Le coup de gueule de Carlos Tavares
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Le coup de gueule de Carlos Tavares

Dans un entretien accordé à "L'Est Républicain", le patron de PSA, qui a redressé le groupe automobile français voilà cinq ans, dénonce la réglementation européenne en matière d'émissions de CO2 et le choix de ses concurrents. Verbatims.

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Carlos Tavares est devenu le PDG de PSA en 2013. Depuis, il est parvenu à hisser le groupe automobile au sommet mondial de la rentabilité

« A cause de la tricherie d’un constructeur allemand bien connu, nous sommes tous considérés comme des gangsters. Depuis, le niveau d’écoute des élus européens est proche de zéro, or 13,8 millions de personnes vivent de l’automobile en Europe, sous la menace d’amendes de plusieurs milliards d’euros qui nous mettraient à genou. Pour répondre à l’urgence climatique, on risque de rendre la mobilité, donc la liberté de mouvement de nos concitoyens extrêmement onéreuse, en particulier pour les classes moyennes et populaires».

Après avoir expliqué sa recette quant au redressement du groupe PSA, Carlos Tavares n’a pas été des plus tendres envers l’Union européenne et ses décisions prises concernant le secteur de l’industrie automobile. La lutte est même ouverte ! « Sur le plan éthique et professionnel de PSA, nous allons respecter scrupuleusement tous les objectifs très sévères demandés par l’Europe, car nous appartenons à la société dans laquelle nous opérons, et considérons donc cette question climatique comme primordiale. D’autres concurrents ne le font pas de la même façon et préfèrent utiliser l’argent de leur entreprise pour acheter des droits à polluer à d’autres entreprises plus vertueuses », renchérit-il dans les colonnes du quotidien. Rappelons que dès 2020, les véhicules neufs devront afficher des émissions de CO2 inférieures à 95 grammes par kilomètre.

Les élus n'écoutent pas

Mais ce que Carlos Tavares a vivement critiqué est le sérieux manque de considération de la part des politiques sur ces précédents points : l’Europe tient absolument à développer l’électrique quand le dirigeant modère davantage. « Il faut optimiser le coût des installations de rechargement de l’hydrogène, affiner l’impact carbone de sa production. Nous allons comparer en 2020 entre deux flottes d’utilitaires, à l’hydrogène et électrique. Le grand danger de s’embarquer dans le tout électrique de façon non coordonnée, c’est d’avoir des voitures électriques à vendre et des acheteurs qui n’en veulent pas car ils ne voient pas les bornes de rechargement, dont l’installation prendra deux ans ».

Nous pouvons également voir dans L’Est Républicain, que Carlos Tavares craint surtout l'arrivée d'une autre technologie encore plus pertinente et qui pourrait venir perturber tout cet écosystème : « le choix de la technologie électrique, imposée par les objectifs de 2030, n’est plus dans les mains des constructeurs. Le choix scientifique a été fait à notre place par les parlementaires européens qui n’ont d’ailleurs pas voulu me parler. Pourquoi nos élus ont voté -40% d’émissions en 2030 sans avoir dans leur main ne serait-ce qu’une étude d’impact ? Un bon niveau de professionnalisme aurait supposé de connaître les conséquences de leur décision, prises sous l’emprise de l’émotion et des opinions publiques ». Carlos Tavares est plutôt agacé...
 

 
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