Stellantis. Une organisation mondiale en faveur du véhicule autonome
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Stellantis. Une organisation mondiale en faveur du véhicule autonome

Le groupe Stellantis a organisé fin septembre des tests en conditions réelles de circulation dans le tunnel du Duplex A86 avec des véhicules prototypes connectés. Cette nouvelle collaboration avec Vinci doit permettre au constructeur d'accélérer l'industrialisation du véhicule connecté et autonome.

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Stellantis a mené des expérimentations en conditions réelles de circulation avec des véhicules prototypes connectés

En 2017 et en 2019, la première collaboration entre Stellantis (PSA à l’époque) et Vinci Autoroutes avait permis le franchissement par un véhicule autonome de la barrière de péage de Saint-Arnoult. Les deux groupes s’étaient cette fois-ci donné rendez-vous le 20 septembre 2022 à l’entrée du tunnel Duplex, situé à l’ouest de Paris sur l’autoroute A86 entre Rueil-Malmaison et Versailles Pont-Colbert, pour mener une nouvelle série d’expérimentations. Cette immersion a été réalisée à bord de véhicules prototypes connectés de Stellantis (Citroën C4 et Peugeot 2008), équipés d’un module capable de réceptionner les données transmises par l’infrastructure au travers de la communication Vehicle to Everything (V2X). Ce test a permis d’illustrer plusieurs fonctionnalités, dont la détection et transmission en temps réel d’incidents dynamiques grâce à la « perception de bord de route » et la transmission de notifications Infrastructure to Vehicle (I2V) localisées en tunnel.

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Une connaissance essentielle des infrastructures

Ouvert aux constructeurs et équipementiers automobiles, le tunnel connecté Duplex permet de tester les systèmes embarqués bénéficiant d'une communication en temps réel avec l'infrastructure.

Présenté comme un « laboratoire d’innovation unique », ce tronçon d’une longueur de 10 km s’appuie sur un système de contrôle et de supervision comprenant plus de 500 caméras. « Des essais sur route ouverte sont nécessaires pour le développement et la mise au point des systèmes de véhicules connectés et autonomes, en plus de la simulation numérique et des essais sur sites fermés. Le Duplex A86 fournit un terrain de jeu unique équipé de systèmes de connectivité et de perception qui permet de recréer et de tester des scénarios de conduite de manière répétée et sûre dans un environnement contrôlé » affirme Marc Bouron, directeur général adjoint exploitation de Vinci Autoroutes.

Selon Vincent Abadie, maître-expert ADAS et véhicule autonome au sein du groupe Stellantis, « l’enjeu de cette expérimentation est de démontrer qu’il est très important de collaborer entre les constructeurs automobiles et les gestionnaires d’infrastructures. C’est fondamental dès lors que l’on souhaite développer à grande échelle le véhicule autonome de niveau 3 ou de niveau 4. Nous avons besoin de connaître les infrastructures, d’avoir des cartographies précises et à jour, de dialoguer avec les gestionnaires, et pas seulement sur de la connectivité mais également sur le marquage au sol, par exemple, afin d’avoir de la redondance d’informations. »

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L’autonomie dans certaines conditions

Quatre scénarios ont été testés en situation réelle de circulation dans le Duplex A86.

Lors de cette expérimentation, les véhicules ont été confrontés à quatre scénarios en situation réelle de circulation : un véhicule arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence dans un virage, un petit objet sur la bande d’arrêt d’urgence, un piéton qui apparaît et disparaît, un véhicule lent devant. Cette nouvelle collaboration avec Vinci doit permettre au groupe Stellantis d’accélérer dans l’industrialisation du véhicule connecté et autonome. « La démarche se veut très progressive. Peut-être y a-t-il eu un peu trop de communication ces dernières années sur le sujet, qui a laissé penser que l’on aurait des véhicules autonomes partout. Non, il n’y en aura pas partout tout de suite. Il y a d’abord l’automatisation, le semi-autonome puis l’autonome dans certaines conditions, détaille Vincent Abadie. Nous progressons, mais il manque encore quelques briques. C’est la raison pour laquelle le véhicule autonome de niveau 3 à 130 km/h n’est pas encore commercialisé. »

En matière de conduite autonome, Stellantis s’appuie sur une organisation mondiale, à travers des équipes de développement établies en France, en Allemagne, en Italie, aux États-Unis et en Chine. « Chaque région travaille sur des domaines de compétence spécifiques. À la suite de la fusion entre PSA et FCA, certains périmètres restent en cours de définition. Mais, par exemple, en France nous menons historiquement des activités autour des systèmes automatisés de niveau 2, informe le dirigeant. En Allemagne, les activités sont très orientées sur des systèmes de sécurité active, tandis que les équipes italiennes et américaines travaillent beaucoup sur le niveau 3 d’automatisation. »

1 + 1 = 3 depuis la fusion entre PSA et FCA

Un véhicule prototype de Stellantis dans le tunnel Duplex.

En 2017, FCA avait rejoint BMW Group, Intel et Mobileye dans le développement d'une plate-forme de conduite autonome. « Nous avons rapidement perçu que les groupes PSA et FCA étaient très complémentaires sur ce sujet et qu’il existait de nombreuses synergies entre les différentes équipes. La fusion a permis de renforcer nos équipes. Dans ce cas 1 + 1 = 3, affirme Vincent Abadie. Même si nos développements sur la conduite autonome sont mondiaux, il reste cependant quelques spécificités géographiques, selon notamment les approches réglementaires. Par exemple, aux États-Unis, il n’y a pas à proprement parler de réglementation, il s’agit davantage de standards ou de “ certifications ” à respecter. »

En France, depuis le 1er septembre 2022, les dispositifs de niveau 3 (sur 5), qui libèrent le conducteur de l’obligation de conserver les mains sur le volant et les yeux sur la route dans la mesure de leurs capacités de contrôle, sont autorisés dans certaines conditions de circulation (voies sans piétons ni cyclistes, séparation physique entre les sens de circulation, vitesse maximale de 60 km/h). Une première étape de la conduite sans les mains qui se limite donc essentiellement aux embouteillages sur autoroute.

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