Soyons clairs : le BMW X7 ne cadre pas exactement avec l’ambiance qui règne dans l’Europe automobile de 2019, obsédée par l’électrification et un certain devoir de contrition post-scandale du diesel. Largement dérivé du BMW X5 qui n’est déjà pas un poids plume, cet imposant SUV de 5,15 m de long n’avance pas masqué. Proposé uniquement avec des moteurs thermiques essence et diesels, il semble même cultiver un certain goût pour la provocation. Ses énormes naseaux, ses traits taillés à la serpe et ses jantes chromées mesurant de 20 à 22 pouces annoncent la couleur : discret, il n’est pas. Il est vrai que le segment de marché auquel il s’attaque n’est en général pas réputé pour sa finesse.
C’est en essayant ce modèle sur son lieu de naissance que l’on réalise cependant combien ce point de vue européen est relatif. Monumental chez nous, le X7 paraît presque modeste à côté des trucks et autres SUV full size si nombreux aux Etats-Unis, où l’essence se paie à l’heure où nous écrivons ces lignes l’équivalent de 0,67 € le litre. Son esthétique y apparaît presque raffinée, conforme à ce que l’on attend là-bas d’un SUV de très grand luxe. Cela tombe bien, c’est sur place que le X7 entend réaliser le plus gros de ses ventes : dans ses objectifs, BMW place l’Europe après les Etats-Unis, la Chine et le Moyen Orient. C’est tout dire !
Une Série 7 surélevée
De grand luxe, il est assurément question lorsque l’on considère les prix et l’équipement du X7. Le prix d’accès est en effet fixé à 94 400 € pour la version 30d proposée en version « de base ». On voit là que le SUV tient à laisser à la BMW Série 7 le rôle de navire amiral puisqu’il est sensiblement moins cher à finition et motorisation équivalentes. Il cherche aussi sans doute à se faire une place au soleil puisqu’il s’agit d’un tout nouveau modèle qui doit encore faire ses preuves. L’équipement de série apparaît si riche qu’on se demande en découvrant la liste s’il y a des options. Ce serait bien mal connaître BMW ! En piochant dans le catalogue on peut sans effort élever le tarif de 20 000 € si l’on souhaite bénéficier de toutes les aides à la conduite proposées et de quelques raffinements supplémentaires.
Reste que tous les X7 bénéficient de l’essentiel et du superflu, depuis la sellerie cuir jusqu’à la commande gestuelle en passant par les compteurs digitaux. Dans cette profusion on s’étonne toutefois de ne pas trouver le régulateur adaptatif, si commun dans l’auto de Monsieur-Tout-le-Monde et facturé ici 850 €. A noter que l’écart entre les quatre finitions proposées, X7, Exclusive, Sport et Msport est faible : il s’agit avant tout de différences de présentation.
La gamme X7 s’articule pour l’instant autour de trois motorisations : le six cylindres diesel 30d, qui sera la version la plus demandée chez nous, le M50d à quatre turbos et enfin le six cylindres essence 40i. C’est ce dernier que nous avons choisi d’essayer, les modèles diesels, personæ non gratæ aux Etats-Unis, n’étant pas disponibles à l’essai. Bien entendu, cette version n’a aucune chance chez nous, puisqu’elle s’expose à l’imposition maximale en matière de malus écologique et de TVS. Notons enfin qu’il n’est pas encore question d’un X7 hybride rechargeable, puisque cette motorisation imposerait de condamner la troisième rangée de sièges. On nous a également révélé que les clients étaient plus demandeurs d’une version V8 essence, notamment en Allemagne… Vous avez dit provocateur jusqu’au bout ?