Un tableau pour chaque cadre
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Un tableau pour chaque cadre

Envie de sortir des sentiers battus et de respectabilité à la fois ? Alors, cadre dynamique ou notable, voici les deux tableaux proposés : la sportive Lexus ou l'altière Rover. FACE A FACE.

Par Fabrice Dal'Secco
Publié le Mis à jour le

Concurrentes au niveau du prix et de la motorisation, ces deux berlines le sont moins dans leur caractère. Il suffit d'un regard pour s'en rendre compte. Ligne massive et respectable pour la 75, effilée et «mauvais garçon» pour l'IS 200. Chargée de redorer le cossu blason Rover pour la première, de créer une image dynamique et abordable à Lexus pour la deuxième. Esthétique, architecture moteur, mode de transmission, agrément de conduite, aménagement intérieur, elles diffèrent sur bien des points. Quand l'une prend une Bentley en référence, l'autre singe une BMW. Deux voitures d'« inspiration» disposant, fort heureusement, de leur propre caractère.

- Mécanique

Ces deux berlines composent avec une même cylindrée de 2 l, répartis en six cylindres multisoupapes. Mais elles diffèrent en architecture : en ligne pour la Lexus, en V pour la Rover.

L'IS 200, avec 155 ch et 195 Nm de couple, prend le dessus en termes de rendement. Ces valeurs disponibles, respectivement à 6 200 et à 4 600 tr/min, le moteur fait preuve malgré tout d'une linéarité décevante. Certes, les performances sont acceptables pour une voiture de 1 360 kg. Vitesse de pointe de 215 km/h et accélération de 0 à 100 km/h en 9"5 la mettent en concurrence directe avec une BMW 320i. Mais l'agrément proposé n'est pas le même, ou plutôt n'est pas en adéquation avec l'esprit dégagé par la ligne.

Le bossage sur le capot, les roues de 17 pouces, la proue agressive, la ligne de caisse montante, la boîte de vitesses à six rapports, laissent en effet espérer plus de fougue. Ce moteur ne montre qu'un visage, une montée en régime linéaire. Difficile, dans ce cas, de savoir quand elle s'arrête, la montée. C'est plus souvent le limiteur qui nous rappelle qu'un passage sur le rapport supérieur s'impose.

Et des rapports à passer, il y en a ! Six au total. Au début, c'est un peu le méli-mélo. D'autant que la commande n'est pas très agréable, trop résistante. Et, lorsqu'on arrive au sixième, on déplore qu'il soit si peu démultiplié : la vitesse de pointe s'atteint à la limite de la zone rouge.

La Rover, un peu moins puissante et plus lourde de 85 kg, fait preuve de plus de caractère. Le moteur doux et rond se montre plus volontaire dès 4 000 tr/min. Si bien qu'il faut faire appel aux chiffres pour se persuader de sa moindre vélocité. Il lui faut en effet 10"2 secondes pour atteindre 100 km/h et la vitesse de pointe s'établit à 210 km/h. Léger, le désavantage. Peu perceptible même. C'est donc curieusement la plus luxueuse qui montre le plus de tempérament. La boîte de vitesses, à la commande veloutée, est bien étagée, preuve que cinq rapports suffisent.

- Châssis

L'IS 200 nous promet du sport ? Si le moteur ne peut le prouver, le châssis s'en charge. Roues de 17 pouces chaussées de pneus taille basse, suspension ferme et roues arrière motrices, il n'en faut pas plus. Résultat, la Lexus s'apparente plus à un coupé sportif qu'à une berline. Le confort n'est pas sa priorité. Pour elle, mouvements de caisse et roulis doivent être bien maîtrisés. Tant pis si les irrégularités de la route remontent avec force dans l'habitacle, si les suspensions trépident sur les bosses. L'important est de sentir au maximum le contact avec la route.

Efficace, l'IS 200 l'est. La direction, précise et directe, assure un bon guidage. Sauf en ligne droite à haute vitesse où le léger flou en son point milieu et la largeur des pneus la laissent voguer au gré des irrégularités. La sécurité n'en est pas pour autant remise en cause, juste l'agrément.

Quant au train arrière, il demeure, pour une propulsion, assez sage. Les débordements à l'accélération ne sont pas trop à craindre. La linéarité du moteur y est pour beaucoup.

En revanche, en rétrogradant, prudence. Même avec l'antipatinage connecté, le train arrière à tendance à prendre de l'avance. Sous la pluie, l'antipatinage s'imposant de toute manière, elle réagit sagement, glissant de l'avant. Le freinage est à la hauteur des prétentions dynamique de la Lexus : performant et endurant. Mais sa commande n'est pas engageante. La course est trop longue, manque d'attaque, il ne faut donc pas hésiter à «taper dans les freins» pour en obtenir toute l'efficacité. De toute façon, l'ABS veille.

Poids plus important, suspension souple, flancs de pneus hauts, la Rover n'accède pas à la même efficacité. Elle vise le confort, et y parvient. La route s'efface, l'agrément de conduite s'installe. Certes, les mouvements de caisse sont plus importants, la direction moins précise car plus assistée, mais quelle douceur ! Et si la 75 ne peut espérer «taquiner» la Lexus sur route sinueuse, sur autoroute, son confort et sa tenue de cap l'emportent. Sage traction, elle est tout de même épaulée par un antipatinage très appréciable sur route humide. L'ABS, lui, permet de profiter pleinement d'un freinage efficace, endurant et ... mordant.

- Vie à bord

Dans la Lexus, pas de quiproquos, on vous l'a dit, c'est une sportive. Cadran à fond blanc sous une casquette proéminente, sièges type baquet, petit levier de vitesses à embout chromé, sont à associer à remontées vibratoires des suspensions et insonorisation moins efficace. Tous les passagers prennent part à la découverte de la route. Alors autant tenir les rennes. Le conducteur a en effet tout à portée de la main et de l'oeil. Comme cet étrange cadran de vitesse regroupant en son centre jauge de température d'eau, voltmètre et économètre.

Habitable, l'IS 200 l'est même à l'arrière. Espace aux coudes et aux genoux, garde au toit, sont satisfaisants pour deux.

Dans la Rover, le blanc des cadrans cède la place au crème, les sièges sont plus moelleux et le bois est présent. La planche de bord plus volumineuse, l'accoudoir central juste sous le coude, et la ligne de caisse plus haute liées à une insonorisation feutrée créent une bulle enveloppante apaisante.

Un cocon confortable, habitable et bien fini. Le conducteur tient à sa disposition un volant réglable en hauteur et en profondeur, ainsi qu'une assise de siège ajustable. A l'arrière, le confort est appréciable pour deux. La banquette ferme mais confortable n'offre en effet pas une place de choix pour un éventuel troisième occupant.

- Equipement

A ce niveau de prix, on est en droit d'attendre un équipement complet. Direction assistée, freinage ABS, antipatinage, quatre airbags avant, quatre vitres électriques, rétroviseurs électriques, climatisation automatique, roues en alliage et radiocassette font partie de la dotation de série de ces deux modèles.

Certes, la Lexus se contente d'une banquette fixe avec une trappe à skis quand la Rover propose une banquette arrière fractionnée, mais donne accès aux antibrouillard avant et au chargeur CD pour... 20 000 F de moins. Une différence de taille qui place avantageusement la Lexus en tête en termes de rapport entre prix et équipement. Laissant le choix entre 20 000 F d'économie ou l'acquisition d'une IS 200 Pack adoptant sellerie en cuir, système de navigation GPS, réglage électrique du siège conducteur, sièges avant chauffants, lave-phares et préamplificateur pour l'autoradio. Soit, au même prix que la Rover, une Lexus suréquipée.

- Bilan

Concurrentes, ces deux berlines ? En fait, au terme de ce comparatif, pas tant que cela. Certes, puissance et prix sont à rapprocher, mais pour le reste ... En fait, elles sont le reflet de deux visions de l'automobile au sein de la gamme familiale. De deux modes de vie qui ne se rejoignent que quant au plaisir de conduire, des plaisirs différents. La sportivité pour le jeune cadre dynamique ou la respectabilité pour le cadre accompli. Alors ? Dans quels cadres rentrez-vous ?

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