Christophe Rollet (Point S) défend le commerce de proximité
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Christophe Rollet (Point S) défend le commerce de proximité

Selon Christophe Rollet, directeur de Point S Group, si les petits commerces doivent fermer pendant cette nouvelle période de confinement, les géants du e-commerce se doivent de participer à l'effort national dans une équité légitime face à la crise sanitaire.

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Christophe Rollet, directeur général du groupe Point S

Deux semaines après l'allocution d'Emmanuel Macron et le début du deuxième confinement, le Premier ministre Jean Castex a dressé un premier bilan de l'épidémie de Covid-19, jeudi 12 novembre 2020. S'il n'a exprimé aucun durcissement des mesures sanitaires, il n'a également levé aucune interdiction : les commerces physiques de produits non essentiels sont toujours obligés de fermer leurs portes au public au moins jusqu'au 1er décembre, les concessions automobiles y compris. Une telle décision passe mal en France, puisqu'elle fait la part belle à Amazon et autres grosses plateformes d'e-commerce, comme le sous-entend Christophe Rollet, directeur général de Point S, dans un nouveau coup de gueule

Le patron de Point S s'alarme

Dans un communiqué, le dirigeant du groupe spécialiste de l'entretien automobile et du pneumatique, qui est aussi vice-président et trésorier du Syndicat des professionnels du pneu, réagi au débat que soulève la fermeture des petits commerces de proximité tandis que les géants du web continuent de rafler la miseVoici la totalité de son discours :

« Alors que la situation de la crise sanitaire a obligé le gouvernement à nous reconfiner et à fermer les commerces jugés non essentiels, on ne peut comprendre que le gouvernement laisse au profit des grandes plateformes de vente en ligne un avantage concurrentiel qui, au regard de la période, devient inacceptable. Cette concurrence déloyale fragilise encore plus notre économie et ce, pour plusieurs raisons. La première est que ces entreprises qui ont souvent leur siège social en dehors du pays, sont déjà moins taxées que les petits commerces indépendants, et n'ont pas les mêmes charges. La deuxième est qu'elles se permettent de vendre des produits pas tous essentiels et prennent naturellement des parts de marchés aux commerces physiques qui eux, sont actuellement fermés. Certains sites notoires ont même annoncé la tenue du Black Friday pour attirer encore plus de consommateurs, mais pourquoi les laisser promouvoir cette offre alors que les autres en sont empêchés !

Taxer les géants du e-commerce

Il est à mon avis urgent de rétablir l'équité ! Les gros sites internet doivent être remis au même niveau que les autres commerces.
Plusieurs solutions pourraient être adoptées :

  • Interdire, comme pour les commerces physiques et sur la même période, la vente de biens non essentiels sur les grandes plateformes internet.
  • Taxer toutes ces grandes plateformes sur les ventes de produits que les autres commerces ne peuvent fournir, et reverser cette manne financière aux petits commerces, fermés, qui en ont bien besoin, privés de leur raison de vivre. Une contribution en pourcentage pourrait par exemple être appliquée automatiquement sur certains produits.
  • Modérer l'accès aux plateformes internet en limitant leur amplitude d'ouverture horaire.

Car si on continue de creuser le fossé entre les géants mondiaux du e-commerce et les petits commerces, nous avons tous à y perdre. Au final, cela n'est pas dans l'intérêt du consommateur de fragiliser son écosystème économique, la concurrence joue pour lui, à laisser ces acteurs aux coûts moindres dévaster notre économie n'est pas constructif, de plus, leur seule arme reste le prix, mais que fait-on de la formation, de la qualité d'accueil, du renseignement et accompagnement à la vente des clients, que seuls les petits commerces savent proposer ?
Surtout, à l'heure où les consommateurs retrouvent plus de sens à effectuer leurs achats dans des petits commerces de proximité, sur leurs marchés, ou même en vente directe chez des producteurs, ce n'est, à mon avis, pas le sens de l'histoire ! Aujourd'hui, la bataille entre les petits commerces et la grande distribution est dépassée.

"Fier d'être une coopérative indépendante"

Le concept du grand hypermarché a fait son temps, il a du mal à se métamorphoser. Comme d'ailleurs celui du centre-auto, dans notre marché de l'après-vente automobile. Nous nous sommes remis en question. Les consommateurs veulent de la proximité et du professionnalisme, ils ont, sur chaque bien de consommation, une réponse à leur attente : les indépendants et spécialistes.
En tant qu'enseigne d'indépendants, Point S le vérifie au quotidien. Nous sommes d'ailleurs fiers d'être une coopérative indépendante, ce qui ne nous empêche pas d'être un des leaders mondiaux de la réparation auto. Nos intérêts sont en adéquation avec ceux de nos adhérents et de nos clients. Nous répondons ainsi bien mieux aux attentes du moment. Economiquement parlant, le modèle de commerce coopératif fonctionne d'ailleurs bien et sera le gagnant de la distribution de demain. »

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