Voiture moyenne neuve 2018 : son évolution depuis 1953 Aller au contenu principal
habillage
banniere_haut

Voiture moyenne neuve 2018 : son évolution depuis 1953

Évolution. Jusque-là, la Voiture moyenne grandissait paisiblement, plutôt joyeuse et insouciante. Coup d'arrêt en 2018. Désormais, l'Etat dispose d'un outil redoutablement efficace pour modeler ses traits : le malus.

Par Xavier Chimits
Publié le

La Peugeot 308, huitième modèle le plus vendu en France l'an dernier.

CLEMENT CHOULOT, ClÈment Choulot

Depuis 1953, la Voiture moyenne suivait son cours naturel. Sa puissance a régulièrement augmenté, gagnant une bonne dizaine de chevaux par décennie. Réservée à une clientèle plutôt fortunée, elle était grande pour l’époque (4,12 m). Sa démocratisation, nourrie par de petits modèles plus abordables, a ramené sa taille à 4,02 m en 1968, avant qu’elle ne se remette à croître : 4,24 m en 2017.

Son poids, lui, hors une pause dans les années 1960, a constamment grimpé, dans des proportions même alarmantes : 846 kg en 1953, 1283 kg en 2012 (+ 52 %), à taille quasi équivalente. Les équipements de confort et de sécurité, dont l’auto est aujourd’hui si friande, pèsent très lourd… Ils pèsent aussi sur les prix.

La Voiture moyenne avait commencé par baisser son tarif pour s’adresser à un plus large public : en euros constants, 13 389 € en 1953, 10 820 € en 1968. Depuis, avec l’enrichissement de son contenu et l’augmentation du pouvoir d’achat des Français, il n’a cessé de croître : 26 717 € en 2017.

C’est un détail qui en dit long : pour la première fois, la Voiture moyenne court moins vite de 0 à 100 km/h.


Mais tout ça, c’était hier, quand les paramètres de la Voiture moyenne évoluaient au gré des goûts du public et du contexte économique. Désormais, l’état dispose d’un outil très efficace pour orienter son cours : l’écotaxe. Il l’a d’abord utilisée gentiment, de manière incitative, quand le bonus était généreux et bien plus fréquent que le malus. Puis il a changé de ton en 2018. L’écotaxe est devenue punitive, le bonus s’est raréfié et le malus a élargi son champ. Cette tendance est irréversible.

 

Baisse de poids amplifiée

Le malus a déjà modelé en 2018 une autre auto, moins grande et moins puissante qu’en 2017. Moins chère aussi, puisque le public a réorienté ses achats vers les segments inférieurs. La part des modèles de plus de 25 000 € est ainsi passée en un an de 49 à 44 %. L’accélération du reflux du diesel, déjà entamé, mais accru par les annonces de bannissement, a amplifié une baisse de poids qui avait débuté en 2013.

 


La cylindrée diminuait depuis que les constructeurs se sont intéressés à la consommation : 1 622 cm3 en 1998, 1 457 en 2017, 1 402 en 2018. Mais ils avaient trouvé la parade, en maintenant puissance et vivacité à l’aide d’un turbo. Cette époque est révolue. La Voiture moyenne a laissé des plumes de 0 à 100 km/h : 11,1 s en 2017, 11,2 s en 2018. Pas pour avoir baissé en gamme, mais parce qu’elle a perdu, pour la première fois de son histoire, en rapport poids/puissance. Un cheval traînait 11,1 kg d’automobile en 2017 et 11,2 kg en 2018. Cette année-là restera sans doute une date clef du roman de l’automobile en France. Longtemps, elle fut joyeuse et insouciante. L’avenir s’annonce plus morne, elle sera responsable, autrement dit, sage et molle.

A lire également
>> Voiture moyenne 2018 : prix en baisse, mais consommation en hausse
>> Voiture moyenne neuve 2016 : la hausse du prix se poursuit
>> Voiture moyenne 2014 : son évolution depuis 1953

 

Soyez le premier à réagir
Envoi en cours
amicaljm Le 15/06/2019 - 19:16
Qui peut croire que la consommation moyenne est de 4,7 litres/100 km ? Ce chiffre est parfaitement stupide, mesurez votre conso et vous verrez. Le plus grave, c'est qu'un journaliste soi-disant sérieux donne crédit à un tel chiffre
giantpanda Le 14/06/2019 - 14:14
On peut se demander où la consommation moyenne 2018 de 4,7 l/100 km a été trouvée. Quand on voit les annonces des constructeurs pour les voitures dsiponbile jusqu'à la fin a l'année, on doit constater la miltiplication des prix au-dessus des € 30.000, et € 40.000 suite au projets hybrides rechargeables et électriques. Certes les véhicules sont de mieux plus équipés ( à savoir si les acheteurs utilisent vraiment tous ces équipements électroniques, mais on doit constater un bon vers le haut pour les berlines 4 places. A savoir si le consommateur suivra, ou regrettera son investissement qui ne remplis pas vraiment les performances promises ( surtout pour le hybrides rechargeables).
Voir tous les commentaires (2)
Allez encore plus loin

Retrouvez l’ensemble des publications de L’argus, l’expert de l’automobile au service
des particuliers et des professionnels depuis 1927...