Ecologie : Tavares sort encore du bois, chiffres à l'appui
habillage
banniere_haut

Ecologie : Tavares sort encore du bois, chiffres à l'appui

Celui qui est à la fois le patron de PSA et des constructeurs européens, sous la houlette de l'ACEA, s'est à nouveau agacé des objectifs à atteindre en matière d'émissions de CO2.

Par Arnaud Murati
Publié le Mis à jour le

Carlos Tavares, président du directoire de PSA, lors du Mondial de Paris 2016

Cédric Lecocq

Malgré l'allure policée de Carlos Tavares, président du directoire de PSA et président de l'ACEA, les journalistes présents sur les salons automobiles sont rarement déçus : "Jusqu'à quand les citoyens européens se laisseront-ils dicter par la pensée unique ce qui est bien ou mal ? " s'est questionné le Portugais au salon de Francfort. Selon Challenges, présent à la table de M. Tavares, le risque pour ces mêmes citoyens est "de ne plus pouvoir passer ses vacances au delà d'un rayon de 100 kilomètres"...

Carlos Tavares gronde car plus les mois passent et plus les objectifs à atteindre en matière de CO2 s'éloignent. Dès 2021, les constructeurs devront respecter une moyenne d'émission de 95g/km au sein de leur gamme. A ce jour, personne, hormis Toyota peut être, ne semble en mesure d'atteindre une telle cible. Des amendes sont donc prévues en cas de faillite, les montants évoqués se chiffrent déjà en millions d'euros.

Or, ne se fier qu'aux seules émissions de dioxyde de carbone n'est que regarder le problème par le petit bout de la lorgnette, selon Carlos Tavares : "Il faut aussi mesurer l'empreinte carbone du puits à la roue en prenant en compte l'ensemble du cycle de vie d'une voiture, de la façon d'extraire les matières premières à la fabrication des batteries des voitures électrifiées et au recyclage. Il faut une analyse d'ensemble" a-t-il encore considéré selon Challenges.

L'ACEA, présidée par M. Tavares, a justement sorti une étude le 11 septembre 2019 sur les progrès de la mobilité "zéro émission". Où l'on apprend que 2% des voitures vendues en Europe en 2018 étaient rechargeables, 3,8% hybrides et 0,4% au gaz naturel. Des volumes franchement insuffisants pour atteindre les objectifs de CO2, d'autant plus depuis que l'essence triomphe du gazole et le SUV de la berline.

L'ACEA précise en outre que "la moitié des Etats membres ont en outre un marché du véhicule rechargeable inférieur à 1%"