Renault : la reprise approche, de lourds protocoles à respecter
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Renault : la reprise approche, de lourds protocoles à respecter

Après plus d'un mois d'arrêt, l'usine du Mans devrait théoriquement reprendre le 22 avril prochain, tandis que Flins pourrait à nouveau fonctionner le 26 avril. Le détail des protocoles sanitaires prévus.

Par Arnaud Murati
Publié le

Usine Renault de Flins (78)

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Chez Renault comme chez les autres constructeurs, l’usine totalement sans contact reste à inventer. Selon la CFDT, la direction de Renault souhaite relancer la production d’éléments de liaison au sol le 22 avril 2020 sur le site du Mans « afin de pouvoir livrer et prendre en compte le délai de transport pour arriver sur les sites clients », aussi bien situés au Maroc qu’en Roumanie ou en Turquie...
La reprise ne se ferait qu’à la faveur d’une équipe (1x8), mais la CFDT n’y est pas franchement favorable. « Nous sommes très surpris de cette annonce parce que lors du comité central social et économique, Messieurs (…) ont annoncé qu’aucune production n’aurait lieu avant le déconfinement annoncé par le président de la République », rappelle la confédération.

Audit, plexiglas, distance et agrafeuse personnelle...

Il faut dire que la reprise du travail au sein des usines est une sacrée gageure. La CFDT du site de Flins, où sont produites la Renault Zoé et la Nissan Micra, a divulgué le protocole sanitaire qui sera sans doute mis en place très prochainement. Celui-ci est d’une richesse et d’une complexité inouïes.

  • Le redémarrage ne pourra se faire qu’après un audit, le suivi d’un programme de sensibilisation au Covid 19, un affichage « aux endroits clefs » et si des superviseurs sont nommés pour assurer le suivi quotidien du protocole sanitaire.

  • Les salariés sont invités à ne plus pratiquer le covoiturage, à vérifier leur température avant de venir, tandis que des caméras thermiques devraient être installées à l’entrée des sites industriels pour prendre la température du conducteur comme celle des éventuels passagers.

  • Pour ceux qui prennent les bus de l’entreprise, ceux-ci devront être occupés à 50 % au maximum, avec les gens « assis en quinconce », selon le document de Renault. Les fenêtres devront rester ouvertes.

  • Sur le lieu de travail, les personnels auront évidemment des équipement de protection. Les sites devront « établir des plans de prévention pour toutes les zones », sachant que « chaque emplacement est dédié nominativement à une personne et à un horaire ». Par exemple, pour les opérateurs qui travaillent à la chaîne, il faudra « respecter la distance supérieure à un mètre autant que possible et les marquages au sol lorsqu’ils existent ».

  • Lors des pauses, les salariés devront se restaurer dans des espaces séparés par des plexiglas. Les repas froids doivent être privilégiés afin que tout le monde ne touche pas les appareils électroménagers.

Dans les bureaux, le protocole sanitaire ne sera pas moins contraignant. « J’aménage et je balise mon poste de travail pour être à plus d’un mètre de mon collègue de bureau, sans personne en face de moi », indique le document de Renault, qui n’omet pas non plus de préciser que la bonté entre collègues ne sera plus de mise : « Je range stylos, agrafeuses, etc. dans mes tiroirs et je ne les prête pas. »

L’usine de Flins ne devrait pas reprendre avant le 26 avril au plus tôt, hormis « pour l’atelier retouche montage associé à l’activité batterie, qui travailleront sur la base du volontariat », précise le syndicat.

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