La Voiture moyenne française en 2016 s'affiche à 25 828 €
habillage
banniere_haut

La Voiture moyenne française en 2016 s'affiche à 25 828 €

En 2016, la Voiture moyenne de France affichait 25 828 €, 720 € de plus en un an. Malgré le reflux du diesel, la consommation n'augmente pas, grâce à la réduction de cylindrée des petits moteurs turbo à essence.

Par Xavier Chimits
Publié le Mis à jour le

En 2016, la Voiture moyenne de France de L'argus affichait 25 828 €, 720 € de plus en un an.

LEROY Catherine

Le début de la sagesse? Ce serait trop dire. Mais une légère inflexion de la courbe qui chaque année la mène vers les sommets : la Voiture moyenne de France a modéré en 2016 la hausse de son prix. Elle coûtait 25 828  €, contre 25 108  € en 2015, soit une hausse de 720  € (+  2,9  %).

En 2016, la Voiture moyenne de France de L'argus affichait 25 828 €, 720 € de plus en un an.
Ce n’est pas rien, compte tenu d’une inflation quasi nulle et d’un contexte économique morose : chômage qui ne baisse pas, finances publiques écrasées par le poids de la dette. On pouvait même espérer une baisse de son prix en raison du recul des modèles diesels, plus chers que ceux à moteur à essence. Ils représentaient 58  % des ventes de VP en 2015. Leur part est tombée l’an dernier à 52  %.

Une hausse qui vient des SUV

Mais autant voir le verre à moitié plein : en 2015, c’était pire, la facture avait enflé de 1 096  € (+ 4,6 %). Et ces dernières années, l’augmentation du prix de la Voiture moyenne de L’argus procédait d’une hausse peu ou prou équivalente du prix moyen constaté dans chacun des segments du marché. Ce n’est plus le cas en 2016. Dans la plupart des segments, le prix a peu augmenté : + 1 % chez les polyvalentes, compactes et minispaces, + 2 % chez les monospaces compacts et petits SUV. Il a même baissé pour les grandes routières et les ludospaces. D’où vient alors l’augmentation de 2,9  % du prix de la Voiture moyenne 2016 ? D’un transfert des Français vers les SUV. Car un tel modèle, quelque soit son gabarit, coûte plus cher que la berline dont il est issu : 4 694  € d’écart entre un petit SUV et une polyvalente, 3 870 € entre un SUV compact et une compacte. La palme revient aux SUV de luxe : 9 107  € de plus qu’une grande routière, 22 157 € de plus qu’une berline familiale ! Alors, bien sûr, quand les ventes de SUV grimpent de 498 338 à 559 082  immatriculations en un an (+  12  %), quand leur part du marché global monte de 26 à 29  %, quand l’acheteur passe d’une Clio à un Captur, d’une 308 à un 3008, la facture de la Voiture moyenne augmente, même si le tarif de ces quatre modèles reste stable.

A lire également : L'évolution de la Voiture moyenne depuis 1953

Dans l’histoire, les constructeurs se frottent les mains. Le marché a progressé de 5 % en 2016, à 2,015  millions de voitures. Leur chiffre d’affaires à la vente, bien davantage : 48 Mds€ en 2015, 52 Mds€ en 2016 (+ 8 %). Certes, les constructeurs ne dictent pas le prix de la Voiture moyenne. Ils proposent, les Français disposent. Mais l’art du commerce consiste à tenter le public par des produits au contenu technologique plus riche ou de catégorie supérieure. L’opération a fonctionné avec les monospaces il y a quelques années. Bis repetita avec les SUV.

Plus vive, tout aussi sobre

La Voiture moyenne de France ne saurait toutefois se résumer à un prix. Et son portrait est en définitive plus doux que ne l’indique la hausse de son tarif. La part croissante des SUV pouvait laisser craindre une dérive sur le gabarit, le poids et leur résultante, la consommation. Il n’en est rien.
  • Elle continue de grandir, au rythme d’un centimètre par an : 4,24  m. Mais ne s’élève plus : 1,56  m de haut, comme en 2013, puisque les SUV ont su abaisser leur toit au fil des années pour se rapprocher du profil des berlines.
  • Elle maintient son poids : 1 261  kg, 6  kg de plus qu’en 2015. D’accord, un moteur à essence est plus léger qu’un diesel. Mais il est aussi plus goulu. 
  • Elle reste sobre : 4,5  l/100  km en cycle normalisé, comme en 2015. Cela se traduit par une baisse de ses rejets de CO2, les moteurs à essence, à consommation égale, en émettant moins qu’un diesel : 109  g/ km, contre 111  g/km en 2015 et 117  g/km en 2013.

Sur ce chapitre, elle est donc sur la bonne pente, grâce à la diminution constante de sa
cylindrée : 1 456  cm3, 74 cm3 de moins qu’en 2013. L’explication porte un nom : les petits moteurs turbo à essence. Ils sont sobres, puissants aussi, et vifs : 116 ch pour la Voiture moyenne 2016 (3 ch de plus qu’en 2015), gain de 0,2 seconde de 0 à 100  km/h, à la faveur d’un rapport poids/puissance sans cesse amélioré. Mais ces moteurs excellent dans l’exercice de la consommation normalisée. Dans la vraie vie, leur tempérance reste à prouver. Certains constructeurs (Toyota, Mazda) reviennent vers des moteurs de plus forte cylindrée, qui n’ont pas besoin d’être cravachés pour exprimer du tonus, et attendent avec impatience que la redéfinition des normes de consommation mette les pendules à l’heure. La Voiture moyenne de France saura-t- elle se montrer aussi sobre si sa cylindrée augmente et la part des SUV continue de croître ? C’est le défi qui la guette au tournant.