La carte de France de l'automobile
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La carte de France de l'automobile

La France est une mosaïque : par ses achats, aucun département ne ressemble à un autre. Chaque marque possède ses bastions, et ses zones d'ombre ! L'argus a décortiqué pour vous la France de l'automobile.

Par Xavier Chimits
Publié le Mis à jour le

L'argus a analysé les meilleures et les pires ventes de chaque marque dans chaque département.

Cédric Lecocq

La France est un pays stable et uni, quoiqu’il en pense : ses frontières sont les mêmes qu’il y a deux siècles. Mais à l’intérieur de ces frontières, elle est une mosaïque. D’un département à l’autre, les goûts et usages en matière d’automobiles ne sont pas les mêmes, les moyens financiers non plus. De sorte que la présence de chaque constructeur varie fortement, l’étude des achats de voitures neuves opérés par des particuliers de janvier 2015 à juin 2016 l’atteste.

Pourquoi se limiter aux ventes à particulier ? D’abord, elles représentent 50% du marché français, pourcentage suffisamment représentatif pour souligner la diversité des choix des acheteurs. Ensuite et surtout, les autres canaux de distribution sont affectés de distorsions locales qui faussent la vision globale.

Les voitures de sociétés (22% des ventes totales en 2015) sont souvent enregistrées à l’adresse du siège social de l’entreprise, même si elles roulent ailleurs : elles représentent 50% des immatriculations à Paris… Idem pour les voitures de location en courte durée : 10% des ventes totales 2015 en France, mais 81% dans l’Oise et  55% en Seine-Maritime, car Europcar, Avis et autres préfèrent immatriculer leurs voitures dans ces deux départements où les tarifs de la carte grise sont bas.

Dès lors, seules les ventes à particulier peuvent servir de base fiable à une étude comparative des achats automobile d’un département à l’autre.



Le Doubs, terre de Peugeot

Premier enseignement de cette étude : l’impact d’un site de production sur les ventes alentours. Renault réalise ainsi ses meilleurs scores dans les départements qui accueillent ses usines, ou à proximité : Sarthe (24,1% des ventes à particulier), Eure (23,7%), Somme (23,1%), Yvelines (23%).

Ce phénomène est encore plus net pour Peugeot, marque qui a tissé de longue date des liens forts avec les populations de ses zones de production : 35,3% dans le Doubs, 32,0% dans le Territoire-de-Belfort, 29,0% en Haute-Saône. Il faut un tempérament de missionnaire pour être concessionnaire Renault dans le Doubs, terre historique de Peugeot : 9,3% de part de marché pour la première marque française !

Deuxième enseignement, l’influence du pouvoir d’achat : les marques « premium » (Audi, Mercedes, BMW, Mini, Smart, Porsche, Lexus), ainsi que Volkswagen, enseigne généraliste la plus haut de gamme, réalisent leur meilleur score à Paris. Et sont très bien placées dans les Alpes-Maritimes (Nice) ou les Hauts-de-Seine (Neuilly), départements qui ne figurent pas non plus parmi les plus pauvres de France.

Les bobos en Dacia ? Une légende…

A l ‘inverse, les départements ruraux réservent un bon accueil aux marques qui serrent leur prix : Kia atteint sa meilleur part de marché en Mayenne, Hyundai en Tarn-et-Garonne, Dacia en Lozère. Au passage, la légende selon laquelle les bobos parisiens roulent en Dacia prend un coup : Paris est le département de France où la présence de la filiale low-cost de Renault est la plus faible : 4,5% de part de marché, contre 15,4% à en Lozère…

 Pour le reste, beaucoup de particularismes locaux. Certains sont liés au profil de certains départements : les marques 4x4 (Land-Rover dans les Alpes de Haute-Provence, Suzuki et Mitsubishi dans les Hautes-Alpes, Jeep dans les Pyrénées-Orientales) réalisent leur meilleur score dans des zones montagneuses. Ou à leur culture frontalière : Opel dans le Haut-Rhin, Fiat en Haute-Savoie.

D’autres procèdent sans doute d’une tradition ancrée par un concessionnaire dynamique : Meuse (Ford), Allier (Nissan), Corse (Skoda), Indre (Honda), Morbihan (Volvo), Moselle (Mazda), Loiret (Alfa Romeo).
Et si vous croisez une Mazda, une Honda ou une Volvo en Corse-du-Sud, courrez jouer au loto : c’est votre jour de chance, un seul exemplaire vendu dans ce département depuis dix-huit mois. Idem si vous rencontrez une Smart dans les Ardennes, ou une Lexus dans l’Aveyron. Mais une Mitsubishi dans l’Yonne, c’est un touriste : zéro vente depuis janvier 2015 !