Voitures radars. Voici la carte des régions où elles circulent
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Voitures radars. Voici la carte des régions où elles circulent

Lancées en 2013, les voitures radars se déploient grâce à des sociétés privées. Après une phase d'expérimentation, la verbalisation a débuté. Nouvelles régions concernées, astuces pour les reconnaître dans la circulation, amendes et marges de tolérance... L'argus vous dit tout sur ces machines à PV.

Par Benjamin Defay
Publié le Mis à jour le

Une voiture radar, comment ça marche ? L'argus fait le point.

Illustration Sécurité routière

[Mis à jour le 09/05/2022] Depuis leur mise en place en mars 2013, les voitures-radars sont devenues des armes redoutables et redoutées. D’abord utilisés par les forces de l'ordre avec un rendement faible (moins de 2 heures par jour et sur de courts trajets), ces véhicules équipés de radars embarqués sont aussi confiés, depuis 2017, à des sociétés privées. Avantage : le temps de roulage a presque été multiplié par cinq ! Ces radars mobiles-mobiles – qui se confondent dans la circulation – roulent déjà dans 8 régions françaises sur 12 sont. L'extension des contrôles privatisés s'étendra, dès la fin 2022, aux quatre régions restantes : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France et Occitanie. Sur les 400 voitures radars actuellement en circulation, 223 sont entre les mains de prestataires privés.


Une voiture radar, c'est quoi ?

Une voiture radar est un véhicule lambda (type Peugeot 208, Renault Mégane, Dacia Sandero, VW Passat ou Skoda Octavia), dans lequel divers caméras et radars ont été installés. Ce véhicule est équipé d’un module radar infrarouge à l’avant comme à l’arrière, souvent situé au niveau des pare-chocs, près de la plaque d’immatriculation. Ces modules analysent la vitesse des véhicules alentour et la relient aux limitations en vigueur recueillies grâce à un module GPS positionné sur le pare-brise.

Les voitures radars embarquent des petites caméras...
... et un module radar infrarouge à l'avant et à l'arrière.

Une caméra infrarouge placée à l’intérieur, sur le tableau de bord, enregistre les contrevenants. Point important : il n’y a pas de flash. Ainsi, les contrevenants n’ont aucun indice et retrouvent parfois une jolie surprise dans leur courrier quelques jours plus tard… Les conducteurs des entreprises privées qui réalisent les trajets ne savent pas non plus s’ils ont flashé quelqu’un puisque tout est automatisé et qu’ils n’ont pas d’alerte ou d’accès à ce type d’information. 

Cette tourelle sur le tableau de bord permet de prendre des photos des contrevenants.

La voiture, discrète et souvent sombre, s’insère dans le flot de circulation, ni vu, ni connu… même si de nombreux automobilistes les repèrent désormais ! Certains sites et pages Facebook comme radar-prive.fr ou Info-Radar-IDF mettent à jour régulièrement la liste des véhicules qui circulent, avec leurs plaques pour ceux qui ont bonne mémoire.

À LIRE. Voitures radar : ce qu'elles rapportent à l'État
 

Qui conduit les voitures radars ?

Depuis 2017, la conduite de ces voitures radars a été confiée à des opérateurs privés, en plus des policiers. Le parcours est préétabli par les préfectures des départements concernés, et le conducteur doit seulement se concentrer sur sa conduite sans se soucier du matériel embarqué. Un employé d’une entreprise privée roule en moyenne 5 h 30, contre 1 h 12 pour les officiers assermentés. Il sillonne tous types de routes (autoroutes, routes départementales et nationales), 7 jours sur 7 (jours fériés inclus), de jour comme de nuit.

Une voiture radar conduite par un chauffeur privé (qui suit un itinéraire défini sur le GPS) embarque des modules infrarouges, des caméras et un système d'analyse de données dans le coffre.

Les chauffeurs de ces entreprises privées (Securitas, Mobiom, OTI France, Geos…) sont recrutés sans qualification particulière. Ils doivent simplement avoir au moins 10 points sur leur permis de conduire et un casier vierge, avec dans l'idéal une expérience dans le domaine de la conduite (auto-école, ambulancier, transporteur…), de la sécurité ou du maintien de l’ordre (policier ou gendarme à la retraite). Avis aux intéressés, les offres d'emploi pullulent !
 

Où circulent les voitures radars ?

Le parc total des voitures radars comprend 400 véhicules : 177 pour les forces de l'ordre et 223 à la disposition des opérateurs privés. Voici les régions et le nombre de voitures radars avec chauffeur en circulation.

En service :

  • Normandie : 26 véhicules
  • Bretagne : 18 véhicules
  • Pays de la Loire : 19 véhicules
  • Centre-Val-de-Loire : 20 véhicules
  • Hauts-de-France : 33 voitures
  • Grand Est : 40 voitures - L’Aube (3 autos) a ouvert le bal dès septembre 2021, suivi de la Marne (4), la Meuse (3) et le Bas-Rhin (6) le 1er octobre, puis de la Haute-Marne (1) à la mi-décembre, la Moselle (6) le 19 janvier, les Vosges (3) le 1er mars. En attendant les Ardennes (3), la Meurthe-et-Moselle (6) et le Haut-Rhin (5).
  • Bourgogne-Franche-Comté : 24 voitures
  • Nouvelle-Aquitaine : 45 voitures - Les Landes (4 autos) et la Haute-Vienne (4) sont équipés depuis août 2021, la Charente (2) et les Deux-Sèvres (2) depuis le 16 août, la Gironde (9) depuis le 8 novembre, la Corrèze (3) depuis le 18 octobre, la Vienne (3) depuis le 1er décembre, la Creuse (2) depuis le 1er février, les Pyrénées-Atlantiques (4) depuis le 1er mars, la Charente-Maritime (6) depuis le 14 mars, la Dordogne (4) début avril. A suivre, le Lot-et-Garonne (2).

Déploiement prévu d'ici la fin de l'année 2022 :

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Ile-de-France
  • Occitanie
  • Provence-Alpes-Côte d’Azur

Après une première phase d’expérimentation et d’apprentissage pour cartographier précisément les limitations de vitesse des itinéraires empruntés, la verbalisation a débuté dès le mois d’août 2021 dans certains départements. Attention si vous roulez sur les routes de Nouvelle-Aquitaine, où la préfecture de deux départements a déjà annoncé la couleur. Dès le 1er août, la distribution de PV a débuté en Haute-Vienne, tandis qu’elle a commencé mi-août dans les Deux-Sèvres (79), avec 793 flashs sur les 12 premiers jours. Les autres départements suivent, et il faudra donc rester vigilant dans le Nord, le Pas-de-Calais, l'Aube, la Charente, les Landes et le Bas-Rhin, où l’expérimentation débute en même temps. La verbalisation dans les autres régions sera mise en place progressivement jusqu’au début de l’année 2022.

Quelles amendes et quelle marge d’erreur ?

La Sécurité routière annonce que les premiers retours d’expérience, sur la base des expérimentations depuis 2018 notamment, font apparaître une moyenne mensuelle de contraventions par des voitures radars à 322 PV. Cela représente 9,2 % de l'ensemble des contraventions établies à la suite d'un excès de vitesse détecté par un radar.

Avec ces moyens de contrôle, la marge de tolérance est supérieure puisque le véhicule radar est en mouvement. Elle passe à 10 % au-dessus de 100 km/h. Elle est habituellement de 5 % pour les installations fixes.

Puisqu’il s’agit de matériel radar en déplacement, une marge de tolérance supérieure est retenue : 10 km/h en plus de la vitesse autorisée ou 10 % au-delà de 100 km/h, contre 5 % pour les radars fixes. Ainsi, sur une nationale limitée à 110 km/h, un automobiliste pourra se faire flasher s’il double la voiture radar à partir de 124 km/h.

En revanche les amendes sont les mêmes que pour les excès de vitesse pris par d'autres radars.

Infractions Classe Amendes Points retirés Peines Complémentaires
Excès de vitesse < à 20 km/h (hors agglomération) 3e classe 68 € 1 -
Excès de vitesse < à 20 km/h (En agglomération) 4e classe 135 € 1 -
Excès de vitesse < à 30 km/h 135 € 2 -
Excès de vitesse < à 40 km/h 135 € 3 3 ans de suspension
Excès de vitesse < à 50 km/h 135 € 4 3 ans de suspension
Excès de vitesse = ou > à 50 km/h 5e classe Maximal de 1 500 € 6 3 ans de suspension, sans sursis, ni « permis blanc », confiscation possible
Excès de vitesse = ou > à 50 km/h Délit de récidive Maximal de 3 750 € 6 3 ans de suspension, sans sursis, ni « permis blanc », confiscation, 3 mois de prison

 

La contestation possible ?

Comme pour les radars fixes et mobiles, la contestation pour ces radars embarqués reste possible. Elle pourrait d'ailleurs être plus récurrente, les contrevenants risquant d'être surpris de recevoir un PV sans avoir vu de flash... Pour contester, attention au délai : 45 jours à partir de la réception de l'avis de contravention. La première étape consiste à vérifier la légalité du PV : l'identification du véhicule contrôlé avec marque, modèle et immatriculation correctes, l'identification de l’appareil de contrôle et sa date de vérification annuelle, la précision du lieu de contrôle par un repère géographique, la vitesse réglementaire sur place et celle retenue avec la bonne marge d'erreur…

La contravention peut être contestée selon les cas, notamment si le titulaire de la carte grise (qui reçoit le PV lorsqu'il n'y a pas d'interpellation) n'était pas la personne au volant. Il n'encourt ainsi que l'amende, et pas de sanction pénale.

Il faut savoir que ces voitures radars « flashent » le véhicule, mais pas forcément le conducteur. S'il n'y a pas d'interpellation, l'avis est envoyé au titulaire de la carte grise. Ainsi, la contestation est également possible lorsque le propriétaire n'est pas la personne au volant. En niant être l'auteur de l'infraction, le titulaire de la carte grise n'encourt que l'amende forfaitaire, et non pas les sanctions pénales comme le retrait de points ou la suspension du permis de conduire.

 

Des véritables « pompes à fric » ?

Selon la Sécurité routière, « aucune considération d'ordre budgétaire ou de “ rendement pour les caisses de l'État ” n'entre en ligne de compte, pas plus pour le déploiement des voitures radars que pour tout autre dispositif de contrôle de la vitesse ». Les trajets sont étudiés selon l’accidentalité locale par les préfectures des départements et « en aucun cas laissés à la libre appréciation des entreprises ou de leurs conducteurs » selon des logiques de rentabilité, affirme l’organisme.

Les voitures radars privatisées rapporteraient jusqu'à vingt fois plus qu'une voiture radar classique selon la Ligue de défense des conducteurs.

Ainsi, de nombreuses association dénoncent la privatisation des voitures radars comme La Ligue de défense des conducteurs ou 40 millions d'automobilistes. « L’État délègue une de ses missions régaliennes à des sociétés privées, qui sont rémunérées grassement pour cela » estime Pierre Chasseray, délégué général de l'association. « Dans chaque région administrative, une entreprise a été sélectionnée par appel d’offres ; le montant total des contrats accordés par l’État aux huit régions concernées par la privatisation à la fin de l’année 2021 (soit 226 voitures) pour les quatre années à venir est de l’ordre de 78 millions d’euros », poursuit l’homme. Il affirme que « cette somme colossale constituera un investissement très lucratif pour l’État » et que les voitures radars seront « très vite rentabilisées, au regard des centaines de millions d’euros qui entreront dans ses caisses grâce à la multiplication des contraventions pour excès de vitesse ».

À LIRE. Nouveaux radars. Toujours plus nombreux mais moins rentables en 2022 ?

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Pierre31500 Le 13/11/2021 - 12:40
Au nom de la sécurité ! Principal argument d'un pouvoir autoritaire, il a été et est toujours utilisé pour justifier la mise en place de Radar. Vu que leur objectif déclaré est l'implantation en zone de danger, nous sommes en droit d'être étonné de leur persistance depuis plusieurs dizaines d'années. Identifier les zones de dangers et si peu faire pour les éradiquer, alors que les structures et financement (péages et PV) sont en places cela relève de l'irresponsabilité. Avec les voitures 'Radar' c'est une étape beaucoup plus insidieuse qui est franchie : cela signifie au moins trois choses. - La disparition du signalement des zones de dangers, pourtant inscrite dans la loi, - l'instauration de la peur et de la culpabilité potentielle permanente au regard de l'incohérence et de l'instabilité des limitations... - Mais surtout le point le plus grave, celui qui bafoue les principes de "liberté, égalité, fraternité". En renforçant la dénaturation du code de la route entrepris depuis une cinquantaine d'années, il nous dirige vers une dictature. À l'origine, le code de la route est un ensemble de règles qui régit le comportement entre usagers. Il s'appuie sur trois piliers et aboutit sur un permis. Connaissance des règles et de la signalisation, maitrise du véhicule et savoir se conduire. Aujourd'hui, le code de la route est avant tout un rapport entre l'usager et une administration pour ne pas dire un pouvoir. Cherchez l'erreur.
Pierre31500 Le 13/11/2021 - 11:36
Au nom de la sécurité ! Principal argument d'un pouvoir autoritaire, il a été et est toujours utilisé pour justifier la mise en place de Radar. Vu que leur objectif déclaré est l'implantation en zone de danger, nous sommes en droit d'être étonné de leur persistance depuis plusieurs dizaines d'années. Identifier les zones de dangers et si peu faire pour les éradiquer, alors que les structures et financement (péages et PV) sont en places cela relève de l'irresponsabilité. Avec les voitures 'Radar' c'est une étape beaucoup plus insidieuse qui est franchie : cela signifie au moins trois choses. - La disparition du signalement des zones de dangers, pourtant inscrite dans la loi, - l'instauration de la peur et de la culpabilité potentielle permanente au regard de l'incohérence et de l'instabilité des limitations... - Mais surtout le point le plus grave, celui qui bafoue les principes de "liberté, égalité, fraternité". En renforçant la dénaturation du code de la route entrepris depuis une cinquantaine d'années, il nous dirige vers une dictature. À l'origine, le code de la route est un ensemble de règles qui régit le comportement entre usagers. Il s'appuie sur trois piliers et aboutit sur un permis. Connaissance des règles et de la signalisation, maitrise du véhicule et savoir se conduire. Aujourd'hui, le code de la route est avant tout un rapport entre l'usager et une administration pour ne pas dire un pouvoir. Cherchez l'erreur.
fanch67512 Le 12/11/2021 - 22:39
je ne comprends toujours pas que de tels systèmes aussi inutiles soient encore achetés par l'état. Ces contrôles de vitesse vont travailler uniquement sur des routes à gros potentiel financier. Les politiques et députés qui ont mis en marche cette nébuleuse de détournement d'argent du peuple n'ont plus aucune retenue et ne ressentent même plus qu'ils sont simplement des voleurs. La notion d'impunité et de j'enfoutisme atteint ici son apogée. Et le peuple se tait....
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