Voitures radars. Des députés veulent les rendre identifiables
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Voitures radars. Des députés veulent les rendre identifiables

Des députés souhaitant que les voitures radars ne soient plus banalisées, ont déposé une proposition de loi en ce sens. Selon eux, cela éviterait de « piéger » les automobilistes et redorerait un peu l'image de ces dispositifs de plus en plus privatisés.

Par Florian Chopin, MaxK
Publié le Mis à jour le

Les voitures radars se fondent dans le trafic.

Préfet de Maine-et-Loire

Une quarantaine de députés (majoritairement LR mais aussi LREM, UDI, MoDem, LFI et groupe Libertés et Territoires) viennent de proposer une loi visant à rendre obligatoire la signalisation des voitures-radars. Celles-ci sont actuellement banalisées, et de plus en plus sont conduites par des chauffeurs d’entreprises privées mandatées par l’État avec des plages horaires plus larges et donc un nombre de PV dressé plus élevé que lorsque des policiers ou gendarmes sont au volant. Leur déploiement s’accélère et, d’ici fin 2021, 450 de ces véhicules devraient être en circulation dans l’Hexagone dont 223 privatisés. Mi-2020, on comptait 402 voitures radars dont 40 opérées par des sociétés privées.

Les voitures radars signalées comme les radars fixes ?

radar panneau
Les radars fixes sont signalés par des panneaux. Les voitures radars, en revanche, sont banalisées.

« Un conducteur a mieux à faire que de se demander si la voiture qu’il croise ou qu’il dépasse est un véhicule parmi d’autres ou un “radar sur roues” camouflé. Cette source de stress le détourne de l’objectif numéro 1, à savoir observer l’environnement dans lequel il circule, anticiper tout événement imprévu et se tenir prêt à réagir », expliquent les parlementaires.

Et de poursuivre : « L’identification des voitures radars serait par ailleurs parfaitement cohérente avec les panneaux de signalisation avertissant les conducteurs de leur entrée dans une zone de contrôle de la vitesse par radar fixe ». On pourrait ajouter qu’un conducteur n’est pas incité à surveiller sa vitesse, ce qui est censé être le but premier des radars, s’il ne sait pas qu’un tel dispositif se trouve à proximité.

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Des voitures radars de plus en plus variées

voiture radar caméra
Les voitures radars banalisées sont difficiles à reconnaître.

Outre leur nombre, la variété des véhicules utilisés comme radars augmente également. Cela « concourt aussi à les rendre indétectables » d’après les députés. Ces autos sont reconnaissables par les plus avertis à quelques éléments comme leur caméra sur leur planche de bord ou l’émetteur infrarouge à proximité de leur plaque d’immatriculation, des équipements pas toujours faciles à repérer lorsque l’on conduit. La liste des modèles comprend :

  • Renault Mégane
  • Peugeot 208, 308 et 508
  • Dacia Sandero
  • Citroën Berlingo
  • Ford Focus
  • Volkswagen Golf et Passat
  • Seat Leon
  • Skoda Octavia

Un site, détenu par le même éditeur que radars-auto.com, propose déjà de répertorier les différentes voitures radars privatisées en circulation sur les routes de France.
 

Une question de confiance

Les auteurs de la proposition de loi s’appuient sur des témoignages relayés par des associations d'usagers de la route. « J’ai déjà constaté que les voitures radars circulent à des vitesses inférieures aux limitations, incitant les conducteurs à doubler, les contraignant ainsi à dépasser la limite », peut-on lire sur le texte de la proposition de loi, de même que : « Me rapprochant d’une voiture circulant sous la vitesse limite de 80 km/h (…),  j’accélère pour la dépasser (…) Ensuite je me rabats et laisse la voiture ralentir pour que le régulateur se remette en fonctionnement (…) Sauf que le véhicule que je venais de doubler était une voiture radar. (…) Je me suis retrouvé en excès de 8 km/h. »

voiture radar roule
Les voitures radars peuvent "flasher" dans les deux sens en roulant...
voiture radar arrêt
... mais aussi lorsqu'elles sont stationnées.

Estimant que « la confiance dans la responsabilité du conducteur (…) passent au second plan » dans la politique du gouvernement en matière de sécurité routière, les députés argumentent : « Un signal de confiance dans la responsabilité du conducteur pourrait résider dans la fin du caractère banalisé des véhicules de contrôle de la vitesse, comme c’est déjà le cas pour les véhicules de contrôle du stationnement payant. (…) Elle réduirait aussi la défiance de la population, qui associe le concept de voitures radars, en particulier conduites par des chauffeurs salariés de sociétés privées, à un objectif de rentabilité plutôt qu’un renforcement de la sécurité routière.» Cette proposition doit maintenant être étudiée par la commission des lois.

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