, au lieu de 445 ch à l’essence. Quant à la Mazda RX-8 Hydrogen, son atypique moteur rotatif chutait de 231 à 109 ch. La Corolla de course est-elle parvenue à faire mieux ? Outre l’emploi d’un turbo et d'une injection directe sophistiquée, l’utilisation de l’hydrogène sous forme gazeuse, plutôt que liquide chez BMW et Mazda, laisse espérer un bien meilleur rendement. Toyota affirme d'ailleurs qu'il n'était pas trop loin des caractéristiques de la GR Yaris essence. Mais l'absence de tout chiffre laisse forcément planer un doute, et le constructeur reste aussi assez flou sur les chances de voir une telle solution débarquer sur une voiture de série.

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jchab657 Le 09/05/2021 - 11:17
Pour moi, même si tout reste à démontrer, et pas par le constructeur, cette solution est largement plus porteuse d'espoir que l' électrique à piles. D' autant que, quoiqu'on nous raconte, le stockage de l' électricité n'a connu aucune révolution en 50 ans et que les puissances électriques insensées (en dizaines ou centaines de kw) utilisées dans les autos électriques sont porteuses de risques non maitrisés
ChristophedeN Le 28/04/2021 - 10:21
@DenisCADIOT https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/pollution-et-sante/air/documents/enquetes-etudes/impact-de-pollution-de-l-air-ambiant-sur-la-mortalite-en-france-metropolitaine.-reduction-en-lien-avec-le-confinement-du-printemps-2020-et-nouvelle " Les résultats de la présente étude soulignent le fait que le fardeau ou poids total demeure conséquent avec près de 40 000 décès annuels attribuables à l'exposition aux PM2,5 et près de 7 000 décès attribuables à l'exposition au NO2" "La limitation des activités pendant le confinement au printemps 2020 a entraîné une réduction de l'exposition de la population française au NO2 et aux PM qui a permis d'éviter environ 2 300 décès en lien avec les PM2,5 et près de 1 200 en lien avec le NO2 sur la période de juin 2019 à juillet 2020." La priorité c'est bien les particules. Réduire les particules revient aussi à réduire les NOx, l'inverse n'étant pas vrai, le meilleur exemple étant la voiture électrique qui augmente les particules. Une combustion H2 émet des NOx puisqu'il y a oxydation de l'azote présent dans l'air comburant mais pas plus que n'importe quelle combustion dans un moteur à allumage commandé, de plus il existe des systèmes antipollution efficaces. L'intérêt d'une voiture à moteur thermique alimenté à l'H2 vert par rapport à la même avec une PAC ou électrique, c'est la masse roulante moindre tout en ayant des émissions de GES contenues en Analyse du Cycle de vie. A ce titre, elle fait beaucoup mieux que les deux autres sur les particules et les émissions de GES et d'autant plus que pour réduire la pollution dans les villes il va falloir réduire drastiquement la circulation automobile dans les villes.
DenisCADIOT Le 28/04/2021 - 08:40
À quand l'hybride H2 ? Pile à combustible Batterie tampon Li-ion Moteur électrique Moteur thermique H2 Pourrait-on faire plus compliqué ? Mais rien n'est dit sur l'émission des NOx du thermique H2
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