Usine Renault d'Enstone : au cœur de la fabrique des Formule 1
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Usine Renault d'Enstone : au cœur de la fabrique des Formule 1

Renault nous a permis de pénétrer à l'intérieur de l'usine d'Enstone en Angleterre, dans laquelle sont mises au point les monoplaces qui disputent actuellement les Grand Prix de Formule 1. Une visite qui permet de prendre la mesure des défis relevés par les 700 personnes qui oeuvrent sur place.

Par Léo Mingot
Publié le Mis à jour le

Voilà une usine assez particulière, où est conçu le summum de la voiture de course selon Renault.

Renault a beau être une marque française, son écurie de Formule 1 Renault F1 Team est en partie britannique. En majeure partie même, puisque seuls les moteurs sont conçus à Viry-Châtillon, dans l'Essonne. Tout le reste, et notamment la partie châssis, est mis au point à Enstone, dans l'Oxfordshire en Angleterre. Nous avons pu entrer dans ce haut lieu de la F1 et découvrir certains des secrets qui font de cette discipline le summum du sport automobile.

 

Plus de 25 ans de F1 à Enstone

L'usine d'Enstone a vu son activité démarrer en 1992, sous l'impulsion de l'écurie Benetton, alors en plein essor avec notamment la montée en puissance de Michael Schumacher. Depuis, ce site n'a cessé de produire des F1, dont certaines ont permis à quelques pilotes d'être sacrés champion du monde. Ainsi Michael Schumacher s'est vu titré en 1994 et 1995 sous les couleurs de Benetton, tandis que Fernando Alonso a imposé sa domination en 2005 et 2006, seulement quelques années après le retour de Renault en tant qu'écurie à part entière.

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La Renault R25 de 2005 avec laquelle Fernando Alonso a été sacré champion.
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La R.S.19 qui court cette saison, sur laquelle s'affairent les ingénieurs d'Enstone.

Après les années Lotus entre 2011 et 2015, Renault est redevenu le maître des opérations à Enstone en 2016, avec l'objectif de revenir au sommet de la hiérarchie dans les années à venir et de gagner des courses, voire des titres de champion. Dans ce but, les effectifs de l'usine ont été accrus d'environ 50 % au cours des trois dernières années, atteignant aujourd'hui 700 personnes.

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Ce personnel hautement qualifié se répartit sur de nombreux postes, tous autant décisifs quant aux performances futures des voitures : conception du châssis, de la boîte de vitesses, électronique, soufflerie, simulateur... Car, comme on peut s'en douter, si la rapidité des pilotes est essentielle durant la course, la mise au point des voitures demeure primordiale pour que leur talent puisse s'exprimer pleinement.

 

Les coulisses de la conception d'une F1

Lors de notre visite de l'usine, nous avons pu avoir un aperçu de la plupart des étapes de la conception d'une F1 et approcher certaines zones clés, comme le département composites, où sont formées la majorité des pièces en fibre de carbone. Afin d'éviter que ce lieu ne soit contaminé par diverses poussières et particules indésirables, la pression de l'air y est supérieure à la normale. Chaque saison, l'équivalent d'une bande de 18 km sur 1 m de fibre de carbone y est utilisé, afin de produire les divers éléments présents sur les monoplaces. Dans la partie fabrication, d'autres matériaux sont employés comme par exemple l'Inconel, un alliage résistant aux températures extrêmes, pour le système d'échappement.

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Le département composite, où sont fabriquées les nombreuses pièces en fibre de carbone.

L'activité soufflerie étant depuis 2014 encadrée et limitée par la FIA (520 passages sur une période de huit semaines) afin de limiter les coûts, nous n'avons pas pu y accéder. La soufflerie demeure primordiale dans l'élaboration d'une F1. Elle permet d'étudier et de peaufiner l'aérodynamisme de la voiture de manière globale, grâce à une maquette à 60 %, ou même de n'importe quelle pièce pouvant affecter son comportement. En revanche, nous avons pu assister au passage d'une monoplace sur le banc d'essai à sept vérins. Cet outil permet de reproduire le comportement de la voiture sur un circuit donné. Il est ainsi possible d'estimer l'impact de divers réglages sur la monoplace et de cerner certains problèmes, avant même de faire des essais réels sur piste.

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La soufflerie d'Enstone.

Dans un autre bâtiment situé un peu plus loin, le simulateur permet de compléter les informations recueillies avec ce banc d'essai, grâce aux tours de circuit réalisés par de véritables pilotes d'essai. Basé sur le jeu vidéo R Factor Pro, le simulateur d'Enstone offre la possibilité aux ingénieurs d'étudier l'impact de chaque modification sur le comportement de la voiture et ainsi de peaufiner sa mise au point, alors que les pilotes disposent de tous les équipements de la vraie monoplace, comme le DRS (système qui permet de faciliter les dépassements en actionnant un volet mobile sur l'aileron arrière).

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Le simulateur, avec son écran géant incurvé de 4 m de diagonale.

Enfin, nous avons également pu nous approcher de la salle des opérations, dans laquelle ont lieu tous les échanges entre la piste et les ingénieurs d'Enstone durant les week-end de Grand Prix. Cette salle comprend notamment vingt-quatre postes de travail, six écrans géants, ou encore des systèmes de radio et de télémétrie similaires à ceux qui se trouvent dans les stands sur les circuits. Difficile de s'imaginer lorsque l'on regarde un Grand Prix à la télévision le travail fourni par les nombreux ingénieurs, souvent à plusieurs milliers de kilomètres de la piste !

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La salle des opérations.

 

Objectif 2021

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Cyril Abiteboul

Bien que la saison 2019 soit encore loin d'être terminée et que l'objectif est naturellement de continuer de progresser l'an prochain, le plus gros défi pour Renault F1 comme pour les autres écuries du plateau demeure actuellement la saison 2021. Le règlement technique s'apprête effectivement à être changé de manière profonde, bien qu'il ne soit pas encore défini de manière précise. Malgré tout, les ingénieurs d'Enstone travaillent déjà sur certains points clé, comme le châssis et les radiateurs. Cyril Abiteboul, directeur général de l'écurie, avec qui nous avons pu échanger brièvement, nous confirme d'ailleurs la volonté de Renault F1 Team de se préparer à cette échéance le plus tôt possible. Selon lui, le développement de l'intelligence artificielle sera alors l'un des plus gros différentiateurs entre les écuries, en permettant de diminuer le nombre d'essais réels. Une donnée primordiale, notamment lorsque l'on sait que l'un des objectifs principaux de ce nouveau règlement est la réduction des coûts.

Chez Renault, on prépare aussi l'avenir en formant de nouveaux pilotes, bien avant leur arrivée en F1. Nous avons ainsi rencontré le français Victor Martins, âgé de 18 ans, qui fait partie de la Renault Sport Academy et court actuellement en Formule Renault 2.0. Victor a notamment été champion du monde de karting en 2016, après seulement deux années de compétition. Et il se pourrait bien qu'il participe au futurs succès de Renault F1 Team dans les années à venir...

 

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