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La frontière de l'alcool et du shit?

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  • totofe #9 02-04-2010 12:32:36

    Bonjour,

    Tres interessante cette file, comme vous dites..
    je suis d'un age avance on va dire; 46 ans, qui est encore jeune tout de meme

    je suis originaire d'une region tres alcoolisé du centre de la France, j'ai perdu pas mal de connaissance par ce fleau ...
    je pense que si mes parents n' avait pas pris la decision de la transumance pour la zone urbaine.(ile de france)
    je serai alcoolique aujourd' hui..

    j'aime boire....
    pourquoi , je sais pas ..

    mais je n' aime pas me rendre dans un etat pitoyable....j'espere que vous comprenez ce que je veux dire

    c'est l'etat ou tout est bien ;ou on sait tenir une conversation,ou on sait argumenter ....mais, mais, mais .... je reconnais que ce n' est pas la solution ..

    je sais qu'il y a une limite, que si on se connait bien  ainsi que  les reactions de son corps face a l' alcool ,on sait l'atteindre et la maintenir.....ce qui est mon cas ..(et je dirai le cas de bcp en age avancé) et qui touche toute les couches sociales et meme les milieux ou on se devrait de montrer l' exemple.

    je ne me fais pas une eloge car cela ne me plait pas du tout ...
    un de mes grands pere est mort de l'alcool( je ne l'ai pas connu).....est-ce hereditaire ?

    attention quand je dis boire, je pratique tout de meme un self controle ...

    je ne bois pas de la semaine , par obligation si je puis dire, puisque 100 km par jour pour me rendre a mon travail.

    j'ai de la chance d' avoir une femme qui ne boit pas, donc c'est systematiquement elle qui prends le volant au retour.

    il va de soit que l' alcool ne m'a jamais rendu agressif, bien au contraire, l'argumentation m' innonde a m'en etonné ..

    j'ai surtout appris a boire a l' armée comme bcp de notre generation ...
    et le pire c'est que  j'ai fait mon service au Pompiers de paris, qu' elle paradoxe...

    je sais ce que l' alcool peut faire...

    j'aime bien la refexion de IDG sur le faits que l'on ne ratisse pas assez large sur les culpabilité et que dire quand on voit que les sodas sont aussi chers que l' alcool en boite ....effarants.

    j'ose esperer d'autres commentaires.
    je me suis permis ce temoignage qui va peut etre choqué

    bonne journée

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  • idiot gene #10 02-04-2010 15:08:46

    bonjour
    et merci de ce témoignage Totofe,
    en ce qui me concerne, je n'y vois rien de choquant
    je pense au contraire que la plupart des gens se retrouveront dedans smile

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  • totofe #11 02-04-2010 15:34:27

    c'est fort possible , car on voit bien que la consommation d'alcool nationale ne baissent pas vraiment....

    se donne t on vraiment les moyens ???
    j'en doute.

    travaillant dans le domaine etude automobile, je verrais de bon oeil un systeme etylotest embarqué qui empeche le demarrage, on sait faire pour les deux passagers de  devant avec detecteur de presence pour les sieges avant.

    comme on sait limiter la vitesse aussi

    mais la aussi, je crie a l' hypocrisie, que je supporte de moins en moins. je vois que l' alcool , la vitesse, ne sont que pretexte a un impot sous camouflés.

    bon week end

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  • Titom77 #12 02-04-2010 15:49:05

    Bonjour,

    Tout d'abord bravo pour ce forum et toutes les réponses qui y sont apportées.

    Je voulais apporter une pierre de plus à l'édifice en vous racontant mon histoire. Ça peut peut être aider des personnes dans des cas similaires.

    Je me suis fait arrêter le 17 janvier 2009 en scooter (125cm²) en bas des champ élysée. Je revenais d'une soirée un peu arrosé et j'ai été contrôlé positif. Je souffle dans l'éthylotest, résultat, 0,77 mg/litre d'air expiré. Direction le commissariat, 12 heures de garde à vue et 4 mois de suspension de permis. La suite se complique un peu.
    Me croyant plus malin que tout le monde et me disant que je ne me ferai pas recontrôler de sitôt (mon raisonnement, au demeurant totalement stupide: presque 10 ans de conduite à paris et jamais contrôlé donc c'est pas dans les 4 mois qui arrive que je risque d'être contrôlé...), je prends le risque de conduire malgré ma suspension de permis. Bien évidement mon raisonnement c'est avéré faux. Le 08 mars 2009, je me fais arrêter. En plus d'être en suspension de, je suis une fois de plus contrôlé positif à l'alcool. Cette fois ci, j'ai 0,47 mg/litre d'air expiré. On prend les même et on recommence, re-garde à vue, etc....

    Je suis alors convoqué pour passer en crpc le 26 mai 2009. Le jugement est le suivant: 1 mois d'emprisonnement avec sursis, une amende de 300€ et une suspension de permis de 8 mois.

    Je suis conscient, après en avoir discuter avec pas mal de gens et après avoir parcouru de long en large ce forum que j'ai eu beaucoup de chance. Le tribunal a été très clément. Apparemment il n'a pas pris en compte la récidive sinon, je pense qu'il m'aurait tout simplement annulé mon permis de conduire.

    Fin janvier 2010 j'ai fais mes analyse de sang (ggt: 28 UI, CDT: 0,8%), passé ma visite médicale et récupéré mon permis de conduire.

    En tout cas, une chose est sûre, on ne m'y reprendra plus. Toute cette histoire m'a bien servi de leçon.

    Voilà, j'espère que ce témoignage pourra aider certaine personnes.

    Bon courage à tous.

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  • alonsojp #13 08-04-2010 18:17:02

    Bonjour,

    J'apprécie les témoignages et je vais apporter ma pierre à l'édifice. Je ne suis pas ce qu'on appelle un alcoolique. Mais comme tout le monde, j'ai des moments difficiles. Je ne suis pas à plaindre, j'ai trouvé la femme de ma vie, j'ai un boulot assez bien payé, un projet immobilier. Mais des drames à répétitions et des problèmes de santé depuis mon enfance font que je suis drogué aux antidépresseurs. Lorsque j'ai voulu arrêté ce poison, il a quelques mois, j'ai senti une attirance vers l'alcool.

    Heureusement, il n'y a pas de bouteille chez moi. Je n'ai pas plongé dedans mais, je sais que face à l'alcool, je suis fragile. C'est un paradoxe car en soirée, je suis toujours celui qui refuse de boire. Pourtant, quand je suis seul il m'arrive de me sentir attiré vers l'alcool. Moins maintenant car j'ai repris les antidépresseurs. Mais, lors de ma prochaine tentative pour arrêter, j'ai bien peur de ne pas résister.

    L'alcoolisme n'arrive pas qu'aux autres. Nous devons tous être prudent avec ça.

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  • totofe #14 09-04-2010 07:13:20

    bonjour,

    oui mais attention......c'est pas parceque l' on boit ou qu' on aime boire,( je m' entends de facon pas reguliere, ca va de soit) que l'on doit etre consideré comme un malade.
    je bois , j' assume les contraintes qui en resultent (ex: ne pas prendre le volant aprés ) et je ne me considere pas alcoolique.

    j'ai un bar bien rempli toujours pret a faire face à l' improviste mais c'est pas pour ca que je m'en tape un tous les jours ....

    je trouve qu' on a trop tendance a culpabiliser les personnes qui ont  une tendance ""bon vivant"".

    bonne journée a tous.

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  • idiot gene #15 09-04-2010 10:11:33

    bonjour Totofe

    l'idée n'est pas de culpabiliser... personnellement je trouve cette méthode très mauvaise dans tous les domaines... c'est d'attirer l'attention, la prise de conscience, pour reprendre une des dernières phrase du post it alcool en DPR c'est que l'on prenne l'habitude de se demander, à l'occasion, "où est-ce que j'en suis avec l'alcool?"

    Comme je l'ai dit plus haut, pour moi, c'est un tort de faire croire que l'alcool est une maladie, je préfère dire que c'est une drogue douce avec des effets plus ou moins marqués, comme la drogue "douce", le shit.
    C'est plutôt une drogue, dans le sens défini par l'OMS, substance non nécessaire intrinsèquement à l'homme, qui n'est pas curative, mais à tendance addictive, qui modifie la perception des choses et le comportement.

    Certes un verre ou deux d'un bon Savigny-les Beaune avec une côte de boeuf vigneronne va de soi, plutôt que de l'eau... quoique l'eau, c'est neutre.

    Mais je préfère quand même garder l'association de drogue douce avec le shit, même si les effets psychiques ne sont pas les mêmes car ça n'est, effectivement, pas un verre ou un joint  qui vont nous faire devenir des épaves...si ça reste occasionnel et qu'on ne prend pas le volant. smile

    Le problème est un vrai problème quand l'occasionnel à tendance à se répéter de plus en plus souvent...pour décompresser... au moindre problème.
    Et le problème de ce problème c'est justement à partir de quel moment on bascule du festif occasionnel contrôlé à la pente douce qui peut descendre dans de très bas étages? icon_confused

    En résumé, je ne pense pas non plus qu'il faille dire de quelqu'un qui boit un verre en mangeant qu'il est malade alcoolique (ce que sous-tend l'OMS) parce que personne ne se reconnaîtra comme alcoolique (comme les vrais d'ailleurs smile ).
    Je pense qu'il faut toujours se dire - ou dire à l'autre- "où en est-on avec l'alcool?
    quelle dose, quelle fréquence et pourquoi?"

    Or ça, ce sont des réflexions d'adultes mûrs..c'est pas les jeunes hommes et femmes! de 20-30 qui vont se les faire, en plus ils ont ajouté le shit à la bibine... et ils ne comprennent pas pourquoi ça n'est pas normal, pourquoi on leur fait de plus en plus la chasse et qu'il faudra taper de plus en plus dur.

    Tiens, si on voulait faire un investissement plus rentable que les assurances vie et moins risqué que la bourse, on achèterait des part des cliniques "d'addictologie" ," d'assuétudes" (terme encore plus politiquement correct et non vexatoire) ou des actions des AA, ou des locaux à louer pour eux...car ils vont s'agrandir dans les années qui viennent sad
    et les dealers officiels ont une part de responsabilité certaine, et ce qui me choque, c'est qu'ils soient totalement impunis et pas inquiété par la justice. Au contraire, beaucoup de parlementaires et ministres sont leurs obligés et leur accordent des passe-droit (en rétrécissant la loi Evin) pire encore, l'actualité récente nous le démontre, sous prétexte de mieux canaliser la pègre, le gouvernement installe un système officiel de drogue! jeux, alcool, médicaments...bientôt les putes diplômées d'état (je sais: il y en a déjà icon_mrgreen ) smile

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  • idiot gene #16 18-04-2010 17:10:48

    bonjour

    j'ai découvert ceci en épluchant les patates (rien de tel que les frites avec des vraies patates wink ) je retranscris car pas moyen d'importer le pdf sad

    Citation de Le Figaro
    HÉPATOLOGIE. L'alcoolisme est une pathologie relativement fréquente dans notre pays, puisque l'on estime à 2 millions le nombre d'individus dépendants à l'alcool. Tout le problème est de faire admettre à ces personnes qui boivent trop et qui présentent un risque élevé de complications (cirrhose, cancer, troubles neurologiques, démence, désinsertion sociale...) qu’elles doivent être prises en charge. Le déni. le refus pour l'entourage, qu'il soit familial, professionnel, voir médical, de regarder le problème en face, explique le retard au diagnostic.
    DIAGNOSTIC. Il est encore trop souvent posé à l'apparition des premières complications. La frontière floue dans l'esprit de la population entre une consommation normale et une consommation excessive joue un rôle dans le déni si fréquent de
    l'alcoolisme. Plusieurs personnalités ont, ces dernières années, révélé leurs relations douloureuses avec l'alcool, comme Hervé Chabalier ou Véronique Sanson, ouvrant une petite brèche dans le silence qui entoure cette addiction. L'an dernier, un cardiologue, Olivier Ameisen, a publié un livre où il décrivait l'enfer de l'alcoolisme et la manière dont il s'en était tiré, au bout d’une vingtaine d’années
    avec un médicament, le baclotène.
    MÉDICAMENTS. À la suite de cet ouvrage, plusieurs essais thérapeutiques sont en cours avec ce médicament connu depuis longtemps et prescrit dans des affections neurologiques. Les alcoologues suivent avec intérêt le développement de ce médicament, ainsi que d'autres molécules, mais ils estiment que la dimension psychologique
    ignorée dans cette maladie.
    SEVRAGE. Il n'est pas difficile à obtenir, mais c'est le maintien à long terme de l'abstinence qui est le véritable casse-tête. Tout l'enjeu est de trouver pour chaque patient qui accepte de se traiter une prise en charge adaptée, avec un soutien médicamenteux mais aussi psychologique.
    Dr MARTINE PEREZ in Le figaro 22 mars 2010 p12 Repères

    Dépendance à l'alcool: les nouvelles pistes

    De nouvelles molécules sont en cours d'essais, mais on ne peut pas ignorer l'importance du soutien psychologique.

    Dr NATHALIE SZAPIRO-MANOUKIAN
    DROGUE Pour les deux millions de Français qui consomment trop d'alcool et sont déjà dépendants, le problème n'est pas tant le sevrage que la prévention des rechutes. En témoignent les chiffres: après sevrage, au bout d'un an, environ un tiers n'a pas retouché à une goutte d'alcool. Un autre tiers passe par des phases d'abstinence et des périodes de rechutes. Un dernier tiers, enfin, n'a jamais réussi à se passer d'alcool. Pour le pr Patrice Couzigou (médecin hépatogastro-entérologue, CHU de Bordeaux), cela n'a rien de surprenant: «Le problème n'est pas tant d'avoir une vie sans alcool que de trouver un nouvel équilibre dans sa vie, sans alcool. Or ce n'est pas
    et ce ne sera jamais possible avec une simple prescription médicamenteuse. Il faut remplacer la dépendance à l'alcool, néfaste, par d'autres dépendances plus positives (sport, loisirs, musique. etc.) en fonction des centres d'intérêt de chacun. Cela demande une "prise en soins" sur mesure et du temps.» Quant au médicament, il ne peut apporter qu'une aide supplémentaire. Actuellement plusieurs essais thérapeutiques sont en cours en France et aux États-Unis, avec une molécule prometteuse, le baclofène, censé réduire l'appétence pour l'alcool, sans être pour autant une solution miracle.

    Un des problèmes posés par l'abus d'alcool, c'est qu'il est trop souvent et trop longtemps occulté. Lorsqu'on s'en inquiète, il est souvent bien tard. On a l'habitude d'évoquer un risque pour la santé au-delà de trois verres standards par jour en moyenne (comme ceux servis dans les bars) pour les hommes ou de deux verres quotidiens pour les femmes - soit 21 verres par semaine pour les hommes et 14 pour les femmes - mais nous ne sommes pas égaux face à la dépendance, certains étant beaucoup plus vulnérables que d'autres. «De plus, ne pas pouvoir s'abstenir de consommer
    dans certaines circonstances - par exemple, à chaque sortie entre amis - est peut -être déjà un signe de dépendance psychique, même si les quelque deux millions de Français concernés se pensent à l'abri, sous prétexte qu'ils peuvent rester plusieurs
    jours sans boire quand ils ne sortent pas », insiste le Dr Kiritzé- Topor, médecin alcoologue.
    Enfin, il n'y a pas besoin d'être déjà « esclave» de l'alcool pour en payer les conséquences: près d'un décès prématuré sur deux lié à l'alcool touche des consommateurs qui ne sont pas dépendants. Ainsi, pour bien faire, c'est tout le dépistage des personnes à risque qui serait à revoir. Et ce, d'autant que pour les buveurs sans alcoolo-dépendance, un simple entretien (appelé « intervention brève » ) permet le retour à une consommation à très faible risque dans plus de 30 / des cas...
    «Actuellement, sur les 5 millions de Français qui abusent de l'alcool, trop peu sont suivis par un médecin pour ce motif», précise le Dr Kiritzé- Topor. Le sevrage
    des personnes alcoolo-dépendantes ne pose pas de problème en lui-même. Il repose sur un protocole qui a déjà fait ses preuves: 1,5 à 2 litres de boisson par jour . (sans alcool, sans sucre et sans caféine). Des benzodiazépines pendant 48 heures à fortes doses, puis diminuées progressivement, sans dépasser dix jours. De la vitamine BI et de l'acide folique. Et en trois à dix jours, l'affaire est réglée: moins de fatigue et de sautes d'humeur, mais plus d'appétit... du moins, jusqu'aux prochains verres. Car les récidives sont très (trop) fréquentes et c'est bien là le problème.
    Pour tenter de le résoudre, quelque 100000 patients reçoivent l'un des deux traitements actuels d'aide au maintien du sevrage: la naltrexone et l'acamprosate, afin de rendre le maintien de l'abstinence plus aisé. Ces médicaments visent à inhiber le plaisir lié à la prise d'alcool. Cette faible proportion de malades sous médicaments en dit long sur la préférence des spécialistes envers les psychothérapies, en particulier les thérapies comportementales et cognitives.
    Et ce n'est pas la recherche actuelle sur le baclofène - qui n'a pas d'autorisation de mise sur le marché dans cette indication - qui devrait changer la donne. Ce myorelaxant normalement indiqué pour venir à bout des contractures spastiques, rend plus ou moins indifférent à alcool lorsqu'il est administré à très forte dose (2 à 4 fois la posologie habituelle). Une étude italienne randomisée en double aveugle (publication dans The Lancet, 2007), a ainsi montré qu'il y avait davantage d'abstinents chez les patients sous baclofène que chez ceux sous placebo. Mais pour combien de temps? Avec quels effets secondaires à court et à long terme? Les études en cours devront apporter une réponse...

    Vers un dépistage précoce de la cirrhose du foie

    EN CAS d'alcoolisation chronique, le foie n'est pas à la fête. Après être passé par un stade de foie gras (stéatose), il devient le siège d'une inflammation chronique (hépatite alcoolique), puis d'une fibrose. Elle reste réversible, à condition d'en finir avec l'alcool. À défaut, survient une cirrhose qui représente un facteur de risque de cancer du foie. D'où l'intérêt d'un dépistage précoce...
    « Tout Français à risque de fibrose devrait se voir proposer un dépistage. Sont notamment concernés ceux qui consomment trop d'alcool (environ 8 , des Français), d'où l'intérêt de leur poser la question, mais aussi les adultes en surpoids (15%) et, bien sûr, les victimes d'une infection chronique par un virus de l'hépatite B ou C (1,5 ',) », explique le prf Stanislas Pol, chef du service d'hépatologie de l'hôpital Cochin (Paris).
    La bonne nouvelle, c'est que pour dépister une fibrose du foie, il n'y a plus besoin de pratiquer une biopsie. Deux examens non invasifs existent: une prise de sang qui mesure divers marqueurs sanguins et le Fibroscan qui calcule la vitesse de déplacement d'une onde depuis la peau jusqu'au foie (elle est d'autant plus rapide que le foie est fibrosé) .

    « Lorsqu'une fibrose est découverte, le contrôle durable de tous les facteurs de risque - alcool, surpoids, virus - a déjà fait ses preuves: la maladie est alors réversible à 100 Ce retour à la normale est déjà plus difficile à obtenir au stade de cirrhose, mais nous espérons être capables de remodeler complètement le foie dans les cinq à dix ans à venir», poursuit le prf Pol.

    Pour les 250000 Français ayant une cirrhose du foie, l'heure est au dépistage précoce du cancer. Toute personne ayant une cirrhose connue doit donc bénéficier d'une échographie hépatique systématique tous les six mois. Cette seule mesure a déjà permis d'augmenter de plus de 20 % le nombre de tumeurs repérées à un stade opérable. Ce sont autant de personnes que l'on va guérir de leur cancer.
    À côté de l'opération classique (résection de la tumeur), la thermo-ablation explose. Elle consiste à implanter une aiguille dans la tumeur, sous contrôle échographique, et à la brûler par des micro-ondes. Une nouvelle technique, la chi mio-embolisation artérielle hépatique, qui consiste à boucher les vaisseaux nourriciers de la tumeur, permet quant à elle de la détruire à plus de 95 /. Actuellement, elle est surtout réservée aux patients en attente d'une greffe de foie ou comme traitement palliatif.
    « Seul bémol: on guérit la tumeur, mais pas la cirrhose. Des risques de récidive tumorale sont donc toujours possibles. C'est pourquoi, lorsqu'elle est réalisable, la transplantation hépatique reste la solution la plus satisfaisante». conclut le prf Stanislas Pol. Chaque année, 125 greffes de foie sont ainsi réalisées chez des patients ayant une cirrhose alcoolique, mais ayant définitivement tourné la page de l'alcool. De quoi prendre un « vrai» nouveau départ...N.S.-M

    Au moins 10 000 victimes d' « alcoolisme passif»

    EN CAS de surconsommation, il n'y a pas de « bon» ou de « mauvais »alcool. Tous les alcools sans exception - le vin compris - deviennent toxiques pour le foie, mais aussi pour le cerveau, les nerfs, sans oublier un risque très accru de cancers. S'ajoute à ce tableau, déjà bien assez noir, le problème de la dépendance physique et psychique. Et c'est bien là le problème. La perte du contrôle de soi est la porte ouverte à toutes les dérives. « On parle de tabagisme passif pour dénoncer les maladies dont sont victimes les proches d'un fumeur. C'est pareil pour l'alcoolisme: la santé d'autrui est mise en danger du fait de la consommation excessive d'un tiers. Et les victimes sont encore plus nombreuses». déplore le Dr Kiritzé- Topor.....

    Premières victimes de « l'alcoolisme passif» : les bébés nés avec un
    syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF), lorsque leur mère a consommé de l'alcool durant sa grossesse. Cela se traduit par des anomalies au niveau de la face et du crâne. Le poids de naissance est inférieur à la normale et les malformations cardiaques ne sont pas exceptionnelles. y a souvent aussi des difficultés d'apprentissage, des troubles du langage et des troubles du comportement persistant à l'âge adulte.

    Accidents de la route
    Cela n'a rien d'étonnant: l'alcool n'est pas filtré par le placenta, de sorte que le fœtus a une alcoolémie identique à celle de sa mère. Dans le liquide amniotique, sa concentration est même dix fois supérieure à celle retrouvée dans le sang de la mère. Or, SI cette dernière peut tolérer un verre d'alcool, il n'en est pas de même pour un embryon qui ne pèse que quelques grammes et qui est en plein développement.

    Conséquence: 7000 enfants au moins seraient concernés chaque année par des séquelles plus ou moins gênantes. Bien que la prise d'alcool pendant la grossesse soit la première cause de handicap et de retard mental totalement évitable chez l'enfant, il a fallu que le Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF) se batte durant des années pour obtenir une simple mesure de bon sens: l'étiquetage des bouteilles d'alcool, afin d'informer les femmes en âge de procréer et de prôner l'idée qu'il faut « zéro alcool» durant la grossesse.
    Une personne sous l'emprise de l'alcool a des sautes d'humeur et ne contrôle plus sa force. C'est pourquoi les secondes victimes sont les proches, trop souvent confrontés à la violence verbale ou physique. «Enfin, il ne faut pas oublier les nombreux morts et blessés dans le cadre des 40 % d'accidents de la route liés à la conduite en état d'ivresse », rappelle le Dr Kiritzé- Topor. Derrière les faits divers, ce sont autant de vies - et celles des familles - qui sont à jamais gâchées. _N. S.-M.

    source: le Figaro 22/03/2010 p12 "repères"

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