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Un chapeau trop large à porter pour la Corée

Afin d'expliquer la relative déconfiture de l'industrie automobile française, le ministre du redressement productif a pointé du doigt Bruxelles et un accord de libre-échange avec la Corée. Décryptage.

Par Arnaud Murati
Publié le

Christophe Bourgeois

C’est toujours la faute du voisin : A l’occasion de la présentation de son plan pour l’automobile, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg n’a pas hésité à désigner un bouc-emissaire : «Cet accord de libre-échange entre l’Union Européenne et la Corée a été naïvement passé l’année dernière (...) Nos constructeurs viennent nous voir et nous disent «nous ne pouvons pas faire face à la concurrence déloyale» s’est emporté le ministre...

En juillet 2011, un accord de libre-échange est effectivement entré en application entre la Corée et l’Union Européenne (UE)  : «Pratiquement tous les droits à l’importation entre les deux économies seront éliminés à la fin de la période transitoire» indique une note éditée à ce sujet par la Commission européenne. Concernant l’automobile en particulier et les véhicules «équipés de petits moteurs», la note de l’UE mentionne des droits de douane «qui ne seront entièrement éliminés que cinq ans après la signature de l’accord», soit en 2016. Pour les plus gros véhicules, «la période de libéralisation» sera de trois ans. En outre, la note stipule que « l’accord de libre-échange contient des dispositions très étendues sur les obstacles non tarifaires, qui étaient perçus par les constructeurs européens comme le principal frein aux exportations vers la Corée. »

Cet accord pourrait-il donc expliquer l’accélération des ventes en Europe des constructeurs coréens? Les chiffres pourraient le faire croire. Entre le premier semestre 2011 et le premier semestre 2012, Hyundai a augmenté ses ventes de 12,2%, Kia de 25,1%. Sur la même période, la part de marché de Hyundai est passée de 2,5 à 3,4%, celle de Kia de 1,9 à 2,5%. A l’heure actuelle, la part de marché de Hyundai en Europe est quasiment équivalente à celle de Skoda...

En France, les ventes du groupe Hyundai Kia  ont progressé de 22,2% au premier semestre de cette année. Mais pour autant, le directeur du marketing et de la communication de Kia France ne voit pas dans l’accord de libre-échange le blanc seing qu’attendaient les Coréens pour s’engouffrer sur les marchés : «En 2011, nous avons lancé les Picanto et Rio, soit des véhicules qui s’inscrivent dans les segments A et B, ceux à forts volumes. Or, les produits ont été plébiscités, et c’est grâce à cela que l’on a accru nos parts de marché» souligne Thierry Bouretz. Certes, l’accord de libre-échange a eu du bon, toujours selon le directeur de la communcation de Kia : « Les prix ont baissé de 1,7% à 3% » sur les véhicules importés, soit les Picanto, Rio et Sorento. Car pour le reste, Thierry Bouretz  rappele que «50 à 60% du volume des ventes en Europe» est construit en Slovaquie, et n’a donc rien à voir avec l’accord de libre-échange ! Idem pour Hyundai, qui possède déjà une usine en Hongrie…
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un pseudo libre Le 07/08/2012 - 11:02
Comme à son habitude, monsieur Montebourg devrait travailler ses dossiers avant de faire des déclarations à l'emporte pièce, une mauvaise habitude prise pour se faire remarquer dans le monde politique, mais qui est profondément désolante quand on est ministre. Il faut rester crédible, sinon la France va se mettre à dos des partenaires économiques et lui va passer à la trappe...
un pseudo libre Le 06/08/2012 - 21:14
Les coréennes Kia et Hyundai sont au même prix que les européennes, donc, pourquoi vendent-ils mieux ? Au lieu de pleurer, posez-vous les bonnes questions!! Qu'ont-elles de plus, ou, pire, qu'ont-elles de moins!
un pseudo libre Le 06/08/2012 - 16:05
Et Renault qui rebadge des Samsung à tour de bras ? Ils n'en profitent pas aussi ?
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