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Voitures d'occasion : quels recours contre le vice caché ?

Une fois le vice caché avéré, le juge doit être saisi dans les deux ans
Une fois le vice caché avéré, le juge doit être saisi dans les deux ans

Votre voiture d'occasion, récemment acquise, tombe en panne. Si l'usure normale n'en est pas à l'origine, reste le vice caché. Une notion difficile à interpréter mais qui, une fois avérée, ouvre la porte à des recours. Explications de notre avocat en six points.

Page 1Voitures d'occasion : quels recours contre le vice caché ? 

"Le vendeur doit garantir l'acheteur pour les défauts cachés du véhicule, lorsqu'ils sont graves, même s'il en ignorait l'existence", Maître Laurent Mercié, avocat au barreau de Paris. « Le vendeur doit garantir l’acheteur pour les défauts cachés du véhicule, lorsqu’ils sont graves, même s’il en ignorait l’existence. Par principe, l’article 1641 du Code civil tient le vendeur responsable des vices cachés vis-à-vis de l’acheteur», pose en base, Laurent Mercié, avocat au Barreau de Paris, spécialiste du droit de l’automobile. « Et contrairement à une idée répandue, cette garantie ne s’applique pas qu’aux seuls objets neufs et aux vendeurs professionnels ; elle s’applique également à la vente d’objets d’occasion, même entre particuliers. »

A lire : Voitures d'occasion : les responsabilités du vendeur particulier


 

Les conditions du recours
 

« Pour qu’un défaut ou une panne puisse constituer un vice caché, autorisant l’acheteur à demander l’annulation de la vente ou une réduction du prix, généralement à hauteur des frais de remise en état, il lui faut démontrer trois conditions, le plus souvent au moyen d’une expertise effectuée par un expert en automobile: 

  • le défaut doit être antérieur à la vente
  • il doit être suffisamment grave
  • il doit être occulte, c’est-à-dire non apparent.

De plus, l’action devant les tribunaux n’est recevable que si elle est intentée au plus tard dans les deux ans qui suivent la découverte du vice caché comme l’énonce l’article 1648 du Code civil », précise-t-il.

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L’antériorité du vice à la vente

"Il faut donc d'abord démontrer que le vice existait au moins à l'état latent lors de la vente. ", Maître Laurent Mercié

« Il faut donc d’abord démontrer que le vice existait au moins à l’état latent lors de la vente. Il pourra s’agir d’un défaut de conception, de fabrication d’une pièce ou encore de son usure anormale ou prématurée, soit parce qu’elle n’était pas assez résistante, soit parce que l’entretien prévu n’a pas été correctement effectué », insiste notre avocat. « En revanche, tous les défauts qui apparaissent après la vente, du fait de l’usure normale du véhicule, de son mauvais entretien ou d’une utilisation abusive, ne peuvent justifier un recours de l’acheteur puisqu’il en est alors seul responsable. »

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Qu’est-ce qu'un défaut grave?
 

« Le défaut doit rendre le véhicule impropre à l’usage auquel on le destine ou restreindre tellement son utilisation que l’acheteur ne l’aurait pas acquis, ou n’en aurait donné qu’un moindre prix, s’il en avait eu connaissance», souligne Maître Mercié. « La difficulté réside dans le fait que la notion d’aptitude à la circulation est susceptible de plusieurs interprétations, qui vont de la plus large à la plus étroite, c’est au tribunal qu’il appartient de décider, au cas par cas ».

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Véhicules neufs et d’occasion

"L'acheteur d'un véhicule d'occasion doit s'attendre à des frais de remise en état liés à l'usure, mais il n'a pas à supporter les conséquences imprévues de la vétusté." Maître Laurent Mercié

« Lorsqu’un véhicule est neuf, l’appréciation de la gravité du vice est assez peu sévère. Pour un véhicule d’occasion, s’il est récent et son kilométrage faible, des désordres de moindre importance pourront également justifier un recours de l’acheteur. En revanche, plus il sera ancien et son kilométrage important, plus les déficiences qui l’affectent devront être graves et coûteuses à remettre en état pour légitimer un recours de l’acheteur» appuie-t-il.
« En effet, par principe, l’acheteur d’un véhicule d’occasion doit s’attendre à devoir envisager des frais de remise en état liés à l’usure du véhicule. Mais il n’a pas à supporter les conséquences imprévues de la vétusté, c’est-à-dire les défauts importants qu’un véhicule d’occasion de cet âge et de ce kilométrage ne devrait pas présenter. Les tribunaux tiennent souvent compte, en la matière, du danger engendré pour décider si le défaut est grave. »
 

Le caractère occulte du vice
 

« L’action en garantie pour vices cachés ne peut constituer un moyen efficace de revenir sur un achat précipité que l’on regrette. C’est le sens de la règle posée à l’article 1642 du Code civil  qui stipule que « le vendeur n’est pas tenu des vices apparents et dont l’acheteur a pu se convaincre lui-même ». »
 

Essai routier et contrôle technique

"Le vice apparent, c'est celui dont le vendeur a informé l'acheteur ou que ce dernier devait normalement découvrir, sans connaissances particulières en mécanique." : Maître Laurent Mercié

« Le vice apparent, c’est celui dont le vendeur a informé l’acheteur ou que ce dernier devait normalement découvrir, sans connaissances particulières en mécanique. Il en va ainsi de tout ce qui est révélé par l’examen du contrôle technique, lequel est obligatoire lors de la vente d’un véhicule mis en circulation depuis plus de quatre ans, sauf si le dernier contrôle a été effectué depuis moins de six mois. Constituent également des vices apparents tout ce qui est révélé par l’essai du véhicule ou de son examen extérieur, sans investigations approfondies ou démontages, comme par exemple des pneus usés ou une batterie, un démarreur, une boîte de vitesses, des feux arrière, un moteur d’essuie-glace ne fonctionnant pas ou encore un moteur émettant des fumées importantes, un témoin de pression d’huile restant allumé, une montée anormale en température du circuit de refroidissement, etc », conclut-il.

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Commentaires
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GLUCK

Bonjour, Que tu n'ais pas vu ce problème quelque part ça n'est pas le plus important ce véhicule a 12 ans et doit avoir un certain kilométrage qui soit dit en passant tu aurais dû nous donner et une durit c'est loin et même très loin d'être inusable ca sèche est ce craquelle aux intempéries. Si tu n'as que ça comme raison tu vas être du pain béni pour expert et justice il est plus que certain que tu vas payer ce que tu auras engagé plus tout ce que ton vendeur aura déboursé. Alors change cette durit et oubli ce fameux et soit disant vice caché. Une voiture d'occasion c'est une occasion et elles ont toutes des possibilités de problèmes y a rien de neuf dessus . Mais ça tu en fait ce que tu veux si tu veux faire du procédurier c'est toi qui voie. De plus ce n'est pas parce qu'il y a 45 page sur ce sujet qu'il faut tout croire. A+

Ahbon

ok merci à tous les 2. Mais honnêtement je ne connais personne dans mon entourage qui ait eu un jour une durite de direction assistée percée: ce sont des durites hautes pression pas des élastiques ! j'avais également vu le défaut de conformité. Je vais creuser... merci

Tiger33

bonjour beh effectivement si pendant 2 mois elle a fonctionne il y a pas lieu penser a vice cache mais comme déjà dit de l'usure apres 12 Ans bien sur on ne voit pas la piece donc on suppose le type de percage qui peut pas se faire du jour au lendemain difficile effectivement de parler de vice cache et il ya aura tres longue procedure eventuelle tiger

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