Depuis notre dernière visite, fin janvier 2020 (voir "Ma Peugeot rénovée " Saison 4 épisode 1), les véhicules sélectionnés (Peugeot 205 XR, Peugeot 206 S16 et Peugeot 206 CC) ont été repeints et ont subi une rénovation mécanique en profondeur. Mais avant la remise des clés aux heureux propriétaires, le 29 avril prochain, il reste encore beaucoup de choses à faire. Suivez-nous dans l'atelier du Musée de l'Aventure Peugeot à Sochaux (25).
Peugeot 205 XR : striptease intégral !
Commençons par celle qui a nécessité le plus de soins : la Peugeot 205 XR de Clément. Ce modèle datant d'août 1988 (millésime 1989) et totalisant 105 000 km au compteur a retenu l’attention du jury, à double titre. D’une part parce qu’il s’agit d’un modèle « XR » situé au cœur de la gamme 205, des 205 plus typées (GTI, Junior et Green) ont déjà fait l’objet d’une restauration lors de la première saison de « Ma Peugeot rénovée ».
A VOIR. Diaporama : revivez la restauration des 205 par le musée de l'Aventure Peugeot.
Et d’autre part, sa peinture Bleu Calypso est assez rare. Une teinte qu’il a d’ailleurs fallu appliquer sur la totalité de la caisse mise à nue. En effet, l’auto ayant été grêlée, les tôliers-carrossiers des équipes de l’aventure Peugeot ont dû faire preuve de beaucoup de patience pour venir à bout des 200 impacts localisés sur le pavillon. Le capot et le hayon ont été purement et simplement remplacés par des éléments récupérés chez un recycleur (le nouveau nom pour designer le tenancier d’une casse automobile). En effet, il n’existe plus ce type de pièces détachées en neuf chez Peugeot.
A bord, le mobilier bleu est en bon état, à l’instar de la sellerie qui nécessite un simple nettoyage. Il manquait toutefois quelques pièces pour que tout soit parfait, c’est pourquoi les équipes de Christian Guillaume ont dû acheter une seconde Peugeot 205 dont l’intérieur bleu est identique à celle de Clément. C’est une première dans l’histoire de l’opération "Ma Peugeot rénovée".
Sur le plan mécanique, le train arrière a été déposé pour pouvoir remplacer plus facilement les flexibles de frein. Les garnitures des tambours ont été changées et, par soucis d’esthétique, le train arrière a été sablé puis repeint. Sous le capot, l’opération se limitait initialement au changement du joint de culasse, mais au final, après la découverte d’une fuite de liquide de refroidissement entre les chemises et le bloc moteur, il a fallu tout démonter afin de pouvoir tout remettre à neuf.
Au moment de notre visite, dans les ateliers du Musée de l'Aventure Peugeot, le moteur venait tout juste de réintégrer son berceau. Le remontage de l’auto va pouvoir prendre forme tel un puzzle. Très endommagés, les enjoliveurs en plastique ont laissé leur place à des modèles identiques mais en bien meilleur état, provenant d’une autre 205 XR. L’un des quatre nécessitera néanmoins un peu de travail afin de faire disparaître les éraflures accumulées au fil du temps. Il recevra ensuite un voile de peinture pour retrouver l'aspect du neuf.
Peugeot 206 S16, un toit ouvrant récalcitrant
Passons à la Peugeot 206 S16 de Sébastien. Un véhicule qu’il tient de son père. Ce modèle de 2001 a accumulé 144 000 km et est globalement en bon état. Il a toujours été entretenu dans le réseau Peugeot. Quelques travaux ont été réalisés sur la carrosserie afin d’effacer les traces d’un usage en région parisienne. La peinture noire vernie ne pardonne aucun défaut. Le bouclier arrière a été remplacé. Le toit ouvrant en verre qui n’était plus fonctionnel à la réception du véhicule a été remis en état, Benoît, l'un des mécaniciens de l'équipe, nous indique qu’il suffisait d’un simple graissage du vérin assurant le coulissement du panneau de verre.
Le train avant, mis à rude épreuve par la motorisation 2.0 de 136 ch, a été entièrement refait. Les amortisseurs ont été remplacés car ils fuyaient. Le moteur a eu droit à une révision complète, avec le changement de la courroie de distribution et la vidange de tous les fluides. Enfin, le bas moteur a subi un nettoyage par cryogénie, des cristaux de CO2 sont pulvérisés pour éliminer la graisse sans altérer le support. Ce procédé est également employé pour le nettoyage, en toute sécurité, d’armoires électriques.
A bord, les sièges avant ont été reconditionnés, si les parties en tissu ont bien résisté dans le temps, en revanche, le cuir et l’Alcantara ont du être remplacés.
Le premier craquelait, le second boulochait. Pour que la sellerie soit uniforme, le cuir sélectionné pour les sièges avant s’approche le plus possible au niveau du grain et de l’usure de celui de la banquette arrière.
La touche finale, c’est la peinture des jantes en alliage, y compris des boulons de roues pour que le résultat soit homogène.
Peugeot 206 CC : un cuir bien cuit !
Dernier véhicule sélectionné, la Peugeot 206 CC de Catherine, un modèle de 2001 totalisant 111 000 km. Ce véhicule est lui aussi sain et convenablement entretenu. Avant d’être retenu, les hommes de l’Aventure Peugeot avaient pris soin de vérifier le bon fonctionnement du mécanisme du toit rigide escamotable afin d’éviter d’engager des frais superflus. Rappelons que le règlement impose de ne pas dépasser un budget de 10 000 euros hors taxe par véhicule rénové.
Les travaux ont porté sur la carrosserie notamment sur le débosselage du toit, lequel avait subi une averse de grêle. Les ailes arrière ont été remises à neuf, mais sur un coupé-cabriolet, cette opération est plus délicate que pour une berline, puisque le mécanisme du toit - conçu par Heuliez - rend impossible un accès par la partie interne de l’aile. Le tôlier a procédé à l’aide de ventouses et de pinces pour rendre la forme originelle au métal.
Longuement exposés au soleil, le volant et les sièges avant étaient en très mauvais état, craquelés, le cuir se désagrégeait. L’Aventure Peugeot a fait appel à la société Bertrand qui est parvenue à retrouver des cuirs noir et rouge se mariant parfaitement avec ceux de la banquette arrière restée d’origine.
Le moteur et la boîte de vitesses ont été déposés, la distribution et l’embrayage ont été révisés tout comme les freins et les pneumatiques à l’avant. Le pulseur d’air de la ventilation n’étant plus opérationnel, il a fallu le remplacer mais cette pièce n’est pas facile à trouver aujourd’hui. Enfin, l’échappement a été changé, mais pour l’instants l’embout du silencieux n’est pas conforme à l’origine. Il sera modifié par la suite.
Et une 205 Griffe en bonus !
Une fois restaurée, cette Peugeot 205 Griffe intégrera la collection du Musée de l'Aventure Peugeot à Sochaux.
Lors de notre visite dans l’atelier, un modèle sous bâche a aussitôt attiré notre attention. Il ne s’agit pas d’une auto participant à l’opération « Ma Peugeot Rénovée » mais d’un modèle qui va entrer dans la collection du musée : une rare Peugeot 205 Griffe, authentifiée par les experts de la marque. Seulement 1 652 exemplaires ont été assemblés et, à l’heure actuelle, il en resterait moins de 500 en circulation. Pour mémoire, voulue par Jean Todt, cette 205 GTi suréquipée laquée d'un vert fluorite métallisé disposait d’une direction assistée, de l’ABS et de rétroviseurs dégivrants. Les prix des Peugeot 205 Griffe grimpent en flèche, l'an derniers un modèle a été vendu par Artcurial 48 900 € !
Cette Peugeot 205 Griffe sera intégralement reconstruite dans les règles de l’art et l’on a déjà pu suivre l’évolution de sa restauration au fil de différents salons : Epoque Auto à Lyon puis Rétromobile 2020. Elle devrait être prête pour le mondial de l’Auto 2020, cet automne, exactement 30 ans après sa présentation au salon de Pariss en 1990.
Outre cet anniversaire, la marque capitalisera sur la 205 Griffe pour faire le lien avec son héritière contemporaine électrique : la Peugeot 208 PSE.